‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 122 sur 271 · II. VIL — Voii> a-l-elk' traversé dans quelque dessein · texte numérisé non relu

II. VIL — Voii> a-l-elk' traversé dans quelque dessein

]1. NUL — ■ Oui. .le vouloir me démarier. Cette Aragonaisc me déplaisf^t ; je vouloisépoii-

DIAIJiGL'ES DES MORTS.

scr Anne de rioiilcii. Lv |iai'0 (;1('iir'iiI \ Il niiiijiiil le cavclinal l]ain[u'L;o |K>iir colle aU'aiir. .Mais (le [leiU" (le i'àeher ri-lmperoîii". iiexeii de C.ntlierine. il i;e Mnilojt (jiii> lu'ainiiser ; Canipèj^e demeura prrs (l'imaii à aller d'Ilalie en Fiv.iiee.

U. \ II. — lié liicii ! i]i!i; rili's-Ndiis?

H. \lll. — .11' rmiuiiis a\ee llonie; je me moiiuai de ses i'eii,-iu vs: j'épousai Amie do lioiiloii . el je me lis chcl" de TMi^dise aiiLrIieano.

H. MI. — .le ne m'élonne plus si j'ai vu tant de {^ens qui éluieiit snrlis du monde l'orl mécontens de vous.

H. \'[11. — (In ne peul l'aire de si s^rands chaniremeus sans quelque l'iyueur.

H. Vil. — .l'entends dire de tous l'otés que vous avez été lé^icr. inconstant , laseit'. cruel et sanguinaire.

H. VIII. — Ce sont les papistes i{ui m'ont décrié.

II. ^II. — Laissons là les papistes; mais venons an fait. N'avez-vnus pas eu six femmes, dont vous avez répudié la première sans fondement , fait mourir la seconde , fait ouvrir le ventre à la troisième pour sauver son enfant, fait mourir la quatrième, répudié la cinquième, et choisi si mal la dernière, qu'elle se remaria avec l'amiral peu de jours après A'olre mort?

H. VIII. — Tout cela est vrai ; mais si vous saviez quelles étoient ces femmes, vous me plaindriez au lieu do me condamner ; l'Aragonaise étoit laide et ennuyeuse dans sa vertu ; Anne de Boulen étoit une coquette scandaleusej Jeanne Seymour ne valoit guère mieux; N. Howard étoit ti'ès-corr(jnq)ne: la princesse de Glèves étoit une statue sans agrément ; la dernièn; m'avoit paru sage, mais elle a montré après ma mort que je m'étois trompé, .l'avoue que j'ai été la dupe de ces femmes.

H. A'II. — Si vous aviez gardé la vôtre , tous ces mallieui's ne vous seroient jamais arrivés; il est visible que Dieu vous a puni. Mais combien de sang avez-vous i-épandu ! on parle de plusieurs milliers de personnes que vous avez fait mourir poui- la religion, parmi lesquelles on compte beaucou[» de nobles prélats et de religieux.

H. VIU. — H l'a bien fallu , [lour secouer le joug de Home.

H. Vil. — (Juoi î pour soutenir la gageure, pour maintenir \otre mariage avec cette Anne de Boulen que vous avez jugée vous-même digne du supplice !

H. Vlil. — Mais j'a\ois pris le bien des églises, que je ne pouvais rendre.

H. MI. — Bon! vous voilà bien jnstilic de

votre scliisme par vos in.iriages ridicules et par le pillage des églises !

II. \ III. — IMiisque vous me pressez tant, je NOUS dirai tout. J'étois passionné pour les femmes , el volage dans mes amours : j'étois aussi [irompl à me dégoûter qu'à prendre une inclination. D'ailleurs j'étois né jaloux, soupniuueiiv . incousiaul , âpre sur l'iulérèl. .le, trouvai que les chefs dr l'I^glise anglicane llatloieiit mes |)asRious el autorisoient ce que je \ouIois l'aire : le cardinal de Wolsey, archevêque d'Vorck, m'encouragea à répudiei- ('athej'ine d'Aragon ; Cranmei". archexèipie de (^antorbéri, me lit l'aire loul ce (juc j'ai fait pour Aime de Boideu et contre l'I^lglise romaine. Mettez-vous en la place d'un pauvre |)rince violennnent tenté pas ses passions et llatté par les prélats.

II. ^'l[. — lié bien! ne saviez-Nous pas qu'il n'y a lien de si lâche ni de si prostitué que les prélats ambitieux qui s'attachent à la Cour? Il falloit les renvoyer dans leurs diocèses, et consulter des gens de bien. Les la'iques sages et bons politiques ne vous auroient jamais conseillé, pour la sûreté même de votre royaume, de changer l'ancienne religion , et de diviser vos sujets en plusieurs conununions opposées. N'est-il pas ridicule que vous vous plaigniez de la tyrannie du Pape, et que vous vous fassiez pape en sa place ; que vous vouliez réformer l'Eglise anglicane, et que cette réforme aboutisse à autoriser tous vos mariages monstrueux et à piller tous les biens consacrés? Vous n'avez aciievé cet horrible ouvrage qu'en trempant vos mains dans le sang des personnes les plus vertueuses. Vous avez rendu votre mémoire à jamais odieuse , et vous avez laissé dans l'Etat une source de division éternelle. Voilà ce que c'est que d'écouter de méchans prêtres. Je ne dis point ceci par dévotion, vous savez que ce n'est pas là iuon caractère ; je ne [)arle (ju'en politique, comme si la religion étoit à compter |)0ur rien. Mais, à ce que je vois, vous n'a\ez jamais fait (jue du mal.

IL VIII. — Je n'ai pu éviter d'en faire. Le cardinal Renauld de La Poule * lit contre moi avec les papistes une conspiration. Il fallut bien punir les conjurés pour la siàreté de ma vie.

H. VIL — Hé ! voilà le malheur qu'il y a à entreprendre des choses injustes. Quand on les a connnencées , on les veut soutenir. On passe pour tyran; on est exposé aux conjurations. On soiqjconne des innocens ([u'on fait

' i'ius cumul sous le i'.(>iii du ciudinal Pulus.

DIALOr.UKS DES Moin S.

périr: ou Innivo des cou pal îles . et ou lis t'ait tels; car K' princi' (pii Lrouvcriie mal iiicl ses sujets ou toutafiuu ilc lui uiaïupier de tiilélilé. Ku cet état, uu roi est mallieureux et di^'ue diî l'être : il a tout à eraiudre ; il u'a pas uu uiomcul de libre iii d'assuré : il faut (ju'il répaudo. du sauir : plus il eu réjiaud . plus il est odieux et e\p(»s<.''au\ eoujuratious. Mais euliu. voyous ce que vous avez lait de louable.

H. VIII. — J'ai teuu la balauce éi:ale entre François I" et Obailes-nuiiil.

H. VU. — Cliose bien diflicile 1 Kneore u avez-vous pas su l'aire ce personua|:e. Wolsey vous jouuit pour plaire à (lliarles-nuint, dont il étoit la du[)e, et (jui lui prouietloit de le faire pape. Vous avez entrepris de l'aire des descentes en France . et n'avez eu aucune application pour y réussir. Vous n'a\ez sui\i aucune néi:ociation ; vous n'avez su l'aire ni la paix ni la guerre. U ne tcnoit qu'à nous d'être l'arbitre de l'Europe, et de vous faire donner des places des deux côtés ; mais vous n'étiez capable ni de fatiïue , ni de patience . ni de modération, ui <le fermeté. U ne vous falloit que vos maîtresses. des favoris , des divertissemens : vous n'avez montré de vigueur que contre la religion, et en exerçant votre cruauté pour contenter vos passions bonteuses. Hélas ! mon (ils, vous êtes une étrange leçon pour tous les rois qui viendront après vous.

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