DISCOURS DE RÉCEPTION A L'ACADÉMIE FRANÇAISE
piiiicc . |)our ramener ses frères errans. I1(Mireii\ tViiil des plus t'unestes erreuis ! Il Iniil avoir seiili . par sa propre expérience. Uml (e qu'il en euùle dans ce passage des ténèbres à la lumière , pour avoir la vivacité , la patience , la tendresse , la délicatesse de charité , (pii é( latent dans ses écrits de controverse.
Nous l'avons \u , nialLiré sa dél'ailiancc, se traîner encore an pied des autels jusqu'à la veille de sa mort , pour célébrer , disoit-il . sa i'ète et l'anniversaire de sa conversion. Hélas! nous l'avons vu , séduit par son zèle et par son conl'age , nous pronielire . d'une voix ninuranle , qu'il aclièveroit son grand ouvrage sur l'iMicliaristie. (»ui. je l'ai \u les larmes aux yeux , je; l'ai entendu; il m'a dit tout ce qu'un Catlioli()ue nourri depuis tant d'amiées des paroles de la foi peut dire |)our se préparer à l'cccvoir les sacremens avec fei'veur. La mort, il est ^rai, le surprit, venant sous l'apparence du souuiieil : mais elle le trouva dans la préparation des vrais fidèles.
Au reste, messieurs, ses travaux pour la magistrature et pour les alî'aires de religion que le Roi lui avoit contiées ne l'empéchoient pas de s'appliquer aux belles-lettres, pour lesquelles il étoit né. Sa plume fut d'abord choisie pour écrire le règne présent. Avec quelle joie verrons-nous, messieurs, dans cette histoire, un prince qui, dès sa plus grande jeunesse, achève, par sa fermeté, ce que le grand Henri son a'ieul osa à peine commencer. Louis étouife la rage du duel altéré du plus noble sang des Français ; il relève son autorité abattue, règle ses finances, discipline ses troupes. Tandis que d'une main il fait tomber à ses pieds les nmrs de tant de villes fortes aux yeux de tous ses ennemis consternés, de l'autre il fait lleurir , par ses bienfaits, les sciences et les beaux arts dans le sein tranquille de la France.
Mais que vois-je, messieurs? une nouvelle conjuration de cent peuples qui frémissent autour de MOUS pour assiéger, disent-ils, ce grand royaume comme une seule place. C'est l'hérésie , presque déracinée par le zèle de Louis, qui se ranime et qui rassemble tant de puissances. Un prince ambitieux ose, dans son usurpation, prendre le nom de libérateur : il réunit les Protestans et il divise les Catholiques.
Louis seul , pendant cinq aimées, remporte des victoires et fait des conquêtes de tous côtés sur cette ligne qui se vantoit de l'accabler sans peine et de ravager nos provinces; Louis seul soutient, a\ec toutes les marques les plus naturelles d'un cœur noble et tendre , la majesté de
tons les rois on la personne d'un roi indignement renversé du trôix;. Oui racontera ces merveilles, messieurs ?
Mais qui osera liépeindre Louis dans cette dernière campagne , encore plus grand |)ar sa palience ipie par sa coiupiète ? Il choisit la plus in;u'cessible place des l'ays-Ras : il trouve un l'ochcr escarpé, deux profondes rivières qui l'environnent, plusieurs places fortifiées dans une seule , au dedans une armée entière pour garnison ; au dehors la face de la terre couverte de tioupes inuoiid)rahles d'Allemands, d'Anglais, de Hollandais, d'I'.sjiagnols, sous un clief accoutumé j"! risquei' tdut dans les batailles. La saison se dérègle, on voit une espèce de déluge au milieu de l'été, toute la nature semble s'opposer h Louis. En même temps il apprend qu'une partie de sa fiolle, invincible par son courage , mais accablée par le nombre des ennemis, a été brûlée, et il su|)porle l'adversité connne si elle lui étoit ordinaire. 11 iiaroît doux et tranquille dans les difficultés, [dein de ressourc(^s dans les accidens im])révus; humain oivors les assiégés jus(iu';i i)rolonger un siège si périlleux pour épargner une ville qui lui résiste et qu'il peut foudroyer. Ce n'est ni en la multitude de ses soldats aguerris, ni en la noble ardeur de ses officiers, ni en son propre courage, ressource de toute l'armée , ni en ses victoires passées , qu'il met sa contiance ; il la place encore j)lus haut, dans un asile inaccessible, qui est le sein de Dieu même. Il revient enfin victorieux , les yeux baissés sous la puissante main du Très- Haut, qui donne et qui ôte la victoire comme il lui plaît; et. ce qui est [dus beau que tous les triomphes, il défend qu'on le loue.
Dans cette grandeur simple et modeste, qui est au-dessus , non-seulement des louanges , mais encore des événemens , puisse-t-il , messieurs, puisse-t-il ne se confier jamais qu'en la vertu, n'écouter que la vérité, ne vouloir que la justice, être connu de ses ennemis ( ce souhait comprend tout pour la félicité de l'Europe) ; devenir l'arbitre des nations après avoir guéri leur jalousie, faire senfir toute sa bonté à son peuple dans une paix profonde, être longtemps les délices du genre humain, et ne régner sur leshonunes que pour faire régner Dieu au-dessus de lui !
Voilà, messieurs, ce que monsieur Pellisson auroit éternisé dans son Histoire ; l'Académie a fourni d'autres hommes dont la voix est assez forte pour le faire entendre aux siècles les plus reéculés. Mais une matière si vaste vous invite tous à écrire : travaillez donc tous à l'envi ,
RÉPONSE AI' niSCOniS DE FKNELON.
messieurs , pour orli'-bn'i- un si luaii ii l.'iii>. .Iine sjuiniis mieux It'uiitiLruiT luini /.tlf à n'tlf coMipagnic i\y\c jtar un soiiliail >i digne d'olK*.