‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 44 sur 422 · SIR L'OCCASION · texte numérisé non relu

SIR L'OCCASION

Ki l.E SU.ll'T DE CETTE CORRESPONDANCE.

Voici, monseigneur * , les lettres que vous mordonnezde vous envoyer. Comptant, comme je lais, sur la bonté de votre cœur, je ne liésiterai point à vous dire en simplicité ce qui a donné occasion à ces lettres.

Quoique je dise dans la première , que mes supérieurs ne m'inquiétoient point, cela signitie seulement (ju'ils me laissoient en paix sur mes {)raliques , dont ils ne s'étoient jamais informés, mais notifias qu'ils ne m'eussent j)lusieurs l'ois demandé compte de mes senlimens d'une manière qui marquoil (|u'ils avoicnt sur cela de l'inquiétude ''. 11 est vrai qu'ils m'avoient

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témoigné être conlens de mes réponses ; mais conune je savois la cause de leur crainte , elle m'en inspiroil. J'aurois appréhendé d'augmenter la leur, si je leur eusse confié la mienne , et je ne prévoyois d'ailleurs nulle utilité à leur en faire confidence. Une seule personne me paroissoit propre à mettre le calme dans ma conscience ; c'étoil feu M. l'évèque de Meaux : parce qu'outre que je savois quelle étoit sa doctrine , et que vous l'appeliez la plus grande lumière de l'Eglise; je n'ignorois point que vous aviez examiné ensemble à loisir les matières en question, et j'étois persuadée qu'il savoit à fond (juels étoient vos sentimens. La diflicullé éloit de lui parler, car de deuiander à le voir, c'étoit donner à penser que j'étois inquiète sur les décisions que j'avois l'ecues , et je ne voiilois pas donner lieu à un tel soupçon. Dans c(!t embarras, je m'adressai à Dieu : je lui représentai qu'il |)ouvoit seul , sans l'entremise de qui que ce soit, me délivrer de mes craintes ; mais qu'au cas qu'il voulût y employer le ministère de M. de Meaux , j'espérois qu'il me ft;roit naître quelque occasion , que je ne prévoyois pas, de le consulter. Ma prière fut exaucée ; ce prélat, qui n'avoit jamais préclié ni e\bortéà Saint-Cyr, eul le mou\emeiil d'oii'rir à iM""'(lc Maiiilenon d'y l'ain,' une conférence. Le

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