‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 209 sur 271 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

1»K M. i; KIMi K U K

UIRECTEIR HK I.'aCADKMIK.

MoNsiF.in ,

Le pultlit'. qui sait coiuliitMi rArailéinic iVauraise a porJu à la niorl de monsieur Pellissou , n'a pas plus tôt ouï nouniier le sut;cesseur (|u'elle lui donne, qu'en même temps il l'a louée de la justice de son choix et de savoir si heureusement réparer ses plus grandes pertes.

r,elle-ci n'est pas une perle partiiulière (jui ne reirarde que nous ; toute la répulilique des lettres y est intéressée , et nous pouvons nous assurer que tous ceux qui les aiment regretteront notre illustre confrère.

Les ouvrages (ju'il a faits, en quelque genre que ce soit , ont toujours eu l'approhation pnhlique , ([ui n'est point sujette à la ilatterie , et qui ne se donne qu'au mérite.

Ses poésies, soit galantes, soit morales, soit héroïques, soit chrétiennes, ont chacune le caractère naturel qu'elle^; doivent avoir, avec im tour et uu agrément (]iit^ lui seul pinisoit Ifiir donner.

(l'est lui aussi (jui, ()our faire naître dans les autres et pour y perpétuer, à la gloire de notre nation, l'esjjrit et le feu de la poésie qui hrilloil en lui , a toujours doimé. depuis vingt ans. le prix des vers qui a été distrihué par l'Aradémie.

Tout ce qu'il a écrit en prose sur les matières les plus dilVérentes a été généralement estimé.

L'Histoire de l'Académie française, par oii il a commencé, laissi* dans l'esprit de tons ceux ipii la lisent, un désir de voir celle du Moi (pi'il a depuis écrite, et que dès lors on le jugia capahle d'écrire.

Le panégyritpie du Roi, (|u'il |>rononi'a dans la place on j'ai l'honneur d'être, fut aussitôt traduit fil plusifiiiM languis, .i riioiiiieiir de la nôlie.

La hclle et éloijuenle préface qu'il a iiùm,' à

KÉNELON. TOMK VI.

1.1 léle des ( UùiMes de Sara/in . si comme et si e^limée, a passé pour un tliel-d'o-uv rc en ce genre- là.

Sa paraphrase sur les Institules de .lustinien est écrite d'une pureté et d'une élégance dont on ne rroyoit pas juscpralors (pie celte matière fùl lapalile.

Il \ a, dans les prières qu'il a faites pour. lire piMid. lut la messe , un l'en divin et une sainte oiiclioii (pii manpienl tous les sentimens d'une véritahle piété.

Ses ouvrages de controverse, éloignés de tontes sortes d'em|»ortemens , ont une certaine tendresse tpii gagne le { (i-iir de ceiiv dont il \eiil convaincre l'esprit, et la foi y est partout inséj)a!ahle de la charité.

Il avoit fort avancé un grand ouvrage pour délendre la vérité du mystère de l'Eiicharislie contre les faux raisonnemens des héré'tiipjes : c'est sur uji ouvrage si catholirpic' et si saint (|iie la moit est venue le surprendre. Heureux d'avoir expiré le cœur plein de ces pensées et de ces sentimens !

Le plus grand honneur (pie l'Académie fraii- (■;iise lui |»ouvoit faire a[)rès tant de réputation (pi'il s'est acquise, c'éloit , monsieur, de vous nommer pour être son successeur, et défaire c.onnoître au puhlic que pour hien remplir la |)lace d'un acailémicicn comme lui, elle a jugé qu'il en falloit un comme vous.

Je sais hien (jue c'est faire violence à votre modestie que de parler ici de votre mérite : mais c'est une ohligation que l'Académie s'est imposée elle-même de jusiitier pnhliquemenl sou choix ; et je dois vous dire, en son nom , (pie nulle aiilre coiisidéialion ipie celle de vidre luéiile personnel ne l'a ohligé-e à vous donner son sulliage.

Elle ne l'a point donné à l'ancienne et illustre nohlesse de votre maison , ni à la dignité et à l'importance de votre em|)loi , niiis seiilefiieiit aux grandes (pialilés (pii \oiisyont fait appeler.

On sait (pie vous a\ie/ ivsolu de vous cacher toujours au monde, et (ju'en cela votre modesti(.' a été trompée par votre charité ; car il est vrai (pie \ons étant consacré tout entier aux missions ajxistidiipies, où vous ne pensiez (pi'à suivre les moinemens d'une charité chi«''lieime, \ous a\i7. fait paroilre. sans y penser, une élo- • pienre véritahle et solide, avec tous les talents a((piis et naturels (pii sont nécessiiires pour la former.

l'^t (pioitpie. ni dans vos discours, ni dans \os écrils, il n'y eût rien ipii ressentit les lettres profanes, on iic |iou\oil pas douter ipie sous

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