CHARLES-QUINT ET IN JEL'.NE MOINE DE SAINT-JUST
On chci'rhe souvent la retraite pai' inquiétude . plutôt (jiie par un véritable e?prit île relicrion.
Ch. — Allons, mon frère, il est temps de se lever; vous dormez trop pour un jeune novice qui doit être fervent.
1.1 M. — Oiiand \onlez-vons que je dorme, sinon l'cndant ipiejesuis jeune ? Le sommeil n'est point inconipatibl(> avec la ferveur.
Cil. — <Jiiand on aime l'Oflice. on est bientôt é\eill(''.
Lk m. — (lui. (piaiid on esl à l'Age de votre .Majes!('' ; mais au mien on dort tout debout.
Oii. — Hé bien ! mon IVère , c'est aux gens de mou Agi' à ("veiller la jeunesse tro[) endormie.
Lr M. — Esl-ce (pie vous n'avez plus rien de meilleur à fair(>? A[)irs avoir si long-temps troublé le repos du monde entier, ne sauriez- ^ous me laisser le mien ?
Ch. — ,Je trouve (]n'en se levant ici de boa matin, on esl encore bien en .''epos dans cette ])rofonde solitude.
Le i\L — .le vous entends, sacrée Majesté : quand vous vous êtes levé ici de bon matin, vous y trouvez la journée bien longue : vous êtes accoutumé à un pins grand mouvement ; avouez-le sans façon. Vous vous ennuyez de n'avoir ici qu'à prier Dieu , qu'à monter vos horloges, et qu'à éveiller de pauvres novices qui ne sont pas coupables de votre ennui.
Ch. — J'ai ici douze domestiques que je me suis réservés.
Le m. — C'est une triste conversation pour un homme qui étoit en commerce avec toutes les nations connues.
Cu. — J'ai un petit che\al pour me promener dans ce beau vallon orné d'orangers, de myrtes , de grenadiers , de lauriers et de mille Heurs, au pied de ces belles montagnes de l'Estramadure, couvertes de troupeaux innombrables.
Le m. Tout cela est beau ; mais tout cela ne parle point. Vous voudriez un peu de bruit et de fracas.
Ch. — .l'ai cent mille écus de pension.
Le m. — Assez mal payés. Le Roi \otre fils n'eu a guère de soin.
Ch. — Il est vrai qu'on oublie bientôt les gens qui se sont dépouillés et dégradés.
Le m. — jNe comptiez-vous pas là-dessus . quand vous avez quitté vos couronnes ?
Ch. — Je voyois bien que cela devoil être ainsi .
Le m. — Si vous avez compté là-dessus, j)ourquoi vous étonnez- vous de le voir arriver'? Tenez-vous-en à votre premier projet : renoncez à tout; oubliez tout; ne désirez plus rien ; reposez-vous, et laissez reposer les autres.
Ch. — Mais je Aois que mon tils, après la bataille de Saint-Qnenlin. n'a pas su protiter
ItlAl.tMil i;s HKb .MOUTS.
lie l:i \irl()in'; il dcMciit ôUf di'-jà à Piiris. Liniiiite (IKiriiiuiit lui a i.m;mh' uiif iiutrc halaillià (!ra\t'lines ; »•! il laissi- toiil |>oi'»lrf. Voilà Calais replis |iai- le tliic df (îiiisc sur li's AiiL'Iais. \ Uilà I (' iiiiriif duc (|ui a pris Tliioinilic [xuir couvrir Mol/.. .Mon lils ^'ouverne mal : il ne suit aucun <K' mes conseils; il ne nu' [>aie point nia pension ; il mé|)rise ma conduite et les plus lidèles serviteurs dont je me suis servi. Toiil cria me chagrine et m'in([uiète.
I.r M. — (Juoi 1 néliez-vous \eiui clierclier le repos dan.N celte retraite, qu'à condition que !<■ Uôl votre fils feroil des couquùles, eroiroil tous vos Oduseils, et aclièveroit (revéculor tou> vos projets ?
Cm. — Non ; mais je ciovuis qu'il l'eroit niieuv.
I.K M. — l'iiisque vous avez tout quitté pour être en repos, dcmcurez-y , quoi (|u'il arrive ; laissez faire le Roi votre lils comme il \ouilra. Ne laites |>oiul dépendre \otre tranquillité de -:uerres qui ai,Mteul le monde; vous n'en èles sorti que pour n'en plus entendre parler. Mais, dites la vérité, vous ne connoissiez ^'uère la solitude quand vous l'avez cherchée ; c'est par inijuiétude (|ue vous avez désiré le repos.
Clii. — Hélas! mon [)au\re entant, tu ne dis que trop vrai; et Dieu veuille que lu ne te sois point mécompte connue moi en quittant le monde dans ce noviciat !
CHAHLKS-OllNT ET FllANÇUl> !•='.
La jii>li(>- l't !»• lioiilieur ne si- trouvent qiif dans la boumfoi . la ilniiturt! et le coniafje.
l'.ii. — .Maintenant (iiif loiiles \ïn^ alVaires -Sont Unies, nous ne t'erioiis pas mal de nous éclaircir sur les dé|dai>ir> ipie nous nous s(»mnies doimés 1 un à l'autie.
Fkvnç. — \'ous m'a\ez fait heaucoup d'injustices et de lromi)eries ; je ne vous ai jamais fait de mal (pie par les lois de la j^'uerre : vous in'a\ez arraché, pendant (jne j'étois eu [)risoii, riionmiagc du comté de Flandre ; le \assal s'est prévalu »le la force poin- doimer lu loi à son souverain.
f.ii. — Nous étiez lihre de ne renoncer pis,
lu\\< . — l>t-on lihie en prison ?
Cil. — l.ev iionniies foibles n'v >onl paa
lilires : tuais quand on a un \ rai courage, on est lihre partout. Si je vous eusse demandé votre couronne, l'ennui de votre prison v<»us auroit-il réduit à me la céder ".'
l'nwc.. — Non. san> dmile ; j auiois mieu.v aiiiii- Mioui ir que de faire celte lichelé : mais, pour la mouvance du comté di; Flandre , je vous raliandoiiiiai par lassitude, par ennui, par ciaiiile d'être empoisonné . par rintérét de retourner dans mon royaume où t(mt avoit hesoiii de ma présence, eiilin par l'état de laui:ueur(pii me menacoit d'une mort prochaine. \'A . en filet, je iTois que je serois mort sans I arrivi'i' de ma sirui".
(.11, — ,\on->t:uleiiieiil un irrand roi. mais un vrai chevalier, aime mieiiv mourir que de duiiiier nn(> parole, à moins cpiil ne soit résolu de la tenir a qneltjue pri\ que ce puisse être, Uien n'est si honteu.v ipie de dire (in'nii a maii- (pié de couraire pour souIVrir. et qudii s'e>t délivré eu |»rometlaiit de mauvaise foi. Si vous étiez persuadé qu'il ne vousétuit pas [)ermis de sacrilier la grandeur de votre Ktal à la liberté de volie [)er?onne. il falloil savoir mourir en ])rison, mander à vos sujets de ne plus compter sur vous el de cuuroimer V(tlre lils : vous m'auriez bien embarrassé '. la prisonnier qui a ce courage se met eii lilieité dans sa jirison ; il échaiipc à ceux qui le lieiiuent.
Fk.vm;. — Ces ma.vimessonl vraies. J'avoue (pie l'ennui et riuipatienc(^ m'ont fait promettre ce qui éloit contre l'intérêt de mou Fiat, et que je ne pou vois exécuter ni éluder avec honneur. .Mais est-ce à vous à me faire un tel reproche ? Toute votre vie n'est-elle pas un ctMitinuel man- (piemeul de parole? h'.iilleurs nia foiblesse ne vous excuse point. In liomme iiitr(''pide, il est vrai, se laisse égorger (il ut(U que de promettre ce qu'il ne peut pas leuir ; mais un homme juste n'abuse |>oinl de la foiblesse d'un autre honiuie pour lui arracher, dans sa captivité, une promesse ipiil ne peut ni ne doit exécuter. Qu'auriez-voiis fait, si je voiiseiisse retenu en France,
' l)jn> If (l'iiips ou ri'iifloii ('iiiii|iiiaj cir iliiiluKni', un ignotciii tjno Fr.ini;ui> l" lui eu iii ilHl r.v.Mirs ii wt t\|M-JiL-n(, i|iii m- funtriliii I pns |hmi a ni-i'i-lrror su iliMixraïu-c. C.i- tiil iiiiporiant u ('•11- fiiililic jmur la jircmirrt' fms en 1774 . par l'iilil)!' (iaïuii-r, ciMilinuulvur ili* \*'ll>, ijui <-n lll la ilrinu- \<Tlo ibns lr> Itf.jislrfs du l'arlrinnit (/<• Puris, Hift. ilr i'niii"' : I, WIN, ]>. lit,'!, uli',; Il l'sl rlonimnl ijur li- i-arilinil .Mauiy, qui iiltriliui! l'unniii* nous rctlr ili'>iiu>i-i'l<- a l'alilii- (inniiur, <'ii ail \>ru oiraMiiii ilt- (air>- a rarili<'\i'-(|ui-. lll" C.iinbrai If rf|ii'iirli<- si l'.ravi* «If fiirrijitr tiiiflquejnix l'rjiirlilinli- hhiniiiiiie a lu niuriilf , thnil il Jiiit li- priiiriput oliji-t lll- «i'.< li'iDits. ' l.tnijf rif h I iivli'ii ; t\ii\r : M-r» |a lin au li I" pailif.; Kst-«-f iliiiic *itrri/l<-r ri-jnilitii.li- hislorii/ih- u ht muni le , «|uf il.' ruisiinnrr »ur If riVII unanime Je;» liulorll'll^ qui racuulful uu fail".' /■.<///. df lert.)
DIALOGUES DES MORTS
quaiul vous \ passùlos, quelque leuip;^ apn'-snia prison, pour aller dans les l'ays-lîas'.' .l'iiui-ois pu vous (leuiauder la cession ilu Milanci (jue vous m'aviez usurpé.
(",ii. — .!e passois librement ou Trancc sur votre parole: vous n'étie/. pas venu liitremeul eu Kspatïue sur la uiienne.
Fuvxr. — Il est vrai ; je eou viens de relie tliiréi'euce : mais comme vous m'aviez l'ait luie iujuslioe. en m'arracliani, dans nia prise»!, mi traité désa\aula^eu\. j'aurciis pu ré[)arer ce tort en vous arrachant à mon tour un autre traité plus écpiilaltle: d'ailleurs je pouvois vous arrêter chez moi, jusipi'à ce que vous m'eussiez restitué mon hieu, qui éloit le iNIilanez.
Cil. — Atloudez ; vous joignez plusieurs choses qu'il faut que je démêle. Je ne vous ai jamais manqué de parole à I^ladrid ; et vous m'en auriez maniiué à Paris, si vous m'eussiez arrêté sous aucun prétexte de rcstitulion, quelque juste qu'elle put être. C'étoit à vous à ne me permettre le passage qu'en me demandant le préliminaire de la rcstitulion : mais comme vous ne l'avez point demandé, vous ne pouviez l'exiger eu France sans violer votre promesse. D'ailleurs , croyez-vous qu'il soit jicrmis de. repousser la fraude par la fraude? Vous justifiez un malhonnête homme en l'imilant. Dès qu'une tromperie en attire une autre, il n'y a plus rien d'assuré parmi les hommes, et les suites funestes de cet engagement vont à l'infini. Le plus sur pour vous-même est de ne vous venger du trompeur qu'eu repoussant foules ses ruses sans le tromper.
FuANT. — Voilà une sublime philosophie ; voilà Platon tout pur. Mais je vois bien que vous avez fait vos affaires avec plus de subtilité que moi ; mon tort est de ra'être (lé à vous. Le connétable de Montmorenci aida à me tromper : il me persuada qu'il falloit vous piquer d'honneur , en vous laissant })asser sans comlition. Vous aviez déjà promis dés lors de donner l'investiture du duché de Milan an plus jeune de mes trois fils : après votre passage en France, vous réitérâtes encore cette promesse, tontes les fois que vous crûtes avoir besoin de m'en amuser. Si je n'eusse pas cru le connétable, je vous aurois fait rendre le Milanez avant que de vous laisser passer dans les Pays-Bas. Jamais je n'ai pu pardonner ce mauvais conseil de mon favori: je le chassai de ma cour.
Ch. — Plutôt que de rendi'c le ^iilanez . j'aurois traversé la mer.
Franc. — Votre santé , la saison, et les périls de la navifratiou. vous ùtoient cette res-
source. INlais enfin, pourquoi me jouer si indignement à la l'ace de toute l'Europe , et abuser de rhosj)italité la |)lus généreuse ?
(lu. — Je voulois bien donner le duché de Milan à \olre troisième fils : un duc de Milan de la maison de France ne m'auroit guère pins embarrassé que les autres princes d'Italie. Mais votre second lils, pour lequel \ous demandiez celle investiture, éloit trop près de succéder à à la couronne ; il n'y avoit entre vous et lui que le Dauphin (pii mourut. Si j'avois donné l'invcîstilnreau second, il se seroit bientôt trouvé tout ensemble l'oi de France et duc de Milan ; par là toute l'ilalie auroit été à jamais dans la servitude. C'est ce ([uejai itrévn, et c'est ce qui j'ai du éviter.
Franc. — Servitude pour servitude, ne valoit-il pas mieux rendre le Milanez à son maî- Ire légitime, qui étoit moi , que de le retenir dans vos mains sans aucune apparence de droit? Les Français qui n'avoicnt plus un pouce de terre en Italie, étoient moins à craindre dans le Milanez pour la liberté publique, que la maison d'Aulriclie revêtue du royaume de Najdes et des droits de lempii'e sur tous les lieCsqui relèvent de lui en ce pays-là. Pour moi, je dirai franchement , toute sid)tilité à part, la diiïérence de nos deux procédés. Vous aviez toujours assez d'adresse pour mettre les formes de votre côté, pour me tromper dans le fond : j'avois tout au contraire assez d'honneur pour aller droit dans le fond; mais, par foiblesse, par impatience, ou par légèreté, je ne prenois pas assez de précautions, et les formes étoient contre moi. Ainsi je n'étois trompeur (pfen apparence, et vous l'étiez dans l'essentiel. Pour moi, j'ai été assez puni de mes fautes dans le temps où je lésai faites. Pour vous, j'espère que la fausse politique de votre fils me vengera assez de votre injuste ambition. Il vous a contraint de vous dépouiller j)endanl votre vie : vous êtes mort dégradé et malheureux, vous qui aviez prétendu mettre toute l'Europe dans les fers. Ce fils achèvera son ouvrage : f>a jalousie et sa défiance tyrannique abattra tonte vertu et toute émulation chez les Espagnols; le mérite, devenu suspect et odieux, n'osera paroître : l'Espagne n'aura plus ni grand capitaine, ni génie élevé dans les négociations, ni discipline militaire, ni bonne police dans les peuples. Ce i^oi , toujours caché et toujours impraticable, comme les rois de l'Orient , abattra le dedans de l'Espagne , et soulèvera les nations éloignées qui dépendent de cette monarchie. Ce grand corps tombera de lui-même, et ne servira plus que
lilM.or.lRS DES MnRTi=î. 310
trcxfiiiple (11* l;i vaiiilt"' dos trop grandoN l'or- roi s;»n!< (i-oiupcr •>! sniis faire as.^assinor? Quel
liint's. lu l%lal n'-imi et iiiéilincrt' . (juaini il l'sl tiiiiyo-i île iii.iiiilniii votre aiil(trité ? Pnur-
hien peiipir-. Itieii |)iili('é, liini niltivé pour Irs (|ii(ii s!i,Mier rmiioii ! puiinpioi la faire si-
arls et pour les scicnees utiles; (juaud il fsl LMicr à tout le uioude au\ l'ialb de |{|l)i^■MI fai-
d'ailleurs gouverué sclou ses lois axer luodéra- hut n'-sislcr (•(mraLreusoiin'iit : r't'toil la \raic
lion, par uu priure (|ui rend lui-iuèine la jus- manière dèlre roi. La royanlc bien entendue
lire, et qui va lui-inèine à la i:uerre. |ironi(M consiste à demeurer lernio dans la raison et à
(pii'l(|ue chose de plus lieureuv (piiun- vaste se faire njiéir.
nionarcliie. qui ua [dus <le tèle pour réunir le IMmi. — - .Mais je ne pou\ois nremiii'clK'r <le
iron\ernenient. Si vous ne Nouiez pas m'en snppii'-er ;"t la force par l'adresse et |)ai' la poli-
croii-e, altende/, un peu; nos arrière-ii<-\eu\ li(pie.
vous en diront des nouvelles. Lv D. — \ uns vouliez uniiaLTcr les Hu),'ue-
(lii. — Hélas! je ne prévois que Implavi'-- unis et les f'.atholiques , et vous nous rendiez
rilé de \os prédictions. I^a prévoyance de ros nn'-pi'isable aux uns et aux autres,
hiallieurs. qui renverseront tous mes ouvrages. llrAn. — Non. je ne inéiiageois [»oiut les
m'a découragé, et ma fait quitter l'cMopire. Huizueuols.
Olle iuquiéluile Irouldoit mou re[tos daris ma La U. — Les coufércnrcs do la Heine avec
stditude de Saint-. lusl. eux, et les soins que vous preniez de les flaller
toutes les fois (jue nous vouliez rontre-balancer
le parti de l'union, nous rendoient suspect à
tous les Catholiques.
1'^^ "• IIknh. — Mais d'ailleurs ne faisois-je pas tout
ce qui dépendoil de moi pour témoigner mon
llKMtl 111 ET LA DICIIKSSK DE MôMPENSIEll. zèle siu' la religion?
La 1). — Oui. mille grimaces ridicules, et
l'.jiactèif foibieel disàiniulé de lloiii-i ; sa (Irvolioii hv/an,-. ,^u\ étoieut démenties par d'autres actions scandaleuses. Aller en masijue le mardi gras, et le
Hi-NH. — lîoujour. ma cousine. Ne sommes- jom- des Cendres à la procession en sac de pé-
nous pas racommodés au moins après notre uileul aNec un grand fouet ; jKtrti'i- à votre cein-
morl? Inre un grand chapelet long d'une atme avec
La D. — Moins que jamais. Je ne saurois des grains qui éloieut de petites tètes de mort,
vous pardonner tous vos uiassacres . et surtout et porter eu même tenqis à votre cou un panier
le sang de ma famille cruellement répandu. |)cndu à uu ruban, (jui éloit plein de petits épa-
Hf.nh. — Vous m'avez fait plus de mal dans gneuls, dont vous faisiez tous les ans une dé- Paris avec votre Ligue, que je ne vousen ai fait pense de cent mille écus; faire des confréries, par les choses que vous me reprochez. Taisons des vœux, des pèlerinages, des oratoires; jiasscr conqir-nsation. et sovons bons amis. sa vie avec des Feuillans. des Minimes, des
La 1). — Non , je ne serai jamais amie d'iiu Hiéroux luitains. qu'on fait \enir d'Kspagne ; et
bounue qui a conseillé l'horrible massacre de do laulro passer sa vit; avec ces infâmes nii-
bli.is. gnons; découi)er. cidler des images, cl se jeter
IIf.m». — Mais le duc de Cuise m'aNoit en même temps dans les curiosités de la magie,
poussé' à bout. Ancz-vous oublié la journ(''e des dans limpiélé et dans la poliliquede iMachiavel;
barricades, où il \int faire le i-oi de f'aris, et eidin courii- la baguo en fenune, faiie des rcjias
me chasser du Louvre? .le fus coiilraint de mo a\ec vos mignons . où vous étiez servi par des
sauver par les Tnilei'ii's et par les Feuillans. femmes nues et décbeNelécs ; [Uiis faire le dé-
Lv 11 — Mais il s'étoit réconcilié avec vous vol. et cherclier partout (\i'>' eiinilagt's : cpudle
par la médiation île la il(Mue-mère. On dit cpie disproportion ! Aussi dil-nu (juo votre luéde-
vous aNiez couumuiié avoclui, en rompant Ions cin .Miidu assuroil que celle humeur noire cpù
une même ho>lie, d rpie vous aviez juré >a causoit tant de bizarreries, ou vous feroit niou-
conservalion. rir bientôt, ou nous feroit tomber dans la f«die.
Henk, — Mes emiemis <int dit bien des cho- IIkmu — Tout cela éloit nécessaire pour
ses sans preuve, pour donner plus de crédit à la ménager les esprits: je donnois des plaisirs
Ligue. Mais enlin je w. |)ouvois plus ètnî roi si aux gens débauchés , ••! de la dévotion aux dé-
vntre frère n'eût été abattu. Nots , pour les tenir tous.
La l). — <Jii(ii ' vou- ne pouviez plus êtii" La I>. — \ oub Içv ave/, fort bien leuus. (Vosl
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DIALOGUES DES MORTS
(0 (jui a lait diriMiiio \ons n'i'-tio/ bon i\\i'l\ (on- (Jreot à t'aiic luoiiio.
Henu. — .le n'ai [las mihlié ces ciseaux que vous inonlriey. à t(Hil le monde, disant ([ne vous les portiez pour me londre.
l,A 1>. — Vous m'aviez assez onlra^ve |ioiir iiu'i'itei' cette insulte.
Hknu. — Mais enlin (|iie poinnis-je l'aire? il t'allnit ménaner tous les partis.
La 1>. — Cr. n'est point les ména^'cr, (|iie de monti'ei' de la l'oildesst' , de lu dissimnialidu et de l'hypoerisie de tous les entés.
Hf.m\. — i'.haeun parle bien à son aise : mais on a besoin de l)ien des gens quand on trouve tant de gens prêts à se révolter.
La D. — Voyez le roi de Navarre, votre cousin. Vous avez trou\é tout \olrc royaume soumis: et vous l'avez laissé tout en l'en par nue cruelle gueri'e civile : lui, sans dissinuilation, massacre ni bypocrisic , a conquis le royaume entier qui rcl'usoit de le leconnoîtrc ; il a tenu dans «es intérêts les Huguenots en quittant leur religion; il a attu-é tous les C4atholiqucs, et dissipé la Ligue si puissante. Ne cberchez point à vous excuser; les choses De valent que ce qu'on les fait valoir.