‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 18 sur 271 · V JOUR · texte numérisé non relu

V JOUR

Sl'R LK BON f.SPRIT.

Volif Pt'io céleste donneni son bon esprit à lOiix (|iii lui ileniandeidiil. Jf. Luc. \\\. 13.

I. Il n'y a do l»on fspii! (|ui' icliii do l>ioii, L'ospril qui nous t'loit:nodu Niai liioii. (|iiol(iiio jionétrant, iiuolqiio a-^Moaldo . (juolijiio habilo qu'il soit pour nous procurer dos bioiis corrnp-r tibies, n'est qu'un esprit d'illusion et d'éi,Mronient. Voudroit-on être porté sur un char brillant et niaL;niii(iuo(|ui niènoi-oit dans un abînio ? L'espi'it n'est t'ait qiio poiu' conduire à la \érilé et au souverain bien. Il n'y a de bon esprit que celui de Dieu, parce qu'il n'y u que son esprit qui nous mène à lui. Henonçons au nôtre, si nous voulons avoir le sien. Heureux l'honirne (jui se dépouille j)our être revêtu, qui foule aux pieds sa vaine sagesse pour posséder colle de Dieu !

H. Il \ a bien de la dillérence entre un bel esprit, un jj^rand esprit et un bon esprit. Le bel esprit plaît par son agrément; le grand es|)iit excite l'admiration par sa [)rofondeur; mais il n'y a que le bon esprit qui sauve, et qui l'onde heureux j)ar sa solidité et par sa droiture. Ne conformez pas vos idées à celles du monde. Méprisez l'esprit autant que le monde l'estime. Ce qu'on appelle esprit est une certaine facilité de produire des pensées brillantes : rien n'est plus vain. On se l'ait une idole de son esprit, comme une femme, qui croit avoir de la beauté, s'en fait une de son visage. On se mire dans ses pensées. Il faut rejeter non-seulement ce faux éclat de l'esprit, mais encore la prudence humaine qui paroit la plus sérieuse et la plus utile, pour entrer, conmie de petits enfants, dans la simplicité delà foi, dans la candeur et dans l'innocence des mœurs, dans l'horreur du péché, dans l'humiliation et dans la sainte folie de la croix.

sodé Dieu. S'impaliontor, c'est vouloir ce qu'on n'a pas. ou no pas vouloir ce qu'on a. Une ame inqiationlo est une ame livrée à sa passion, que la raison ni la foi ne rolionno;it plus. Quelle l'oiblosso ! (juol égarement ! Tant qu'on veut le mal (pi'on souIVre, il n'est point mal. Pourquoi on l'îiiro un vrai mal en cessant de le vouloir ? ]a\ paix inlériouro réside, non dans les sens, mais dans la volonlô. On la cttnserve au. milieu do la douleur la plus amoro, tandis que la vol(»nté demeure ferme et soumise. La paix d'icibas est dans l'acceptation des choses contraires, ol non pas dans l'exonqUion de les soulfrir.

II. A vous ontondrr gronder et nuu'murer, il sond)lo (juo vous sovoz lame la plus innocente qu'il y ail au monde, et que c'est vous faire une injustice criante, que de ne pas vous laisser rentrer dans le paradis terrestre. Souvenez-vous de tout ce que vous avez fait contre Dieu, et convenez (ju'il a raison. Dites-lui avec la même Immilité que l'onfant prodigue : Mon ph'e,fai jik'liê contre le cidet contre vous. Je sais ce que je dois à votre justice, mais le cœur me manque pour y satisfaire. Si vous vous en remettiez à moi, je me flatterois, je m'épargnerois, et je me trahirois moi-même on me flattant. Mais votre main miséri('crdieuse exécute elle-même ce ([u'apparennnenl je n'aurois jamais eu le courage de faire. Elle me frappe par bouté. Faites que je porte patiemment ses coups salutaires. C'est le moins que puisse faire le pécheur, s'il est véritablement indigné contre lui-même, que de recevoir la pénitence qu'il n'auroit pas la force de choisir.

VIP JOUR.

SIH I,A SOCMISSION ET LA CONFORMITE A LA VOLONTE DE DIEU.

Que volic volonlé se fasse sur la terre comme dans le ciel. S. Maith. VI. 10.

YI" JOUR.

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