‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 216 sur 271 · FONTANES · texte numérisé non relu

FONTANES

- .£i,ckl. 111, V. .'(89-i9l.

O seul et doux portrait de ce lils que j'adore ! Cher enfant ! c'est par vous que je suis mère encore. De mon Astyanax , dans mes jours de douleur, Votic aimable présence entrelenoit mon cœur. Voilà son air, son port, son maintien, son laugage ; Ce son! les incines traits; il auroil le même âge. Delille.

* jilnckl. 11, V. /i26-.'(28.

Riphée tombe égorgé de même,

Hiphée, hélas! si juste et si chéri des siens! Mais le ciel le confond dans l'arrêt des Troyens.

* Ibkl. V. 489 et i90.

Les femmes, perçant l'air d'horribles hurlemens , Dans l'enceinte royale errent désespérées; Au seuil de ces parvis, à leurs portes sacrées. Elles collent leur bouche , entrelacent leurs bras.

LETTRE SlFi LES OCCUPATIONS l)i: I.Vr.ADl'lMIE.

h.'ti

Vidi Hecubam , ccntumque nurus, l'riaimmiiiuc per aras Sanguine fœdunïcin quos ipse sacraverat ijrni'S '.

Arma diu siMiior di'sticla trotncnlibus a^vo Circuindat noqiiirquam liiinn'ris, et inutile forrum Cingitur , ac dcnsos forlur nmriturus in hostes *.

Sic fatus sinior , telunique imbelle sine ii lu Conjocil s

Nunc niorere. Ra-e dicens. altaria ad ipsa treuienleni Traxit , et in uiulto lapsanleni saiiiiuine nali ; Implicuitque louiaui la'\.\, devtrique coruseum K\tulit, ac lateri capulo tenus abdidit eiiseni. H.TC linis Priami faloruni ; hic e\itu> illuni Sorte tulit , Trojani incensam et prolapsa videntem Pcrgama, lot quondam populis terrisque superbuni Hegualoreni Asiiu : jacel ingens lilttire truncus, Avulsunique hunieris capul , ol sine nomine corpus *.

Le poôto ne rcprésenlo point le malhour <rEuryilicc sans nous la nionlrcr toule prèle à i-evuir la lumirio, et reploiiirée tout-à-coup dans la [)rotonde nuit des enfei-s :

Jaiiique pedeui referens casus evaseiat ninncs, Redditaque Eurydice superas vcniebat ad auras.

nia , Quis et me , inquit , miseram , et te perdidit , Orplicu ? Quis tantus furor? En ileruni crudelia rctro

« flneid. v. 501 .1 SOi.

J'ai vu

Hccube l'ihcvcKV errer sous ces lambris ; 1.0 El»i*e luoissoiiiier les fi-uiua's de ses llls; El son épou\ , heias ! a son nioMii'iil su|iri''nir , Ensanijlanlcr l'auU-l qu'il consacra lui-même. I>elii.lk.

*i6/rf. il, V. 509-5H.

D'une armure impuissante

Ce ^ifillanl cliarc «'u >ain «ou l'iiaulc tri'inhiaute; Prend un glano, a Sun bras di-s lonu-li-mps t-lrainjer, El s'apprête a mourir plulôi qu'a se venger.

S Ibid. V. 544-545.

. . . K ces mois, au \aiii<|ucur inhumain Il jette un foibU- trait. DtLiLLK.

* Ibid. V. 550-558.

Meurs. Il dit : ft d'un bras sannuinaite, [lu itionarqui- tralm- par ses clii-^fiiv blanrliis , Et naQi-aiit dans le sang du dcrnifr de si-s lits , Il pousse vors l'aulfl la xifillesM- Ircinblante : De l'autre, saisissant IVpée élinii-lanlc. Levé If fer mortel, rrnfonce , i-t do son llanr Arrache avi-c la \ ic un vain n-str dr >an|;. Ainsi Unit Priani ; .-liiioi la ilcstiner Marqua par ci-iit iiiaHifur» o mort iiiri>rtuni'e. Il |KTit m voyant île m-s dmiiiTs ri'Qards llruliT ixiii llion , i'\ (Tuilier »•■» rciiipart». Et II- i;raml poli-iitat , iloiit les liiaiiiH toUM-rainr» De t.iiit di> iialimit aviiiciit tfiiu 1rs r<'iir<t , i)\if l'Asii- a i;riiiiuv eut <uroit aut^l■fll|^ De l'amour dr» «uji-l» cl du rospei I ilii. rui» , De lui-iiKiiii- aujourd'hui re»le inei'uiini>i>Mlde, llelas! et ilaii<k la fouit* «•teiidu sur le »alde , N'est plus, ilans rel amai dis lanibeauv d'Ilton , (,>u'uii ladnxri- laiis IhmiIh' , ri qu'un ib-bri» tan» n<>ni.

Dl.LlI.LK.

Fala Yocant , cunditquc natanlia luniina soinnus. Jatiique vale : feror ingenli circutndala nocte , Invalidasque tibi leiideus, heu! non tua, palinas '.

Les ,iiiiin.iii\ sniilViaits tjiie ce puctc imt coiiiiiie dc\aiil uns vtMiv , nous at'lli^'ent :

Prupter a(|iia? rivutn viridi procumbit in uiva Perdita, ncc sera* ineminit deccderc nocli *.

La peste des aiiimaiix c'-t un tableau ipii nous émeut :

Ilinr hrlis viliili viiigo inoriunlur in hcrbis , Et duicis animas pleiia ad prasepia reddunt.

Latntur infelix studiorum atque iinmcmor herb<T Victor equus, fontesque avertitur, et pode tcri^in

r.rebra ferit

Ecce auteni duro fuinans sub vomcre taurus Concidit , et mixtuin spumis vomit ore cruorem , Extremosque cict gcniitus : tt trislis arator Mœrotileni al)jungens fraternâ morte juvencum ; Atque opcre in medio delixa reiinquit aratra. Non uinbra; altonim ncmorum . non mollia possunt Prata niovcre aniinuin , non qui per saia volutus Purior electro campuin |H'tit amnis *.

> ^or//. IV, v. 485-498.

Enlin il reveiioil des goulTres du Ti'nare ,

Possesseur d'Eurydire et vainqueur du Tartarc

Eurydice >'ecrie : ()di'>tiu rigoureux I

llelas! quel dieu cruel nous u perdus tous deu\?

Quelle fureur! voilii qu'au teiiCbreuv abîme

Le barbare Destin rappelle sa viitinie.

Adieu : déjà je sens dans un nuage épais

Nager mes yeux éteints et fermes pour jamais.

.\dieu, mon cher Orphée; Eurydice expirante

En >aiii le clieiche eiicur de sa main defaillaiiti>;

L'horrible mort, jetant smi voile autour de moi,

M'enirulne loin du jour, helas! et loin de toi. DKLiLLr.

ï EfL viii, v. 87 cl 88.

La géiii>se amoureuse, errante au bord des eaux ,

Succoiiihe, et sans espoir elle fuit le re|>os;

C'est eu vain t|iie la nuit sous uo« luits la rnp|Hdle.

L\M.i:AL.

s (,ii,r,j. m, V. 494 498 et 515-52J.

Tout meurt dan> le bercail , dan<> les champs tout |>erit ;

L'agneau t<>nil ii suçant le lait qui b- iKitirrit ;

Lu genisMi' languit dai» un xerd pâturage... . Le cour-ier, l'ieil éteint , et l'oreille baissée, Distillant lenlemeni une sueur glacée.

Languit, chancelle, tombe, et w débat en vain

Il le'ijlige lis eaux, renonce au putura|;e,

El sent s'evanouir son tuperl»' courage

\oye/.-vous le taureau fumant mius l'aiguillon.

D'un sang inele d'écume inonder si>n killon?

Il meurt; l'autre, afllige de la iiinrl de mUI frère,

Kegugne tristement l'etable solitaire;

Son maître l'ai compagne accable de ri'grel»,

El laisse m soupirant ses travaux iinparlails.

Le dntix tapi» des piiH, l'asile d'un bols sombre,

La fraîcheur du matin jointe a celte de l'uiiibre ,

Le cristal d'un ruisseau qui rajeunit b"» l>res

El roule une eau d'ariienl «ur de* saldesdore%,

Hien lie peut de» troupeaux ranimer la fuiblesse. U1.L1LLL.

LETTRE SUR LES OCCUPATIONS DE L'ACADÉMIE

Virgile anime et jiassionne tout. Dans ses vers tout pense , tout a du sentniicnt, tout vous en donne; les arbres mêmes vous touchent .

Exiit ad (•(rlum rainis folii'ilnis arbos , Miratiiniiu' iiovas frondes cl non sua ponia *.

Une llour attire votre compassion, quand Virgile la peint prèle cà se llétrir :

Pnrpurens voluti cùm flos succisus aratro Languescit moriens -.

Vous croyez voir les moindres jdanles que le printemps ranime , égaie et embellit :

luque novos soles audent se gramina tuii) Credere *.

Un rossignol est Philomèle qui vous attendrit sur ses malheurs .

Qualis popiilea mœrcns Philomcla sub umbra *.

Horace fait en trois vers un tableau où tout vit et inspire du sentiment :

Fugit rétro

Levis juvcntus et décor, aridâ Pelleote lascivos amores Canitie , facilemque somnum ^.

Veut-il peindre en deux coups de pinceau deux hommes que personne ne puisse raéconnoître , et qui saisissent le spectateur ; il vous niet devant les yeux la folie incorrigible de Paris, et la colère implacable d'Achille :

1 Geortj. Il, V. 81 et 82.

Biciilot ce tronc s'élève en arbre vigoureux ,

Et se couvrant des fruits d'une race étrangère ,

Admire ces enfants dont il n'est pas le père. Deulle.

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