‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 19 sur 271 · SUR LA PATIE.NCE DANS LES PEINES · texte numérisé non relu

SUR LA PATIE.NCE DANS LES PEINES

Vous posséderez vos âmes dans voire patience. S. XXI. 19.

Lttr

1. L'ame s'échappe à elle-même quand elle s'impatiente, au lieu que, quand elle se soumet sans murmurer, elle se possède en paix et pos-

I. UiEN ne se fait ici-bas, non plus que dans le ciel, que par la volonté ou par la permission de Dieu ; mais les hommes n'aiment pas toujours cette volonté, parce qu'elle ne s'accoi'de pas toujours avec leurs désirs. Aimons-la, n'aimons qu'elle, et nous ferons de la terre un ciel. Nous remercierons Dieu de tout, des maux comme des biens, puisque les maux deviennent biens quand il les donne. Nous ne murmurerons plus de la conduite de sa providence; nous

MANrEI. I>i: IMKTK.

la trouverons sage, nous l'ailorerons. 0 l)i;*u ! que vois-jo dans le cours des astres, dans l'ordre des siiisons, dans les événenionls de la vie, sinon voire volonté qui s'a<(oniplil ".' Qu'elle s'aooonq)lisse aussi en moi; que je l'aiuu': »iu"ellf m'adoucisse tout; (jue j'anéantisse la niieinie. pour faire réf^ticr la vùlre : car enfin c'est à vous, Seigneur, de \ouioir. et c'est à moi d'obéir.

II. Vous avez dit, n Seiu'ueur Jésus, eu parlant de vous-même, par rapport à mAvc l'ère céleste, que vous faisiez toujours ce (jui lui plaisoit '. Apprenoz-nons jusqu'où cet exemple nous doit mener. Vous êtes notre modèle. Vous n'avez rien fait sur la terre que selon le bon j)laisir de votre Père, qui \eut bien èlre nomtné le nôtre. Agissez en nous connue en \i)us-méme. selon son bon plaisir. Hu'uuis inséparablement à vous, nous ne consultions plus que hcs désirs. Non-seulement prier, instruire, souffrir, édifier, mais manger, dormir, converser; que tout se lasse dans la seule vue de lui plaire : alors tout sera sanctitié dans notre conduite : alors tout sera en nous sacrilice continuel . prière sans relâche, amour sans interruption. Quand sera-ce, ô mon Dieu, que nous serons dans cette situation ? Daignez nous y conduire; daignez dompter et assujétir par votre grâce notre volonté rebelle ; elle ne sait pas ce qu'elle veut; il n'y a rien de bon que d'être comme vous voulez.

et ne [lerdons pas le fruit ilc nos prières par une incertitude lloltante. (jui, conmie dit saint Jac- (pies '. nous fait liésiter. Heureuse l'ame cpii s«.' console dans l'oraison par la présence de sou bieii-aiiué ! Si (fuchfu un d'nitrr ri/its, dit saint .lac(pies*, est ditiis la tristesse, i/iit/ prie pour se consoler. Hélas ! mallieureux qin* nous sommes ! nous ne trouvons que de l'ennui dans cette céleste occupation. I.a tiédeur de nos prières est la soiu'ce de uosaulres infiilélilés.

1 1 . hi-mutidez, et il vous sera dunité ; cherchez, et vous tniuren-z; fra/jpez, et l'on vous ouvrira *. Si nous n'avions qu'à demander les richesses |»oin' les obtenir, quel empressenient, quelle assiduité, quelle |>crsévérancc ! Si nous n'avions (|u'à chercher jtour trouver un trésor, quelles terres ne reuuierait-on point ! S'il n'y avoil qu'à heurter potn- entrer dans le conseil des rois et dans les plus hautes charges, quels coups redoublés n'entendroit-on pas ! Mais que ne laiton [»oiut pour trouver un faux bonheur? Quels rebuts, quelles traverses n'endure-l-on pas pour un faulôn)e de gloire mondaine ! Quelles peines pour de iiiiséraliles ))laisirs dont il ne reste que le remords ! Le trésor des grâces est le seul vrai bien, et le .seul qu'on ne daigne pas demander, le seul qu'on se rebute d'attendre. Cependant il faudroit fra|)per sans relâche ; car la parole de Jésus-Christ n'est pas inlidèle : c'est notre conduite qui l'est.

VIIP JOUR.

SIR LKS AVaNTAGKS HF. I.A PRiÈllK.

Priez sans intorruptioii. / E]>. aux T/icss. v. 17.

I. Tklle est notre dépendance à l'égard de I)ieu, que non-seulement nous devons tout faire pour lui, mais encore que nous devons lui demander les moyens de lui plaire. (>elle heureuse nécessité de recouiir à lui [unir tous nos besoins, bien loin de devoir nous être incommode, doit au contraire faire toute notre consolation. Quel bonheur de lui parler en confiance, de lui ouviir tout notre cieur, et d'être par la prière dans un conunerc(,' intime avec lui ! Il nous invite à le |»rier. Jugez, dit saint t^yprieii, s'il ne notis accordera pas les bi(.'ns (pi'il nous sollicite de lui demander. F'rions donc avec foi.

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