‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 60 sur 422 · XXX. — Demande · texte numérisé non relu

XXX. — Demande

Dans un livre du P. Saint-Jure, qu'on lisoit il y a quelque leni[)S au réfectoire, il dit que la charité pure n'est touchée ni des menaces ni des promesses , mais des seuls intérêts de Dieu ; qu'une |iersonne qui aime Dieu [lurenient ne le sert point pour la récompense considérée par rapport à son intérêt , mais seulement pour l'amour de Dieu ; que si elle devoit être anéantie à sa mort , elle ne l'aimernif pas moins: que

celui qui aime ainsi n'observe point les comniandemens [tar la crainte des chàtiniens éternels , et ne craint point l'enfer pour sa considération propre, mais pour relie de Dieu.

!{Ép. — C,cs expressions doivent être entendues avec un grain de sel, c'est-a-dirc , en expliquant que la charité ou l'amour pur n'est pas louché des promesses en tant qu'elles tournent à notre avantage , mais en tant qu'elles opèrent la gloire de Dieu, et raccomplissemenf parfait de sa volonté , comme il est ici remarqué. Il y faut encore ajouter que la gloire de Dieu est la fin naturelle de ces désirs , de sorte que le désir du salut naturellement de soi est un acte de pur amour. Saint Jean nous dit bien que la /)ar fuite charité chasse bi crainte; mais il ne dit pas de même qu'elle chasse l'espérance, ni le désir qui en est le fruit naturel.

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