IV JOUR
SLK lA \HUT\BLK nKVOIION.
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Celui qui séduit lui-uiéino son lO ur u'a (|u'iint> vaine religion. K/>. t/e S. Jti< . \. Oj.
l. QiE (labus (laus la di'volion ! Les uns la font ronsislcM- uni(jucnieiit dans la nuilliplicité (les prières : les antres dans le -.Mand ni)nd)re des (l'uvres extérieures (|ni vont à la L'ioire de Dieu et an soulagement du prochain. Hneltinesuns la mettent dans des désirs continuels de faire sou salut ; quelcjnes autres dans de grandes austérités. Toutes ces choses sont bonnes; elles sout même nécessaires juscju'à un ceitain degré. .Maison se trompe, si on y place le fond et l'essentiel de la véritable |>iété. Celte [)iété, qui n()us sanctilie et qui nous dévoue tout entiers à Dieu, consiste à faire tout ce qu'il veut, et à accomplir, précisément dans le temps, dans les lieux et dans les circonstances où il nous met, tout ce qu'il désire de nous. Tant de mouvemens que vous voudrez, tant d'ceuvres éclatantes qu'il vous plaira ; vous ne serez payé que j)our avoir fait la volonté du souverain .Maître. Le domesticjue qui vous sert feroit des merveille.s dans votre maison, que, s'il ne faisoit pas ce que vous souhaitez, vous ne lui tiendriez aucun conqile de ses actions, et vous vous plaindriez avec raison de ce qu'il vous serviroit mal.
IL Le dévouement parfait, d'où le terme de dévotion a été formé . n'exige pas seulement que nous fassions la volonté de Dieu, mais que nous la fassions avec amour. Dieu aime qu'on lui donne avec joie; et, dans tout ce qu'il nous prescrit, c'est toujours le cœur qu'il (lemande. L'n tel maître mérite bien qu'on s'estime heureux d'être à lui. Il faut que ce dévouement se soutienne égalemi-nt partout, dans ce (jui nous choque, dans ce qui contrarie nos vues, nos inclinations, nos projets; et qu'il nous tienne prêts à donner tout notre bien, notre fortune, notre temps, notre liberté, notre vie et notre réputation. Être dans ces dispositions, et eu venirauv elfets, c'est avoirune vérilabli- d(''\olioii . Mais comme la vobtiilédt' Dieu lions est souvent cachée, il y a encore un pas de renoncement et de mort à faire: c'est de i'acconq)lir par obéissance, et par une obéissance aveugle, mais sage en son aveuglement, condition imposée à tous les houunes : le plus éclairé d'entre eux, le plus propre ;i attirer les âmes à Dieu, et le plus ca- ])al)ie de les y conduire, doit lui-même être conduit.
1. Les gens qui étoient éloigui's <le Dieu se croient bien prés de lui dés qu'ils commencent à faire (|uel(jucs pas pour s'en rapprocher. Les hommes les plus j)olis et les jdus éclairés ont là-dessns la même ignorance et la même grossièreté (|u'un paysan (pii cioiroil être bien à la pour, parce (juil aumil vu le Uoi. Mu (juittc les vices (|ni f<tul horreur; ou se retranche dans une vie moins criminelle, mais toujours lâche, mondaine et dissipée. On juge alors de .soi, non par rLvangile. qui est runi(|ue règle qu'on doit prendre, mais par- la comparaisou qu'on fait de la vie on l'on est avec celle que l'on a menée autrefois. Il n'en faut pas davantage pour se canoniser soi-même, et pour s'endormir d'un profond sommeil sur tout ce qui resteroit à faire pour le salut. Un tel état est peut-être plus su.spect qu'un désordre scandaleux. Ce désordre troubleroit la conscience, réveilleroit la foi, et engageroit à faire quelque grand effort ; au lieu que ce changement ne sert qu'à étouffer les reniordssalntaires,qn'àétablir une fausse paix dans le cœur, et qu'à rendre les maux irrémédiables.
IL Je me suis confessé, dites-vous, assez exactement des foiblesses de ma vie passée ; je lis de bons livres; j'entends la messe modestement, et je prie Dieu, ce me semble, d'assez bon cœur. J'évite au moins les grands péchés ; mais j'avoue que je ne me sens |)as assez touché pour vivre comme si je n'étais plus du monde, et pour ne garder plus de njcsures avec lui. La religion seroit trop rigoureuse, si elle rejetoit de si honnêtes tempéramens. Tous les raftinements qu'on nous propose aujoui'd'hui sur la dévotion vont trop loin, et sont plus propres à décourager qu'à faire aimer le bien, (le discours est celui d'un chré-tien lâche, ({ui voudioit avoir le paradis à vil prix, et qui ne considère pas ce qui est dû à Dieu, ni ce que sa possession a coûté à ceux qui l'ont obtenue. Un homme de ce caractère est bien loiu d'une entière conversion. Il ne l'iiunoil apparenuneul ni l'étendue de la loi de Dieu, ni les devoirs de la pénitence. On jteut croire (|ue. si Dieu lui avait contié le soin de composer l'iilvangile, il ne l'aurait pas fait tel (|u'il est, et nous aurions assurément quelque chose de plus doux pour ramour-pro|)re. Mais rUvangile est immuable, t-t c'est sur lui (jui' nous devons être jugés. Preui-z au plus lAt un guide sûr, et ne craignez rien tant (jue d'i-tre llatti' ci Iroiiipé.
MANUEL DE VIKYK,