‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 391 sur 422 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

» ses armes ni sur ses meubles de parade , ni à son dais par » exemple , ni à ses ornemeus d'église , pas rncme h la " tenture du trône areliiéiiiscopal . ni en aucun endroit de » ce superhe hàliuienl ipi il a élevé à ses dépens . sans cii- » gager h; fonds de sou ardievùclié. C'est un rare exemple » de modestie que nous ne voyons pas en France , et un " exemple enrore plus rare d'- désintéressement. Jugez , » disois-je , Madame , si je suis content de mon voyage. Ce » n'est pas seulement les honneurs de la réception qui » m'ont charmé, et dont je conserverai toute ma vie le » souvenir avec la reconnoissance ; mais c'est bien plus ce » beau modèle des prélats, en qui j'ai vu et admiré plus » de choses que la réputation ne m'en avoit apprises, .\ussi » suis-je revenu avec une plus grande envie qu'auparavant ». d'y retourner quelque jour, s'il plail à Dieu, et si je puis » en obtenir la permission , jiour en apprendre davantage : » Je n';ti rien vu , .Madame, qu'en particulier et dans le •« domestique , la seule personne de M. de Cambrai et sa N maison : mais je le veux contempler en public , dans » l'Eglise et en chaire : c'est ce que les saints Pères ap- M pellent après saint Paul, videre Petnim et contcmpturi, » en étudier la grâce et les dons merveilleux ; il faut aussi « voir agir monseigneur l'archevètiue de Cambrai, et jus- » qu'où il porte «;a sollicitude pastorale, sur son séminaire, ». sur les écoles publiques , sur ses curés , sur ses paroisses » et ailleurs. .Madame d'.Mègre nt; fut pas fâchée de nie voir » si passionné , et je puis bien vous avouer , Madame , » qu'elle a loué, comme vous , le désir que j'ai d'un se- ». cond voyage. Je lui ajoutai que dans cette maison si noni- >. breuse, j'avois trouvé, non-seulement un grand ordre et ». une attention admiraîile pour le service , mais encore ». toute sorte de politesses et d'honuèletés, sans nulle eiui- ». trainte en la présence même du prélat , qui , au con- « traire, inspire à chacun la contiance et une entière liberté. » J"ai été si pénétré de toutes ces choses, que dans mou » retour il m'est souvent passé dans l'esprit d'en faire nies ». très-humbles remercimens à monseigneur de Cambrai ; » mais je vous avoue. Madame, quej"aicru devoir me ». priver de cette satisfaction et de cet honneur par respect » pour un si grand homme. Il me suffit, Madame, que » vous connoissiez mes seutimcns ; c'est de vous que je ». tiens ces faveurs, et c'est i» vous premièrement que j'en » dois la reconnoissance ; j'ai tâché de le faire aussi sentir » à madame la marquise d'Alêgre, qui a eu la bonté d'ap- » prouver mon voyage chez elle pour un sujet dont elle »> est si touchée ; elle doit faire un long séjour au Plossis, » et elle peut y ménager le temps d"uu voyage à Meaux , ». pour avoir Thonneur , dit-elle , de vous voir et de vous ». demander votre amitié. Vous jugez, Madame , quel en M sera le nœud; elle m'a paru le désirer fortement, et » votre réputation vous a déjà mérité toute son estime. » Nous en dirons davantage quand il vous plaira , Madame , ». que j'aie l'honneur de vous voir, et que votre santé me ». le permettra. Il faut bien aussi que j'aille recevoir vos » ordres pour Paris , où jt' suis engagé d'aller porter de » vive voix à M. l'abbé de Fleuri des nouvelles de monsei- » gneur l'archevêque de Cambrai. J'attendrai vos ordres , » Madame , sur la visite que je viens de vous proposer. » Rien ne me presse : ce sera à votre grande commodilé. ». Cependant j'ai l'honneur, etc.»

Il est douteux que le secrétaire même de Fénelon eût pu rendre à ses vertus un hommage plus sincère que le secrétaire de Bossuet l'a fait dans cette lettre.

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