neid. IX, v. /(35 et i
Tel meurt, avant le temps , sur la terre couché
Un lis que la charrue en passant a touché. Delille.
3 Georg. \\ , v. 332.
Aux rayons doux eucor du soleil printanier
Le gazon sans péril ose se confier. Delille.
*16/d. IV, V. 5H.
Telle sur un rameau, Jurant la nuit obscure, Philomèle plaintive attendrit la nature. Delille
8 Od. lib. II , Od. XI , v. 5-8.
Déjà s'envolent nos beaux jouis; Aux grâces du printemps succède la vieillesse; Elle a banni l'essaim des folâtres amours , Et le sommeil facile, et la douce allégresse, de VVailly.
Quid Paris? ut salvus regnol vivatque bcatiis , Cogi posse iiegat '.
Jura iirgot sibi nata, nihil non arrogel arniis "^
Horace veut-il nous toucher en faveur des lieux où il souhaiteroit de finir sa vie avec son ami , il nous inspire le désir d'y aller :
lUo [(MTaruni niilii pra;ter onines
Angulus ridet
Ibi tu calcntom
Débita sparges lacryrai favillam Vatis amici ■'.
Fait-il un portrait d'Ulysse , il le peint supérieur aux lempetes de la mer , au naufrage même , et à la plus cruelle fortune ;
aspera nuilta
Pertulit , adversis renim immcrsabilis undis ''.
Peint-il Rome invincible jusque dans ses malheurs, écoutez-le :
Duris ut ilex tonsa bipennibus Nigrœ feraci frondis in Algido , Per damna, per cœdes , ab ipso Ducit opes animuiiique ferro.
Non hydra secto corpore firmior, etc. ^.
Catulle , qu'on ne peut nommer sans avoir horreur de ses obscénités , est au comble de la perfection pour une simplicité passionnée :
Odi et amo. Quare id faciam fortasse requiris. Nescio; sed fieri sentio , et excrucior «.
1 Ep. lib. I, Ep. M, V. 10-11.
Mais l'amoureux Paris, aveugle en son délire, Refuse son bonheur et la paix de l'empire. Daru.
* De Art. poet. v. 122.
Implacable, bravant l'autorité des lois, El sur le glaive seul appuyant tous ses droits, Daru.
3 Od. lib. Il, Od. VI , Y. 13-U et 22-24.
Rien n'égale à mes yeux ce petit coin du monde
Vos pleurs y mouilleront la cendre tiède encore
Du poète que vous aimez. de Wailly.
'► Tj). lib. 1, Ep. II, v. 21-22.
Egare sur les mers ,
Et vainqueur d'ilion , comme de la fortune , Rétrouvant son Ithaque en dépit de Neptune. Daru.
s Od. lib. IV, Od. iv, v. 57-61.
Rome prend sous nos coups une force nouvelle , Et le glaive et le feu la trouvent immortelle : Ainsi, vainqueur du fer, l'orme élend ses rameaux. Jamais monsire pareil n'étonna la Colchidé ;
L'hydre même d'Alcide Renaissoit moins de fois sous les coups du héros. Daru
^ J'aime et je hais. Comment se peut-il? je l'ignore; mais je le sens, cl je suis à la torture. Ep'ujr. Lxxxvi.
LETTRE SrU LES OCCUPATIONS 1>|; LACAIH- MIK.
iVX]
Combien (Ixiilf i-t M.iitial , cinoc k'iirs Irails ingénieux el taconiiés, sont-ils au-dessous di" ees paroles néiîlijiées , où le eceur saisi paile seul dans une espèce de désespoir !
<Jui' peul-on voir de plus simple et de plus loucliaut , dans un poème , que le roi l'riaui réduit dans sa vieillesse à baiser /es »/</<«.< meurtrières d'Aeliille , (jui ont arraelié la vie à ses enfans '? Il lui demande, pour uniipir adoucissement de ses maux . le corps du grand Hector. II auroit gâté tout , s'il eût donné le moindre ornement à ses paroles : aussi n'exl)rimenl-elles que sa douleur, il le conjun' |)ar son |)ère, accablé de vieillesse, d'a\oir pitié du plus infortuné de tous les jières.
Le bel-esprit a le uiallieur d'all'uiblir les i grandes passions où il prétend orner. Cest peu,/ selon Horace, qu'un poème soit beau et brillant ; il faut qu'il soit toucbaul . aimable , et par conséquent simple , naturel el passionné :
Non salis est pulchra esse poemata ; dulcia siinto , Et quocumque volent, aniinum auditoris agunto -.
Le beau qui n'est que beau, c'est-à-dire brillant, n'est beau qu'à demi : il faut qu'il exprime les passions pour les inspirer; il faut qu'il s'eiuj)are du cœur pour le tourner vers le but légitime d'un poème.
PROJET D LN rUAITK SIR LA TRAGIcnir.
II faut séparer d'abord la tragédie d'avec la comédie. L'une représente les grands événemens qui excitent les violentes passions; l'autre se borne à représenter les mceurs des liommes dans une condition pri\ée.
Pour la tragédie , je dois commencer en déclarant que je ne soubaite point qu'on perfectionne les spectacles oii l'on ne repiéseute les passions corrompues (jue pour les allumer. Nous avons vu (jue Platon et les sages législateiu-s du paganisme rejetoienl loin de toute république bien policée les fablesetles instrumeusde nuisique (|ui pou\oient amcdlir ime nation |)ar le goût de la \olupté. Ouelle devroit donc être la sévérité des nations cbréliiMUics conl'e les s|)ectaclcs contagieux 1 Loiu df \oidoir qu'on [ler-
• llia<l>- , liv. x\iN.
' H(»«\T. dr .Irl. ii'xi. \. «l'j l'i »iM». Oui, II- n'r^t punit am-x ili-» |ii-iiul<-( n Ulaiil<>!i ; h faul iiiiiliollii* au<>»l <'ft Ix-auli-* |ilu( |>iii««aiilcs (Jui |iciiclrciit 110» cu-ura dou<cniout i-nlroliit^. Uaiu.
fcclionuc de tels spectacles, je ressens une véri- ( lablc joie de ce cpi'ils sont cliez nous imparfaits eu leur genre. Nos poètes les ont rendus languissiuis, fades et doucereux coiiMue les romans. <»u n'y |)arle (jue de feux, de cliaines, de lourmens. Oii y veut mourir en se portant bien, l ne personne très-inqiarfaile est nommée un soleil , ou tout au moins une aumn* ; ses yeux sont deux astres. Tous les termes sont outrés , el rieu ne montre une \ raie passion. Tant mieux ; la fijiblessedu poison diminue lemal. Maisil mi> seud)le qu'on pourmit donner aux tragédies une mer\eilleuse force, suivant les idées très-pbi— losoplii(pies de rauti(p]ité , sans y mêler cet amour volage et déréglé (pii fait tant de ravages.
Cliez les Crées, la tragédie étoit entièrement indépendante de l'amour profane. Par exemple, l'dl'dipe de .Stpbocle n'a aucun mélange de cette [lassion étrangère au sujet. Les autres tragédies de ce grand poète sont de même. M. Corneille n'a fait qu'all'oiblir l'action, que la rendre double, et que distraire le s[>ectateur dans son <l|-MiiK', par l'épisode d'un froid amour de Tbésée pour Hircé. -NI. Ha<ine est tond)édans le même incon\éMiient en conq)osant sa Pbèdre . il a fait un double spectacle, en joignant à Pbèdre furieuse Hippolyte soupirant contre son vrai caractère. Il falloit laisser Pbèdre toute seule dans sa fureur ; l'action auroit été unique , \ive et rapide. Mais nos deux poètes tragiques, (pii méritent d'ailleurs les plus grands éloges , ont été entraînés par le torrent ; ils ont cédé au goùl des pièces romanesques, qui avoient prévalu. La mode du bel-esj)rit faisoit mettre de 1 amour partout; on s'imaginoit ({u'il étoit impossible d'éNiter l'eniuii pemlaiit deux beures sans le secours de quebpie intrigue galante ; on croyoit être obligé à s'impatienter dans le spectacle le plus grand et le plus passionné , à moins qu'un liéros langoureux ne \iut l'interronqire ; encore falloil-il (|ue ses soiqiirs tussent ornés de |>ointes , et que sou désespoir fût exprimé par des espèces d'é(iigranunes. \ oilà ce que le désir de plaire au public arracbe aux plus grands auteurs, contre les règles. De là vient cetli' passion si façonnée .
linpiloyalile soif dt> ploiro , Iluiit l'avciiv'lc et iiiiblc transport Me fait précipiter ma mort l'oiir faire vivre ma mémoire :
Arrt-lc |M)iir qtu'lqiirs moiueiis l.i'S impéliK-iix henliiiiens De cette incxoiatde envie , Kl souiïre qu'en ce trisic et favorable jour,
LETTRE SUR LES OCCUPATIONS DE L'ACADÉMIE
Avant que de doimi'i- ma vie , Jo donne un soupir ii l'amour '.
Ou ii'osoit luounr do douleui' sans l'airo dos pointes et des jeux d'cspiit en mourant. De là vient ce désespoir si ampoulé ot si (louri :
Pereù jusques an fond du cœur l>"uiu> atteinte inipicvue aussi bien que mortelle, Jliséraltle vengeur d'une juste querelle, El niallieuieux objet d'unv injuste rigueur -
Jamais doulour séi'iouse no parla un langage si pompeux ot si all'oolé.
11 uio semble qu'il iaudroit aussi folfanolior do la tfagédie une vainc enllure, qui est contre toute vraisemblance. Par exemple , ces vers ont je ne sais (juoi d'outré :
Impatiens désirs d'une illustre vengeance
A qui la mort d'un père a donné la naissance,
Enfans impétueux de mon ressentiment,
Que ma douleur séduite embrasse aveuglément ,
Vous régnez sur mon amc avecque trop d'empire :
Pour le moins un moment soutirez que je respire ,
Et que je considère, en l'état où je suis.
Et ce que je hasarde , et ce que je poursuis •''.
I/œil morne maintenant et la tête baissée , Sembloient se conformer à sa triste pensée, etc. La terre s'en émeut , l'air en est infecté , l.e Ilot qui l'apporta recule épouvanté '.
'^ Soi)lioelo est bien loin de celte élégance si déplacée et si contraire à la vraisemblance; il ne l'ail dire à (H^'dipe que des mots entrecoupés; tiUlt est douleur : lôu, lôu' ai, al. ai, vl' «psù, fpsû. C/est |)lul(M nu gémissement, ou un cri, qu'mi discours. « Hélas ! liélas ! dil-il '- , tout est » éclairci. 0 lumière , je te vois maintenant » pour la dernière fois... ! Hélas! hélas ! mal- » hoiu'àmoi! Où snis-je , malliouroux? Com- » ment est-ce que la voix me manque tout-à-
» coup? O tortimc , où étcs-vous allée ?
» Malheureux ! malheureux ! je ressens une » cruelle fureur avec le souvenir de mes » maux — ? 0 amis, que me reste-t-il à voir, » à aimer, à entretenir, à entendre avec con- )) solation? 0 amis, rejetez au plus tôt loin de » vous un scélérat, un homme exécrable , objet
» de l'horreur des dieux et des hommes !
» Périsse celui qui me dégagea de mes liens » dans les lieux sauvages où j'étois exposé, et » qui me sauva la vie! Quel cruel secours! je » serois mort avec moins de douleur pour moi » et pour les miens... ; je ne serois ni le meur- » tiMer de mon père, ni l'époux de ma mère. » Maintenant je suis au comble du malheur. » Misérable ! j'ai souillé mes parens , et j'ai eu » des enfans de celle qui m'a mis au monde ! »
M. Despréaux trouvoit dans ces paroles une généalogie des impatiens désirs d'une illusù-e vengeance , qui étoient les enfans inijjétuenx d'un noble ressentiment , et qui étoient embrassés par une douleur séduite. Les personnes considérables qui parlent avec passion dans une:^| C'est ainsi que parle la nature , quand elle tragédie doivent parler avec noblesse et viva- Succombe à la douleur : jamais rien ne fut plus cité; mais on parle naturellement et sans ces 'éloigné des phrases biMllantes du bel-esprit. Hortours si façonnés , quand la passion parle. Per- fcule et Philoctète parlent avec la même douleur sonne ne voudroit être plaint dans son malheur J'ne et simple dans Sophocle.
par son ami avec tant d'emphase.
çsd| M. Racine n'étoit pas exempt de ce défaut ,
'|que la coutuiTie avoit rendu comme nécessaire.
iRien n'est moins naturel que la narration de la
mort d'Hippolyte à la fin de la tragédie de
Phèdre , qui a d'ailleurs de grandes beautés.
Théramène , qui vient pour apprendre à Thésée
la mort funeste de son fils , devroit ne dire que
ces deux mots , et manquer même de force
pour les pi^ononcer distinctement : « Hippolyte
» est mort. Un monstre envoyé du fond de la
» mer par la colère des dieux l'a fait périr. Je
» l'ai vu. » Un tel homme , saisi , éperdu , sans
^ M j,.Raciiie , qui avoit fort étudié les grands modèles de l'antiquité , avoit formé le plan d'une tragédie d'Œdipe suivant le goût de Sophocle , sans y mêler aucune intrigue postiche d'amour, et suivant la simplicité grecque. Un tel spectacle pourroit être très^curieux , trèsvif , très-rapide, très-intéressant : il ne seroit point applaudi , mais il saisiroit , il feroit répandre des larmes , il ne laisseroit pas respirer, il inspireroit l'amour des vertus et l'horreur des crimes , il entreroit fort utilement dans le dessein des meilleures lois ; la religion même la plus pure n'en seroit point alarmée ; on n'en
haleine, peut-il s'amuser à faire la description retrancheroit que de faux ornemens qui blesla plus pompeuse et la plus fleurie de la figure ^.sent les règles.
du dragon? ^ ^h Notre versification, trop gênante, engage
'souvent les meilleurs poètes tragiques à faire
1 Cnr.N. Œdipe, act. m, se. i. — '^ Corn. Le Cki. act. I, se. X. — 3 CoR.N. Ciiiiia, ael. i, se. i. 1 Rac. PItkl. act. v, se. vi. — - CEdipc , act. iv cl vi.
LETTRE Si:n LES OCCUPATIONS DE LACADÉMIE.
Parccrc subjeclis, et debellare $u|)crbus
(les vers chargés trépilhi-lcs pour attraper la
rime. F'our faire un bon vers, un rac(diu|)aj:iic
(l'un autre vers loihle qui le gâte, l'ar exemple. Ilurarc a lait l.- même p(jrtrail eu d'autres
je suis charmé quand je lis c<'s nuits :
termes
Qu'il mourût >.
mais je ne puis suulVrir le \ers (pie |,i lim,aiiK-ne aussi |('>t :
Ou (lu'un beau désespoir alors le socouri'it.
^^es périphrases outrées de nos vers n'uut rieiu de naturel ; elles ne repn'senleut puint des* lioiiuues (jui parlent eu eitiivorsation sérieuse J Udhleet passionnée. On ôte au sperlateur le plus! grin(l^laisir du spectacle , quaud ou en ùlej cette vraisemltlance. " ■'"'
J^Tvoue que les anciens dnnnoient quelque hauteur de langage au cothurne .
An Iragica il.i.ivlt .t auipullatur in arte *?
mais il ne iaul point que le cothurne altère l'inutation de la vraie nature ; il peut seulement la peindre en beau et en grand. Mais tout homme doit toujours parler humainemeut : rien n'est plus ridicule pour un héros dans les plus grandes actions de sa vie , que de ne joindre jias à la noblesse et à la force uue simplicité qui est très-opposée à l'cnllure :
Projicit ainpullas et scsquipcdaiia verba ^.
Il suflit de faire parler Agamemnon avec hauteur, Achille avec emportement, Ulysse avec sagesse , Médée avec fureur. Mais le langage fastueux cl outré dégrade t(jut : plus on représente de grands caractères et de fortes passions , plus il faut > mettre une noble et \éhément(; simplicité.
Il me paroit mèrue (ju'on a domié souvent auv Uoiiiaius un discours trop fastueux : ils peusoienl iiautemenl, mais ils parloienl avec m(jdérati(in. C'étoit le peuple roi, il est vrai , j'ftjjitliim lati' retjf'in ' ; mais ce peuple étoil aussi doux pour les manières de s'exjjrimer dans la société, qu'appliqué à vaincre les nations jalouses de sa jiuissiuice :
' (;oB%. Iliinuc , «il. III, M-. \l. — * IIo||\T. Kpitl. lil'. I, //<. III , \. I*. — ^ lliiïAT. dr .4rl. jn,et. \. »7.
|)oil lianiiir loin ili* «ui rciiduri' cl l>-ii urnniU mol».
Uaiu .
' ViB'.. .i.ntid. Iib. 1, \ i3.
Imperot liellanle prior, jarcnletn l.ciiis in liosloMi *.
Il ne paicit point assez, de |)nipoitioii entre lenqihase avec la(|uelle Auguste parle datis la tragédie deCinna , et la uiodeste sinqilicité avec hupielle Suétone nous le dépeint dans tout le détail de ses mo-urs. Il laissoit encore à Kome une si grande apparence de l'aucieime liberté de la répidilii]ue . (pi'il ne souloil point (}u'on le Uouunàt Skk.nfi ii.
Doinini appcllalidiifin et nialedieluni et opprobriuni seinper cxhorruil. Cùui , speelaule eo ludos, proiiiiulialurn esset in iiunio, O iloiiiiniim ir/jumn rt honuin! cl univers! quasi de se ipso dicluiu cxullanlis coiiiprobassenl ; el statim manu viiltiique iiidecoras adulalioncs npressil ; el insequenti «lie uravissimrj cnriipiiil i-dulo, dominumquo se posliiae appellari ne a iilteris quidcm aut mpolibus suis,
vel seriij, vel joeo , passus est In consulatu pedibus
ferè , extra ennsulalum sape adopertû sellA jrt publicum
incessit. Piomiscuis saiutatinnibus admiUelial el plebem
Quoties ma;.'istraluiim ('omiliis inleiessel , tribus cum candidalis suis eircuibat , suppiieabatqiie more solenni. Ferebat
et ipse suirragiuiii in Iriiiu, ut unus e pnpulo Filiam d
neples ita insliluil, ut etiam lanificio assuefacenl !la-
bitavit in a'dituis niodiris llorlensianis, neque laxilale netpie
cuitu eonspicuis, ul in quibus portions brèves essenl el
Bine nianuorc niio aiil insipni pavinicnto eonspicui : ac per annos ampliiis quadrapinta eiHieni eubiculo hieme el a;slate
iiinnsit liistrumeiili ejus el su|)elleetilis parcimonia ap-
paret etiara nunc residuis leclis atque mensis, quorum ple-
raque vix privalœ eleganlia; sinl Veste non temerè alid
quàm dnmestici usus est,ab uxore el sorore et lilia nepliluis-
que confecti Canam Irinis ferculis. aul, cîira abundac-
tissimè, senis, pra'beliat , ut nnn niuiio sumptu, ita summj eomitate Cibi minimi erat, atque vulgaris ferè ', etc.
> Hiiii'l. lil., VI , V, 86*.
UniiiK' au\ vniiiriis h paix, aux rt-lifllcs (lf> Icrs.
IULiLtr.
- fur m. Swi-iil. V. 51 .
(,»uc 11' nis (!lori<-iiv .rAiulii«f il .!.• \ .•iiu>
Snuiiivllo l'iiiiiriiii r<'|ii'll(> , Kl iiiiiiiln' nu ili'iiioiiCL- uii\ l'iiiii-uii» xaïucu»
llAlll,
=• Si lTo>. lurjuxl. II. 53, 53, 64, 73, 73, 71 el 7C.
U ri'jrla luujuutk II* iiuiii il<> S»:ii.M:iii, inuiiiif une iiijut'iM-l un ii|i|>iii|iri'. l'ii jour iiii'il l'Iuii au lii<-nlri-, un aili-ur ux.iiil |iri>tii>iui- II' \cr» :
l> II- iiullic ( IfiiK-iil ! Il Ir iiiullri' i-iiuilalitc !
Iiiiit II- |iru|>li' II' lui ap|i|ii|iia, iM liallil ilf» iiiaiii» uxcc Iraii»- |iorl : il III l'otor rt-» anlaiiiiliuii» iiiili-i'riiU-« par ilr* grtlct il'iiKlif'iialiiiii. Lo liMiili'iiiaiu il repriliuiula M'xiTriiu-iil I» pi'iipli- ilaiis uu edil , ri iK'(riiitil i|u'i>ii l'appi-Ul jaiiiaii du iiiiiii ilf Sri||iii'iir. Il ni' II' |H'riiii'ltiiil pa« iinnif a M'<t rnUiit
m M-iii'U>riiii'iil , III rii lisiliiiaiil I,iir»i|u'il l'iml iku^uI ,
il inaiiliiiil iirilinaiii'iiii-iil a pn'il ; luriiiu'il m- Trluil pa», il >i- (ai»uil piirk-i dans une liliorc i>u\orlc, i-l Ui»»inl ap^ru-
LETTRE SUR LES OCCUPATIONS DE L'ACADÉMIE
La pompe et roiitluic conviennent beaucoup moins à ce qu'on a|i|)cloit la ricllilê rnuinino . qu'au l'aste d'un roi de Perse. Maluré la ri<;ueur (!(' Tibère . et la servile llatlerie où les Romains lond)èrent de son temps et sous ses successeurs, nous apprenons de Pline que Trajan vivoit encore en bon et sociable citoyen dans une aimable l'amiliarilé. Les ré|)onses de cet empereur sont courtes, simples, précises, éloignées de toute enllure. Les bas- reliefs de sa colonne le représentent toujours dans la plus modeste attitude , lors même qu'il commande aux légions. Tout ce que nous voyons dans Tite-Live, dans Plutarque, dans (^licércui, dausSuétone, nous re|)résenle les Romains comme desbonunes bautains par leurs sentimens, mais simples, naturels et modestes dans leurs paroles; ils n'ont aucune ressemblance avec les héros bouffis et empesés de nos romans. Un grand bonunc ne déclame point en comédien, il parle en termes forts et précis dans une conversation : il ne dit rien de bas , mais il ne dit rien de façonné et de fastueux :
Ne , quicunique dons , quicumque adhibcbitur héros , Rogali conspcctiis in auro miper et oslro, Migret in obscuras humili sermone tabernas ,
Aut, dum vitat luimuni, nubes et inania captet
Ut festis •, etc.
La noblesse du genre tragique ne doit point I empêcher que les héros mêmes ne parlent avec simplicité, à proportion de la nature des choses dont ils s'entretiennent :
Et tragicus plerunique dolel sermone pedestri 2.
cher tout le nionile, mc'iiie le bas peuple Toutes les fois
qu'il assisloit aux Comices , il parcouroit les tribus avec les candidats qu'il protcgeoit , et dcniandoit les sutlVayes dans la forme ordinaire : il donnoit lui-mùme le sien à son rang, comme un simple citoyen 11 éleva sa fille et ses petitestilles avec la jihis grande simplicité , jusqu'il leur l'aire ap-
jtrenilre a liler 11 occupa la maison d'H'irleiisius; elli'
n'étoil ni grande , ni ornée : les galeries en étoieiil étroites ot de pierre commune; ni marbre, ni marqueterie dans les cabinets et les salles il manger. Il coucha dans la même
chambre pendant quarante ans , hiver et été On peut
juger de son économie da!;s l'anieublement, par des lits et des tables qui subsistent encore, et qui sont à peine dignes d'un particulier aisé.... 11 ne mit guère d'autres habits que ceux
que lui faisoienlsa femme, sa steur el ses tilles Ses repas
étoient ordinairement de trois services , et jamais de jdus de
six : la liberté y régnoit plus que la profusion 11 mangeoit
jicu , et sa nourriture éloit extrêmement simple. La llAurr..
1 Hor.AT. (IcJrl. p<iet. v. 2-27--232.
Ne laisse/, pas surtout ce grave personnage. Ce héros ou ce dieu, que, tout-a-l'beure encor, Nous avons admiré velu de pourpre et d'or, Prendre le ton des lieux où le i)euide réside. Ou, de peur de ramper, se perdre dans le \ide. DAr.u.
rUO.TKT II IN THAITK SUIl L.\ COMEDIE.
La comédie représente les mœurs des hommes dans une condition privée ; ainsi elle doit jirendre un ton moins haut que la tragédie. Le st)ique est inférieur au cothurne j mais certains hommes , dans les moindres conditions , de même que dans les plus hautes, ont, par leur \nature! , un caractère d'arrogance :
Iratiisquo Clirenics tiunido delitigat ore 1.
J'avoue que les traits plaisans d'Aristoj)hane me paroissent souvent bas ; ils sentent la farce faite exprès pour amuser et pour mener le peuple. Qu'y a-t-ildeplus ridicule que la peinture d'un roi de Perse qui marcht; avec une armée de quarante mille hommes , pour aller sur une montagne d'or satisfaire aux inlirmités de la nature?
■ Le respect de l'antiquité doit être grand ; mais je suis autorisé par les anciens contre les
\ anciens mêmes. Horace m'apprend à juger de
) Plaute :
Ai nostri proavi Plautinos et numéros et Laudavere sales, nimiùm patienter utrosque , Ne dicam stultè, niirati; si modo ego et vos Scimus inui'baniim lepido seponere dicto '^.
Seroit-ce la basse plaisanterie de Plaute que César auroit voulu trouver dans Térence, vis comica? Ménandre avoit donné à celui-ci un goiit pur et exquis. Scipion et Lélius, amis de Térence , distinguoient avec délicatesse en sa faveur ce qu'Horace nomme Lpidum d'avec ce qui est inurbanum. Ce poète comique a une naïveté inimitable , qui plaît et qui attendrit par le simple récit d'un fait très-commun :
Sic cogitabam : ITem , hic parva; consuehidinis Causa mortem hujus tam ferl famiUariter :
tliiid si ipse amasset? (Juid mihi liic faciet patri?...
Ell'ertnr : inius •', etc.
'- De Jrl. piiel. v. 95.
Souvent la tragédie, avec siniplicilé , Exprime les douleurs dont l'ame est accablée.
Dauu.
1 Hor.AT. lie Art. poci. v. 9/j.
Quelquefois cependant, élevant son langage, Thalie , en vers pompeux, peint Chrêmes irrité.
- Ue trt. poel. v. 270-274.
Nos pères , dont le goût n'éloit pas encor sur, Vantoient le sel de Piaule et son style assez dur ; ,'\lais nous, qui d'un bon mid distinguons la licence,. Nous jiouvons , sans manquer de respect envers eux , De trop de complaisance accuser nos aieuv.
3 TEr.r.NT. Jiidr. aci. i, se. 1.
Voici comment je raisonnois. Quoi ! une foible liaison rend
Daru.
Darc.
LETTRK ?ni I.K^ OCCI PATKAS IH- l/ACADKMIK
Rien no joue mieux . sans dulii-r aucuu rararlère. La suite est |>as>iiMmi'e :
At, at Ikii- illiiil t>sl, llinc ill;c lacruinx , hxc illa est uiisoriconlia *.
Ivp'oiu- qiiiil vi-liin?
r.uui inililc iiilo prxsoiis . ubii^'iis ut siis ; nies noolesqiiA int' aiiu's , nu* d<'sidi>res . Ml' somiiifs, me f\|>i'rlt'«, de un* co^ili-s, Ml' sptTi'S . uii' (0 (liili'cti's. iiioi:iiin lola sis : Mi'iis far sis |iostri-iiii'i aiiiiiius, i|tiando vfo siiin (mis *.
Voiii un autre récit t»ù la passiou jiarle toute seule :
Menior essem ! 0 Mysis. Mysis, ctiain nunc iiiilii
Si-ripta illa dicta suut in animo , Chrysidis
De rilycerio. Jain femii' inoriiiis me voial :
Ac(e«si : vos semota-, nos soii : incipil :
Mi Paniphiii' , hiijiis forinain atqiie n?la(eni vides , etc.
Qnod epo per liane te de\tram oro, et iiipeniinn tuuni;
Per tiiam OJern , pinpie hnjus solitmlincm
Te obtestor, etc.
Te isli vinim do, aniicum , tutorem. patreui , etc.
Hanc mihi in nianuni dat, mors contiuno ipsam occnpat. Accepi , acceptani servabo *.
Tout ce que l'esprit ajoutiToif à ces sini|ili's et touchantes |>aroles ne feroit que les alVoililir. Mais en voici d'autres qui vont jusqu'à un vrai liansporf : i
Neque virgo est usquani . neque ego , qui illaiu e con-
spectu amisi meo.
Lbi quarram? ubi inveslig«Mn? qucm perconler? qiiam
insistam viam.
Ineertus sum. Una hxc spcs est : ubiubi est diu celari
non potest '.
Cette passion parle encore ici avec la même vivacité :
mon fils aussi soiisibU-a la niorl de celle feiiiinc 1 Que mmoIIcc donc s'il l'avuit aimée '.' Couimeiil s'uflliBeruiUit s'il |>erdoil Sou |)oro'? Ou emporte le curps ; iidus iiiariliiiii», etc.