‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 221 sur 271 · I-FTTHK SI 15 l,i:S OCCIPATIONS l»i: l/AC AIM-IMIK · texte numérisé non relu

I-FTTHK SI 15 l,i:S OCCIPATIONS l»i: l/AC AIM-IMIK

«iri

quilé proposoil do plus consolant an genre huinaiii :

l'ars III grauiiiuis pxcrcnit inoiiihrd pal:rslris ', »tc.

• . 'Jii;i' \u(\f iniscris tain dira ciiindo '7

Les héros tl' Homère ne resseniltleiit point à (l'iioiniètes gens , el les dienx de ce poète sont tort au-dessous de ces héros nièines , si indignes de l'idée (|ue nous avons de l'hoiniète lionuiie. l'ersoniie ne voudroit a\oir un |tère aussi vicieux que Jupiter , ni une l'einine aussi insu|tportai»le que Junon , encore moins aussi inlauie que ^énus. Qui voudroit avoir un ami aussi lirutal (jue Mars, ou \u\ domesti(pie aussi larron (|ue Mercure? (]es(heu\ senildent inventés tout e\l>rès par l'eimemi du geiu'e humain , pour autoriser tous les crimes , et pour tourner en dérision la divinité. C'est ce <jui a faifdire à Longin ' « qu'Homère a l'ait des dieux des hommes qui » lurent au siège de Troie, et qu'au contraire , )) des dieux mêmes il en a fait des hommes. » Il ajoute que a le législateur des Juifs, qui » n'éloit pas un homme ordinaire , ayant fort » bien conçu la grandeur et la puissance de » Dieu , l'a exprimée dans toute sa dignité , au » commencement de ses lois , par ces paroles . » /h'i'u dit : Oiie la liunu're se fasite; cf In lu- » inif-i'c se fit : Que la terre se fasse ; et la terre n fu4-Saite. »

10" 11 faut avouer qu'il y a parmi les anciens peu d'auteurs excellens, et (pje les modernes en ont quel(iues-uns dont les ouvrages sont jjrécicux. Quand un ne lit point les anciens avec une avidité de savant , ni par le besoin de s'instruire de certains faits , on se borne par goût ài nn petit nombre de livres grecs et latins. Il y en a fort peu d'excelleiis , (pjoicjue ces deux iiati(»us aient culti\é t>i long-temps les lettres. Il ne faut donc pas s'étonner si notre siècle , qui ne fait que sortir de la barbarie , a [leu de livres français (jui méritent d'être souvent relus a\ec un très-grand plaisir. Il me seroil facile de nommer beaucou|» d'anciens, connue Aristophane , l'iauli- . Si'iiècpie le tiagi(|ue , Lucain , et Ovide même, dont on se passe volontiers, .le nommerois aussi sans peine un nombre assez

' .tnrUI. Iib. VI, V. C4i, Taiiliil^t'i* |icU|>li- lii'urfU\, tiir li> tiriln'» ll■li^^alll4'l>, Kxcrir cil M- jiiuatil ili-!i liillc) iniiiKi-iilc». l)i i ii 1 1 .

î Ibid. V 721.

(ju\ |ii-ul ilit|iir(T ■ les iiinllicurcui ii't i-xtc» d'uiiiuur | mir

' Du Subi. tli. \ii.

considérable d'auteurs modernes qu'on goûte el (|u"on admire avec raison : mais je ne veux nommer personne , île peur de blesser la modestie de eenv que je nommerois, et de mantpier aux autres en ne les nounnant pas.

Il faut, d'ini autre côté , considérer ce qui e>t à l'avantage des anciens. Outre qu'ils nous ont donné prescpte tout ce (|ue nous avons de meilleur, de plus il faut les estimer jusque dans les endroits i|ui ne sont pas evempis dedi'-fauts. l-ongin remarque ' « (ju'il faut craindre la » bassesse dans un discours si poli et si limé. 11

» ajoute que le grand est glissant et dan-

» gereux Quoi(|ue j'aie remarqué, dit-il en-

» core , plusieuis fautes dans Homère et dans » tous les plus célèbres auteurs ; quoique jt* n sois peut-être l'honnue du monde à qui elles

» plaisent le moins, j'estime, après tout

» qu'elles sont de petites négligences qui lein- » ont écliappé , parce que leur esprit, qui ne » s'étudioit qu'au grand , ne pouvoit pas s'ar-

» rêler aux [letiles choses Tout ce qu'on

» gagne à ne point faire de fautes, est de n'V'tre » point repris : mais le grand se fait admirer. » Ce judicieux critique croit (juc c'est dans le déclin de l'Age qu'lbunère a quebpiefois un peu somuieillé par les longues narrations de r<.(dyssée; mais il ajoute (pie cet alVaiblissement est , aprh tout , la vieillesse d'Huinère '. En ellet , certains traits négligés des grands peintres sont foit au-dessus des ouvrages les plus léchés des peintres médiocres. Le. censeur inédiocre ne goûte point le sublime , il n'en est point saisi : il s'occupe bien plutôt d'un mot déplace , ou d'une expression négligée; il ne voit (ju'à demi la beauté du plan géiiéi-al , l'ordre et la force qui régnent partout, .l'aimerois autant le voir occupé de l'ortliograplie , des iioints interroL'ans et des virgules. Je plains l'auteur qui est entre ses mains el à sa merci : liarbarus luis segetes ' ! Le censeur (pii est grand dans sa censure se passionne [)our ce qui est grand dans l'ouvrage : « il méprise, selon l'expression de Longin • , » une exacte el scrupuleuse délicatess»'. « Horace est de ce t'oùt :

Yt-n'iiii tilii pliira iiitont in canninc , non v^o pauiis (ilii-iuiar iiiat'iilis, quas aiit incuiia fudit, .Viil liiiiiiaiiu |iaruui cavii natiira ^.

>/^«.Si/i/.«h.vxMi. — '///ii/.<Ii.Mi. — »Vm«..^;i/. i,v.7'i. I II l>ail>ar<* \ii'iiilra tIt'Mirrr cr» nioltMUi»! Lam.i.ac.

* Ihi Subi. ili. wix. — * /;•• Irt. i»x-l. \. 351-353. Kii lioaiil lie l<rnii\ M-r> , y h'um'Ui me |i|aiiiilri' |li- itui'li|uc Irail iiiiiiii* |iui' iK'uliijiMiiiiiciil jvti- , Tribut quf l<- Uli-iit |>aii' n rhuiiiiiiilc. l>Ma .

(î-iO

LETTRE SUR LES OCCUPATIONS DE L'ACADÉMIE

. De [)lus la grossièrolô tlilVornie de la religion , des anciens , et le défaut de vraie j)liilosoi)hie

■ morale où ils étoient avant Socrale, doivent, en un certain sens , faire un grand honneur à ranli(]iiité. Homère a dû sans doute jjeindro ses (lieux connue la religion les enseignoit au monde idolàti-e en son temps : il devoit représenter les hommes selon les mœurs qui régnoieut alors dans la Grèce et dans l'Asie mineure. Blâmer Homère d'avoir peint lidèlement d'après nature, c'est reprocher à M. Mignard, à M. de Troy. à M. Rigaud , d'avoir fait des portraits ressemhlans. Voudroit-on (ju'on peignît Momus connue Jupiter , Silène comme Apollon, Aleclo comme Vénus, Thersile comme Achille? Voudroit-on qu'on peignît la cour de notre temps avec les fraises et les harhes des règnes passés? Ainsi Homère ayant dû [)eindre avec vérité , ne faut-il pas admirer Tordre , la proportion , la grâce , la force , la vie , l'action et le sentiment qu'il a donnés à toutes ses peintures ? Plus la religion étoit monstrueuse et ridicule, plus il faut l'ailmircr de l'avoir relevée par tant de magniliques images ; plus les mœurs étoient grossières , plus il faut être touché de voir qu'il ait donné tant de force à ce qui est en soi si irrégulier, si absurde et si choquant. Que n'auroil-il point fait si on lui eût donné à peindre un Socrate , un Aristide , unTimoléon, un Agis , un Cléomène , un Numa , un Camille, un Brutus, un Marc-Aurèle!

, Diverses personnes sont dégoûtées de la fru-

I galité des mœurs qu'Homère dépeint. Mais outre

qu'il faut que le poète s'attache à la ressem-

■ blance pour cette antique simplicité comme pour la grossièreté de la religion païenne , de plus rien n'est si aimable que cette vie des premiers hommes. Ceux qui cultivent leur raison, et qui aiment la vertu., peuvent-ils comparer le luxe vain et ruineux, qui est en notre temps la peste des mœurs et l'opprobre de la nation , avec l'heureuse et élégante simplicité que les

' anciens nous mettent devant les yeux?

En lisant Virgile , je voudrois être avec ce vieillard qu'il me montre :

Namque sub Œbali;e inemini me turribus altis , Quà niger buinectat flavcntia culta Galesus, Corycium vidisse seneni , cui pauca relicti Jugera ruris erant; nec fertilis illa juvencis,

Nec pecoi'i opportuna seges

Regum fcquabat opes aniinis ; serâque revertens Nocte domum, dapibiis mensas onerabat iiiemptis. Primus vere rosam, atque auliimuo carpere poma; Et cùm tristis hiems etiam niinc frigore saxa Ruiiiperet, et glacie cursus fra;naret aquarum ,

Illc coniam mollis jam tum toiidel)al acanthi, .'Kstaleni iurrcpitans soraui zepliyrostiuc moralités'.

Homère n';i-l-il pas dépeint avec grâce l'île de Calypsoet les jardins d'Alcinoûs, sans y mettre ni marbre ni dorure? Les occupations de Nausicaa ne sont-elles pas plus estimables que le jeu et (jue les intiigues des fenunes de notre temps? Nos j)ères en auroicnt rougi ; et on ose mépriser Homère pour n'avoir pas jieint par avance ces mœurs monstrueuses , pendant que le monde étoit encore assez heureux pour les ignorer!

Virgile, qui voyoit de près toute la magnificence de Rome, a tourné en grâce et en ornement de son poènie la pauvreté du roi l'^vandre.

Talibus intcr se dictis, ad tecta subibaiit

Panporis Evandri , passimque armcnta videbant

lîoiiiaiioquc foro et luutis luugirc caririis.

1,1 veutnm ad sedes : Ihec, iiiquil, limina victor

Alcides subiit; ha;c illum regia cepit.

Aude, hospes, contemncre opes, et te quoquc dignum

Fingc Deo , rebusque veni non aspor egenis.

Dixit; et angusti subtcr fastigia lecti

Ingentem .Eneam duxit, stratisque locavit

Ell'ultnm foliis et pelle libyslidis iirsœ ^.

' Georg. lil). iv, v. 125-138.

Aux lieux où le Galèse, en des pluiiios fécondes, Parmi les Mouds c^pis roule ses noires ondes. J'ai vu, je m'en souviens, un vieillard forlun(î, Possesseur d'un terrain long-tenips abandonné; C'tMail un sol inijral, rebelle il la culture , Qui n'oll'roil aux troupeaux qu'une aride verdure..... Un jardin , un verger, dociles à ses lois. Lui donnoicnl le bonheur qui s'enfuit loin des rois. Le soir, des simples mels ([uc ce lieu voyoit nailrc. Ses mains chargeoicul sans frais une table champôlre. Il cueilloit le premier les roses du printemps; Le premier, de l'automne amassoil les présens ; Et, lorqu'autour do lui, déchainé sur la terre, L'hiver impétueux hrisoit encor la pierre , D'un frein de glace encore enchalnoit les ruisseaux. Lui déjii de l'acanlhe émondoit les rameaux ; Et du printemps tardif accusant la paresse, Prévenoil les zéphirs, et hàtoit sa richesse. Delille.

2 jEneid. lib. vii!, v. 359-3C8.

L'humble palais du Roi frappe enfin leurs regards. Quelques troupeaux crroient dispersés dans ces plaines. Séjour des rois du monde cl des pompes romaines; Et le taureau nuigil où d'éloquentes voix Feront le sort du monde et le destin des rois. Tandis que de ces lieux Achale , Evandre, Enée Jîéditent en marc haut la haute destinée , On arrive au jialais , où la félicité Se plaît daiis l'innocence et dans la pnuvrelé. « Ce n'est pas dans ma cour que le faste réside, « Dit Evandre : ce toit reçut le grand Alcide , » Des monstres, des brigands noble exterminateur; » L'a siégea près de moi ce dieu trioniphateur : » Depuis qu'il l'a reçu, ce palais est un temple. » Fils des dieux comme lui , suivez ce grand exemple : » Osez d'un luxe vain fouler aux pieds l'orgueil : » De mon humlile séjour ne fuyez point lo seuil; » Venez, et regardez des yeux de l'indulgence )) Du chaume hospitalier l'honorable indigeuce. » Il dit, et fait placer pour le roi d'ilion Sur un lit de feuillage une peau do lion. Delille.

LFTTnr: srii i.ks occipations di- i; ACADi'Mir.

La bonleuse làclu'lo de nos imniis nous ciii-

pôclie (le IcMM' les yoiix pour ailmirrr le sublime (le ces paroles . .\uili\ /iusih's. toiiteniiu're

UJJCS.

Le Tilieu . qui a excellé pour le paysage, peint un vallon plein «le IVaiclieur avec un clair ruisseau, des uionla^'ues escar[)ées el des lointains qui s'enfuient dans l'iiorizon : il se gaule bien de peindre un ricbo parterre avec des jets d'eau et des bassins de marbre. Tout de même \ irgile ne pi'int point des sénateurs t'aslueux, et occupés d'intrigues criminelles ; mais il représente un laboureur iiujoceul et lioureux dans sa vie rustique :

UmiKe inirari beaUc l-'iimuiii l'I 0|H-s slri>ptluini{u*- Huma; '.

Milii j:iin non r<-;:ia Roiiia ,

Sod vacutim Tibur plarol, aiil iinbeilc Tan-iiluin '.

•Juaud les poètes M-uIrut i liarmer l'imagiualiou dos liounues, ils les conduisent loin des grandes villes ; ils leur l'ont oublier le luxe de leur siècb', ils les ramènent à l'Age d'or ; ils représenleul des bergi?rs dansant sur l'berbe lleurie à l'ombre d'un bocage, dans une saison didiiii'use, plutôt que des cours agitées et des grands qui sont malbem-eux par leui' 'jranileur même :

Deiiiiie satis fluvium inducit rivosquc sequonti'S. El cùin cxustus ager inoriontibus a'sluat lu'ibis, Eccc siiporrilio clivosi Iramitis uiulain Elicil : illa cadens lauiuin per lovia niurnuir Saxa ciel, scatebrisipu- arentia tcinpcrat ana '.

Virgile va même jusqu'à couiparer ensemble une vie libre, paisible et cbampètre, avec les voluptés mêlées de trouble dont on jouit dans les grandes fortunes. Il n'imagine rien d'iicurcux qu'une sage médiocrité, où les liommes seroieul à l'abri de l'envie pour les prospérités , et de la corapassion [»our les misères d'autrui :

lllum non populi Tasces , noD purpura rcguui Flexil

Nt'r|UC illtî

Aul doluit iniserans inopeiii , aut iuvidil habeoti. Quos rami fructus, quos ipsa volciilia lura Spoute tulere suà , carpsil; nec fcnoa jura *, etc.

Horace fuvoil les délices et la maguilicence de Home pour s'enfoncer dans la solitude .

« Ceury. lib. l, \. «OC-HO.

Qui d'un fleuM' coupr |iaril<' n<>ir,lircu\ taiiau\ , Tiiurt tUii» l'haquc sillon ilisiribu'-r \rs rau\. Si l<- soleil brùlanl Ibiril l'Iii-rbe uiouranlc, AusMlut je le tui» |i3r um- ilouce |n'nl<' , AinriiiT ilu *oniii.i-l il'un roduT sinnri!|iMi\ l'ii iloiilf rui^MMU, i|ui sut' un lil |'icrri-u\ ToiiiIm;. oiunii-, i-l inuluut axi-c un ilou\ iiiurinur<-, l)f« ihanip» diMlU'r»» ranime la ViTilurc Delille.

* Jbiil.Ub. Il, V. .t'jr>-50t.

|j piinipi- ilfi fai»<rau\ , l'otRU'il 'lu (linili'iin-, L'iMliT^I «luiil la voiv Ull laiio !•• »an0 UK'nir, III- lioultli-iil |>oiiil sa |iBix.

AUpll-» <Ir **•> IX^U^ |>a<«s.lllt '•l «InlKC Ml- ,

S«in la-ur n'i'»l illri»!»' <!<• l'il»»' ni irmuc. Juiiiaio au\ Iribuiiniu, lll^|•ulalll )l<- tuiiit druil» , I^ <liicaii.' pour lui lu- m niuijir »i >oiv ; Sa riih'>M*, r'iHl l'or dr» iiioïkMiii» <|" ■' '•''' "allri'; El l'arbri' qu'il piaula, ihauir<' ■• i.. unii >oii niallri-.

I)KI.ILLi:.

Agréables déserts , séjour de l'innocence , Où, loin des vains objets de la magnillcencc , Commeme mou repos et finit mon tounnent ; Vallons, fleuves, rocbers , aimable solitude. Si vous fuies témoins de mon inquiétude , Soyez-le désormais de mon conteiiteminl '.

Rien ne marque tant une nation gâtée , que ce luxe dédaigneux (jui rejette la frugalité des anciens. C'est cette dé|)ravation qui renversa Home. Jiisuevit, dil.Salluste -^ ainare, poture,

signa, tabulas pictas , vasa cœlata inirari

/Jivitiœ honori esse cd'perunt...., hebescerc vir-

tus, jiaii perlas probru linberi iJotnus utque

villas in urbiuin inoduin exu'dificatas

-l pricatis coinpluribus subcersos montes, maria cvnslratn esse, quibits mihi ludibriu videntur

fuisse divitiœ 1 rscendi causa , terra mari-

(jue oninin exquirere. J'aime cent fois mieux la piuivre IlluKjue dTlysse, (ju'uiie ville biillaute pai' une si odieuse maguilicence. Ueuieuv les bonunes, s'ils se conteiiloienl des plaisirs qui ne coûtent ni crime ni ruine ! (>'est notre folle et cruelle vanité, elnon jias la noble simplicité des anciens, qu'il faut corriger.

' (><l. lib. m, <)<l. \\i\ , \. H .1 a.

l.aisM; n Koinc , avi-r l'opulciui' , Li- liruil , la ruini-i- cl r<'iiiiui.

Ht Waiilv.

- KpUl. lib. I , lip. vu , \. 44 <■( 45. noiiif n'a ilfju plus lanl <!>' rliurnu- a nie» yeuv; Mais je rlieri» Tibur, m» paie»M', el ees lieux Qui- n'enkaiiglanleni poiiil le^ i|uerelle» (uitetlck. Uari .

' HaCA>. — * It'll. (aliliii. II. ««. Il et «3.

i.a i;:ilanlerie eoniiiieiirn ii s'inlrtMluire clans rarinée; on »'y ni I iiiililiiia 11 liHiie, a pieiulre ilil oi'Ul pour ilen statues, îles

Inlile.iiix, el lies \,im> mêle. I.es ru tiesse« toiiiiiielnerelil

■ prix urer île la emistileralion l.n \erlu lantiuil , la |>au-

\rele ile\iiit un op|>robre... . On l>aiit île» palais el des inai»ou«

de eainpi|;ne, que \iius prendrie« pour aillant île \lllr»

Noiiilire de pariK ulieis oui uppl.iiii de» |iioiila(|iiet , uni liaH

dans les mer», et senildeiil >e jouer i!e leurs ru ln-ssr» du

nul le» lerre» et les m. < s .< i ,.i>ii il'ulion pour fournir auv plai»ir> de la laLle. llurTKViLt.£.

LETTRE SUR LES OCCUPATIONS DE L'ACADÉMIE

Je ne crois point (et c'est peiit-ètro nwi faute) dant bien des siècles ; tonl cstjilein de fenêtres,

ce que divers savans ont cru : ils disent qu'Un- de roses el de pointes; la pierre send)le décou-

mère a mis dans ses poèmes la plus profonde i)ée comme du carton; tout est à jour, tout est

politique, la [dus pure morale el la plus su- en l'air. iN'est-il pas naturel que les premiers

Mime théologie. Je n'y aperçois point ces nier- architectes gothiques se soient Uattés d'avoir

veilles ; mais j'y remarque un but d'instruc- surpassé, par leur vain raflinement, la simpli-

tion utile pour les Grecs, qu'il vouloit voir cité grecque? Changez seulement les noms,

toujours unis, et supérieurs aux Asiatiques. Il niellez les poètes et les orateius en la jdace des

montre que la colère d'Achille contre Agamem- architectes : Lucain devoit naturellement croire

non a causé plus de malheurs à la (irèce que les qu'il étoit i)lus grand (jue Virgile ; Sénèquc le

armes des Troyeus

Quiilqvnd délirant rcges, plectuntur Acliivi. Sedilione, dolis, sceierc atquc libidiiie , utirA, Iliacos inlra niuros peccatiir, et extra '.

I En ^ain les IMatouiciens du Ras-Empire, qui inqiosoient à Julien, ont imaginé des allégories et de profonds mystères dans les divinités qu'Homère dépeint. Ces mystères sont chimériques : l'Ecriture , les Pères qui ont réfuté l'idolâtrie , l'évidence même du fait , montrent imc religion extravagante et monstrueuse. Mais Homère ne l'a ])as faite, il l'a trouvée ; il n'a pu la changer, il l'a ornée ; il a caché dans son ouvrage un grand art, il a mis un ordre qui excite sans cesse la curiosité du lecteur ; il a peint avec naïveté, grâce, force, majesté, passion : que veut-on déplus ?

Il est naturel que les modernes , qui ont • beaucoup d'élégance et de tours ingénieux, se i flattent de surpasser les anciens, qui n'ont que la simple nature. Mais je demande la permission de faire ici une espèce d'apologue. Les inventeurs de l'architecture qu'on nomme go-

tragique jiouvoit s'imaginer qu'il brilloit bien plus que Sophocle ; le Tasse a pu espérer de (laisser derrière lui Virgile et Homère. Ces aujteurs se seroient trompés en pensant ainsi : les plus excellens auteurs de nos jours doivent icraindre de se tromper de même.

Je n'ai garde de vouloir juger en parlant .ainsi ; je propose seulement aux hommes qui ornent notre siècle de ne mépriser point ceux que tant de siècles ont admirés. Je ne vante point les anciens comme des modèles sans imperfections ; je ne veux point ôler à personne l'espérance de les vaincre, je souhaite au contraire de voir les modernes victorieux par l'étude des anciens mêmes qu'ils auront vaincus. Mais 'je croirois m'égarer au-delà de mes bornes, si je me mêlois déjuger jamais pour le prix entre les combattans :

Non uostnim iiiter vos tantas coiiipouere lites Et vitulà ta dicuiis, ot hic '

V'ous m'avez pressé, monsieur, de dire ma pensée. J'ai moins consulté mes forces que

thique, et qui est, dit-on, celle des Arabes, '"o" ^^'^ pour la compagnie. J'ai peut-être crurent sans doute avoir surpassé les architectes *''°P '^'[^ quoique je n'aie prétendu du-e aucun

grecs. Un édifice grec n'a aucun ornement qui ne serve qu'à orner l'ouvrage ; les pièces nécessaires pour le soutenir ou pour le mettre à couvert, comme les colonnes et la corniche, se tournent seulement en grâce par leurs proportions : tout est simple, tout est mesuré, tout est borné à l'usage ; on n'y voit ni hardiesse ni caprice qui impose aux yeux ; les proportions sont si justes, que rien ne paroît fort grand, quoique tout le soit ; tout est borné à contenter la vraie raison. Au contraire, l'architecte gothique élève sur des piliers très-minces une voûte immense qui monte jusqu'aux nues ; on croit que tout va tomber, mais tout dure pen-

1 HORAT. lib. I, Ep. II , V. 14 et 15.

. Des fautes des rois les Grecs portent la peine. Sous les fentes des Grecs, dans les nnus d'Ilioii, Régnent le fol amour et la sédition. Daru.

mot qui me rende partial. Il est temps de me taire :

Phœbus volentem prœlia me loqui , Victas et urbes, iiicrepuit lyi'à ,

Ne parva Tyi'rhenmn per œquor

Vêla darem 2.

Je suis pour toujours, avec une estime sincère et parfaite, monsieur, etc.

1 ViKGIL. Ed. 111, V. 108 et 109.

11 ni' m'appartient pas de nommer le vainqueur; Vous avez mc-rité tous deux le mOnie honneur.

2 HoRAT. Od. lib. IV. Od. xv, v. 1-4.

Eprise de César, ma Musc allait chauler

Sa gloire el les cites qu'il joint à son empire :

Me frappant de sa lyre, Ajiollon m'avertit de ne pas alTronler Un danyereuv écueil sur un frOle uavire. Daru.

CORRESrONDAM.i: I.ITlKllMKi: AVKC I,.\ MOTTE.

fiiO

CORHKSFONDANCK LITTÉHAIHK

i»R ri:M;iMN

m: 1 i.m.i.mn a i.a Mni'ii:.

AMC IlOl l»AK l>r, I.A Mdl II.,

DE L'ACAUEMIE française.

DK I,A Md'ni': A FKNKI.oN.

11 se inoutre sensibli* au souvenir el à l'r^tinn' lif l\iirlit\^iiir de Cambrai.

Paris, 28 ui.ul «713.

MoNSEIGNElR,

Je viens de voir entre les mains Je M. l'ubiié Dubois * un extrait d'une de vos lettres où vous daignez vous souvenir de moi : elle m'a donné une joie excessive ; et je vous avoue franchement qu'elle a été jusqu'à l'orgueil. Le moyen de s'en détendre , quand on reçoit quehjue louange d'un honune aussi louable, et autant loué que vous l'êtes ? Je n'en suis revenu , Monseigneur , qu'en me disant à moi-même que vous aviez voulu me donner des leçons sous l'apparence d'éloges, et qu'il n'y avoit là que de quoi m'encouragcr ; c'en est encore trop de votre part, Monseigneur, et je vous en remercie avec autant de recounoissance que d'envie d'en proliter. Je me pro|)Oserai toujours votre sull'iage dans ma conduite et dans mes écrits, comme la plus précieuse récom|»ense où je puisse aspirer. J'ai grand regret à la lettn' que vous m'avez fait l'iionneur de m'écrire, et (jue je n'ai pas reçue ; je ne puis cependant m'en Ifuir mallicurcux, puis(iui! cet accident m'a attiré de votre part nue nou\elle attention dont je connois t(»ut le |>rix. De grâce. Monseigneur , continuez-moi des bontés (jui me sont devenues nécessaires depuis que je les éprouve.

Je suis. Monseigneur, avec le plus profond respect el le \>\u> |)arfail dévouement, etc.

Votre Irès-liumbb.' et très-ol)éissanl serviteur. l>i: LA MnlTi:.

Sur les défauts de la {mésin française, et .sur la traduction de l'Iliade en vers fniurais, que La Molli- i-loit sur le [loini de publier.

Cnuibrai , 9 M-|>li-iiibrf tTI3.

Les |)aroles (ju'on nous a lues, mon>ieiir. ne sont point des coniplimens; c'est mon cn-ur (|ui a parlé. Il s'ou\riroil encore da\autage avec un grand plaisir, si j'étois à portée de vous entretenir librement. Vous pouvez faire de plus en plus honneur à la poésie française par vos ou- \ rages; mais cette poésie, si je ne me trompe, auroil encore besoin de cerlaines choses, faute desiiuelles elle est un peu gênée, et elle n'a pas toute rharmonie des vers grecs et latins. Je ne saurois décider' là-dessus : mais je m'imagine que, si je vous proposais mes doutes dans une conversation, vous développeriez ce que je ne pourrois démêler qu'à demi. On m'a dit que vous allez donner au public une traduction d'Homère en françaLs. Je serai charmé de voir un si grand poète parler notre langue. Je ne doute point ni de la lidélitéde la version, ui de la magui licence îles vei's. Notre siècle vinis aura obligation de lui faire connoilre la simplicité des nueurs anticjues, et la naïveté avec laquelle les passions sont exprimées dans cette espèce de tableau. Celte entreprise est digne de vous ; mais comme vous êtes capable d'atteindre à ce (jui est original, j'aurois souhaité que vous eussiez tait un poème nouveau , où vous auriez mêlé de grandes leçons a\ec de fortes peintures. J'aimerois mieux vous voir un nouvel Homère (jue la postérité traduiroit, que de vous voir le traducteur d'Homère même. Vous voyez bien que je pense banlemeut pour vous : c'est ce (pii vous coinient. Jugez par là, s'il nous |)lait, (le la grande estime , du goût et de l'inclitiatiou tiès-forle a\ec laipielle je veux élre parfaitement tout à v<»us, monsieur, pour toute ma \ie.

l'il. \u. I»l 1 |IK ('\Mimvi.

* I)i-|iui> lûr'liiial cl iuiiii»lrc.

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