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Le marquis de Fénelon, ambassadeur de France auprès des Etats-généraux , fit placer en 1724 , sur le tombeau de son grand-oncle, k Cambrai , l'inscription suivante , composée par le père Sanadon , jésuite, et gravée par Lemoine, sculpteur :
Hie jacet sub al tari jM-incipe
Fr.ANCISClS DU S.MJGNAC 1)E Lamotue-Fênelon ,
Canieraeensium archiepisc()i)us et dux , ac saiicli iniperii
romani princcps.
S.liCLLI LlTTEKATl DEIXS
Omn<'s diceiidi lepores virtuti sacravit ac veritati,
Et dum sapienliani, Hoinerus altcr, spirat,
Se , suosque niore* inscius rctexit.
U.MCÈ PATU1J-: BO.NO INTENTIS
Kegios i)rineipes ad utililatem publieam insliluil;
Hine pio gaudct Iboria Pbilippo.
Hine religio, Gallia, Europa e\tineto illacriiuant delphino.
Veri defensou
Ut hippoiiensis olim fortis et sua vis,
Libcrtatem eum gratià eo felicius conciliavit,
Quo debituui Ecclesiœ deeretis obsequiuni liruiiiis asiruxit.
ASCETlCiE VIT^E MAGISTEK
De casto amore ita disseiuil.
Ut Vaticano obscqueiis oraeulo, Simul sponsu et sponsx placuerit.
In CTr.AOL'E FOKTC^A SlISI C.ONSTANS,
In prospéra , aula; favores iiediim preiisarct, adepios eliam
abdicavil ;
In adverse , Deo niagis adha'sit.
AMisrrrcM noiijia
Gregeni sibi crcdilum assidui fovit pra-sentià ,
Verbu nulrivit, erudivit exemplo, opibus sublevavil.
EXTERIS PEIUNDE CAKLS AC SUIS
Gallos inter et liosics eiiin csset médius
Hos et illos ing-iiii fanià et comitale iiioruui sibi dcvimit.
Matii'.us coelo
Vitam laboribus exereitam , elaram virlulibus
Meliore vilà cuiiiniutavit.
SCI'TIMO JANCAlUl AN.NO M. DCCXV .ETATIS LXIV.
Hoc moiiuincntum pii ac marentes sororis iilius et Iralris nepotes posucre.
On avoit tout lieu de craindre que les précieux restes de Fénelon n'eussent été exposés aux mêmes outrages que ceux de tant d'évèques et de bienfaiteurs de l'humanité , dont on a violé la sépulture. On ne doit pas croire cependant que son tombeau ait été plus respecté que le leur; si on se rappelle les temps et les personnes, une pareille exception en faveur de Fénelon , dans de tels temps et par de tels hommes, seroit une espèce de tache k sa gloire. Mais il semble que la Providence ait voulu, d'une manière spéciale , conserver k la ville de Cambrai , contre toute espérance et contre toute apparence, les cendres de celui de ses archevêques dont la mémoire y sera le plus long-temps en bénédiction. Les procès-verbaux relatifs k cette découverte en paroissent constater la vérité.