‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 222 sur 271 · io · texte numérisé non relu

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CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE AVEC LA MOTTE

DE LA MOTTE A FÉNELON

Sur lo mèiiio siijot.

faiits, et surtout dans nos vers alexandrins une monotonie un peu fatiguante ; mais je n'en entrevois pas les remèdes, et je vous serai trèsohligé, si vous daignez me comninniqner là-dessus (luchiuos-uiu-s de vos lumiriH-s.

Je suis avec le plus profond et le plus tondre respect, etc.

Paris, 1-4 lîoccinbi'e 171 :

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C'en est fait, je compte sur votre bienveillance , et je l'ai sentie parfaitement dans la lettre que vous m'avez fait lliomieur de m'écrire. Ainsi, Monseigneur, vous essuierez, s'il vous plaît, toute ma sincérité ; je ferois scrupule de vous déguiser le moins du monde mes sentimens. On \ous a dit que j'allois donner une traduction de l'Iliade en vers français, et vous vous attendiez, ce me seud^le, à beaucoup de tidélité ; mais je vous l'avoue ingénuemcnt, je n'ai pas cru qu'une traduction iidèle de l'Iliade pût être agréable en français. J'ai trouvé partout, du moins par rapport à notre temps, de grands défauts joints à de grandes beautés ; ainsi je m'en suis tcim à une imitation trèslibre, et j'ai osé même quelquefois être toul-àfait original. Je ne crois pas cependant avoir altéré le sens du poème ; et quoique je l'aie fort abrégé, j'ai prétendu rendre toute l'action, tous les sentimens , tous les caractères. Sans vouloir vous prévenir, Monseigneur, il y a un préjugé assez favorable pour moi : c'est qu'aux assemblées publiques de l'Académie française, j'en ai déjà récité cinq ou six livres, dont quelques-uns de ceux qui connoissent le mieux le poème original m'ont félicité d'un air bien sincère : ils m'ont loué même de fidélité dans mes imitations les plus bardies, soit que n'ayant pas présent le détail de l'Iliade , ils crussent le retrouver dans mes vers, soit qu'ils comptassent pour fidélité les licences mêmes que j'ai prises pour tâcher de rendre ce poème aussi agréable en français qu'il peut l'être en grec. Je ne m'étends pas davantage, Monseigneur, parce qu'on imprime actuellement l'ouvrage : "vous jugerez bientôt de la conduite que j'y ai tenue, et de mes raisons bonnes ou mauvaises , dont je rends compte dans une assez longue préface. Condamnez, approuvez. Monseigneur^, tout m'est égal, puisque je suis sûr delà bienveillance. Permettez-moi de vous demander vos vues sur la poésie française. J'y sens bien quelques dé-

JV.

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