POÉSIES
ODE A L'ABRii DE LANGEltUN.
DF.SCRIPTiriS nr PHIECRK DE CARENAC *.
Mo>TA(,>"ES ** de (jui l'audace Va porter jusques aux cieiix I- n front d'éternelle glace Soutien du séjour des dieu.x ; Dessus vos télés chenues Je cueille au-ilessus des nues Toutes les Heurs du printeuq)S.
A mes j)ieds, contre la terre , J'entends gronder le tonnerre Kt tomber mille torrens.
• OUf Oik- a i»li' iiii|iriiiii''f linii» t'iSlitimi du T)-l>Miia<|Uf ilaililiff* fil <7I7 |i3r le rlii-«aliiT ilf Raiiitii. Friii-loii la rutii- |MiM PU <CHl. |)rii.|iiii II- »>>juur iiii'il lU fil Pf riB"!*'! • *a|>ri'H ilf l'i-M'iiiir lif Sarlal , »oii utii |i- , i|ui \i-iiuil <l<- lui ri-%i|',iirr If prii-iirf <lf ( jff nsi' , ilaii» If iliiH'<-*f «If Sarlal. Voyf/ Vllml. dr Frit. Ii«. I, n. 'H .
" \.r* iiionlagiir* ilu l'frigiinl nu «MmiI (Viiflon li>r«i|ii'tl coniii<i»a rfllf Otif.
FÉNELON. TOME VI
Semblables aux monts de Thraoe On' un géant audacieux Sur les autres monts entasstr*our escalader les cienx , Vos soimnets sont des campagnes Qui [tortent d'autres montagnes ; Et , s'élevant |tar degrés , De leurs orgueilleuses tètes \ ont allronter les tempêtes De tous les vents conjurés.
Dès (jue la vermeille Aurore De ses feux élincelaus Toutes ces montagnes dore, Les tendres agneaux bêlans Errent dans les [làturages ; Itienlôt lis sombres hiuMu'ts.
l'Iantés le luMg lies rni^M•auv , Et (|ue les -/.épliyrs agitent , Bergers et troupeaux invitent A dormir au bruit des eaux.
Mais dans ce rude pais;ige , ( >ii tout est capricieux
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P(nî:siES.
Et d'une beauté sauvage , Hien ne rappelle à mes yeux Les bords que mon (leuve arrose ; Fleu\e où jamais le vent n'ose Les moindres Ilots soulever, Où le fiel serein nous donne Le printemps api'ès l'automne, Sans laisseï- place à l'iùver.
SolilU(lt> *, où la ri\ièi(' Ne laisse entendre aucmi bruit Que celui d'une onde claire Qui tombe , écume et s'enfuit ; Où deux îles fortunées, De rameaux verts couronnées, Font pour le cliarme des yeux Tout ce que le cœur désire; Que ne puis-jc sur ma lyre Te chanter du chant des dieux!
De zéphir la douce haleine , Qui reverdit nos buissons , Fait sur le dos de la plaine Flotter les jaunes moissons Dont Gérés emplit nos granges ; Bacchus lui-même aux vendantes Vient eiupourprer le raisin , Et du penchant des collines Sur les campagnes voisines Verse des fleuves de vin.
Je vois au l)out des campagnes, Pleines de sillons dorés.
S'enfuir vallons et montagnes Dans des lointains azurés , Dont la bizarre figure Est un jeu de la natui'e :
Sur les rives du canal , Comme en un miroir fidèle , L'horizon se renouvelle Et se peint dans ce cristal.
Avec les fruits de l'automne Sont les parfums du printemps, Et la vigne se couronne De mille festons pendans ; Le fleuve aimant les prairies, Qui dans des îles fleuries Ornent ses canaux divers , Par des eaux ici dorn)antes , Là rapides et bruyantes , En baigne les tapis verts.
Dansant sur les violettes, Le berger mêle sa voix Avec le son des musettes , Des llùti's et des hautbois.
Oiseaux, par votre ramage , Tous soucis dans ce bocage De tous cœurs sont elfacés; Colombes et tourterelles, Tendres, plaintives, (idéles, A'ous seules y gémissez.
Une herbe tendre et lieu rie
M'ollVe des lits de gazon ,
L'ne douce rêverie
Tient mes sens et ma raison :
A ce charme je me livre ,
De ce nectar je m'enivre ,
Et les dieux en sont jaloux.
De la Cour flatteurs mensonges
Vous ressemblez à mes songes ,
Trompeurs comme eux , mais moins doux.
A l'abri des noirs orages Qui vont foudroyer les grands , Je trouve sous ces feuillages Un asile en tous les temps :
I^à , pour commencer à vivre , Je puise seul et sans livre La profonde vérité ; Puis la fable avec l'histoire Viennent peindre à ma mémoire L'ingénue antiquité.
Des Grecs je vois le plus sage *, Jouet d'un indigne sort.
Tranquille dans son naufrage Et circonspect dans le port ; Vainqueur des vents en furie.
Pour sa sauvage patrie Bravant les flots nuit et jour.
0 combien de mon bocage Le calme , le frais , l'ombrage Méritent mieux mon amour !
Je goûte , loin des alarmes , Des Muses l'heureux loisir; Rien n'expose au bruit des armes Mon silence et mon plaisir.
Mon cœur, content de ma lyre , A nul autre honneur n'aspire Qu'à chanter un si doux bien.
Loin , loin , trompeuse fortune ,
* Celle sdliliuli' est 1p prieure de Careiiao, silue sur les liorils lie la Dordoone,
Ulysse.
POICSfKS.
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l-'-l loi l'aviiii' iiii|»oiliiiit' :