‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 220 sur 271 · A HuLlI · texte numérisé non relu

A HuLlI

' Ibid. \. 35.

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(iii

LETTRE SUR LES OCCUPATIONS ])K L'ACADÉMIE

Qiiamloque homis doniiitiit Homcriis.

Vi'iùni o\wvc in loniro fas l'st obicpoio sniiuuiiu '

Yeul-on . par une pirviMjtion inanil'cslo , donner à ranti(|uitô ]>his qu'elle ne tleuianile , et

l'amcuse lellre h Lucceins esl pleine de la vanité la plus jjji'ossièi'c el la plus ridicule. On en Irouvo à [teu près anlanl dans li;s lettres de IMine le .lenne. Les anciens oui souvent une alVeclation qui tient un peu de ce que notre nation

condamner Horace pour soutenir, contre l'évi- Loumie pcdonterie. Il peut se faire que, faute

dence du fait , qu'Homère n'a jamais aucune inégalité?

7" S'il m'est permis de proposer ma pensée, sans vouloir contredire celle des personnes ]dus éclairées que moi, j'avouerai qu'il me sendile Yoir divers défauts dans les anciens les [)lus estimables. Par exemple , je ne puis goûter les chœurs dans les tragédies; ils interrompent la vraie action. Je n'y trouve point une exacte

de certaines connoissances que la vraie religion et la pliysicjue nous ont données , ils adniii'oient un peu trop diverses choses que nous n'admiroijij guère.

I '^" Les anciens les plus sages ont pu espérer, comme les modernes , de surpasser les modèles |mis devant leurs yeux. Par exv^niple , pourquoi Virgile n'anroit-il pas espéré de surpasser, par la ilescente d'Iùiée aux enfers , dans son sixième

vraisemblance, parce que certaines scènes ne n^.j.^^ ^^^^^ évocation des ombres qu'Homère

doivent point avoir nue troupe de spectateurs. Les discours du chœur sont souvent vagues et insipides. Je soupçonne toujours que ces espèces d'intermèdes avoient été introduits avant que la tragédie eût atteint à une certaine perfection. De plus , je remaniue dans les anciens des

nous représente * dans le pays des Cimmériens? Il est naturel de croire que Virgile , malgré sa modestie , a pris plaisir à traiter, dans son quatrième livre de l'Enéide, quelque chose d'original^qn'Homère n'avoil point louché.

0" J'avoue que les anciens ont un grand dés-

plaisanteries qui ne sont guère délicates. Cicé- javatitage par le défaut de leur religion et par ron , le grand Cicéron même , en fait de très- \j^ grossièreté de leur philosophie. Du temps froides sur des jeux de mots. Je ne retrouve point Horace dans cette petite satire :

Proscripti régis Riipili pus alquc vonenum -.

En la lisant on bàilleroit , si on ignoroit le nom de son auteur. Quand je lis celte merveilleuse ode du même poète ,

Qiialein niinistriini fulininis aliteni -^

je suis toujours attristé d'y trouver ces mots : Qidbus rnos iinde deducliis , etc. Otez cet endroit, l'ouvrage demeure entier et parfait. Dites qu'Horace a voulu imiter Pindare par cette espèce de parenthèse, qui convient au transport de l'ode. Je ne dispute point ; mais je ne suis pas assez touché de l'imitation pour goûter cette espèce de parenthèse , qui paroît si froide et si postiche. J'adu)ets un beau désordre qui vient du transport et qui a son art caché; mais je ne puis approuver une distraction pour faire une remarque curieuse sur un petit détail, elle ralentit tout. Les injures de Cicéron contre Marc-x\ntoine ne me paroissent nullement convenir à la noblesse et à la grandeur de ses discours. Sa

1 DeJ)i.]iOL't. V. 359 ol 360.

hi lie puis (lue (îiMiiir

De voir quelques inslaus Houière s'eiiduniiir :

Mais a tout grand ouvrage ou dnii de l'indulgence. Dakc

-Serin, lil). 1 , Sat. vu. — ^ (M. lii.i. iv, Od. iv.

•d'Homère , leur religion n'étoit qu'un tissu monstrueux de fables aussi ridicules que les 'contes des fées ; leur philosophie n'avoit rien que de vain et de superstitieux. Avant Socrate, la morale étoit très-imparfaite , quoique les législateurs eussent donné d'excellentes règles pour le gouvernement des peuples. Il faut même avouer que Platon fait raisonner foiblement Socrate sur l'immortalité de l'ame. Ce bel endroit de Virgile,

Félix qui poluit reriim coguoscere causas -, etc.

aboutit à mettre le bonheur des hommes sages à se délivrer de la crainte des présages et de l'enfer. Ce poète ne promet point d'autre réconn)ense dans l'autre vie à la vertu la plus pure et la plus h('roïque , que le plaisir de jouer sur l'herbe, ou de combattre sur le sable , ou de danser, ou de chanter des vers , ou d'avoir des chevaux, ou de mener des chariots et d'avoir des armes. Encore ces hommes et ces spectacles qui les amusoient n'étoient-ils plus que de vaines ombres; encore ces ombres gémissoient par l'impatience de rentrer dans des corps pour recommencer toutes les misères de cette vie , qui n'est qu'une maladie par où l'on arrive à la mort; mortalibus œgris. Voilà ce que l'anti-

1 Odyss. liv. XI, — ^ Ceori/. il, v. 490. Heureux le sage insiruil drs lois de la nature, ele.

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