‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 232 sur 271 · I.KTTHK A II(t>?lET · texte numérisé non relu

I.KTTHK A II(t>?lET

8 II R I. A i: A M I' A <. N F. Il K I. K II X I 0 .'S Y.

Hkireix , si la prudence N'est plus pour nous un bien !

I ne docte ignonuuc

Kst la seieiii'e Qui , dans la sainte enfance , Sert de soutien.

Ce seroit être sape , I>e prétendre savoir Quel sera le partage

Et l'avantage Que dans le dernier âge

< ►n peut avoir.

0 la sage folie , D'aller sans savoir où !

Sotte pbilosopliie,

Je te délie D'embarrasser la vie

D'un beureux fou.

En cessant d'être sage Je sors entin de toi ; Je quitte l'esclavage

Dur et sauvage D'un moi trompeur, volage,

Pour vivre en foi.

En perdant l'espérance, On retrouve la paix ; L'amour, sans confiance

.Ni déliance , Est l'unique assurance

Pour un jamais.

Amour, de qui l'empire Est rigoureux et doux ; (►n bouIVre le martyre

Sans l'oser dire , Quoique le cœur soupire

Dessous tes coups.

il vit datis cet abime (iii l'amour l'a jeté ;

II ne voit plus de crime ; Bien ne ropjjrime ,

Quoiqu'il soit la victime De vérité.

I>K iiivrlf et (If laurier, de jasmins et de roses, l»e lis, de Heurs d'orange en son beau sein

(•closes , (iermigny se (-ouroime , et s("'mc les plaisirs. Taisez-vous, aquilons, dont l'insoU-nte rage Atta(iue le printemps, caclié dans son bocage; Z('|tliyrs, portez lui seuls mes plus tendres sou-

jiirs.

<( souilles amoureux , allez lan.'sscr Flore ; Qu'en ce rivage beureux à jamais (die ignore La barbare saison qui vient pour la ternir. Loin donc les noii"s frimas, loin la neige et la

glace ; Verdure, tendres Heurs, que rien ne vous efface ! ( > jours doux et sereins , gardez-vous de linir î Que par les feux naissansd une vermeille aurore Le sombre azur des cieux cbaque matin s'y dore ; Que l'air exhale en paix les parfums du printemps; Que le fleuve , jaloux des beaux lieux ipiil

ari'ose , Leur garde une onde pure , et que jamais il n'ose Abandonner ses flots aux caprices des vents. Hiver, cruel hiver, dont frémit la nature, Ah! si tu flétrissois cette vive peinture! ll.îtez-vous donc , forêts, montagnes d'alentour. Défendez votre gloire, arrêtez son audace; Tremblez, nymphes, tremblez, c'est Tempe

qu'il menace; Des gnkes et des jeux c'est le riant séjour.

Voilà, Monseigneur, ce (|u'mi de mes amis vous envoie ; il vous prie d'en faire part à (iermigny pour le consoler dans les disgnkes de la saison. Nous avons reçu votre lettre, partie de Meaux le même jour que vous étiez parti de Paris. N(»us avons senti et admiré sa diligence. (Ml travaille à proliler de l'avis. Je saurai de M. l'abbé Kleury s'il travaille à la traduction , pour ne mettre point ma faux en moisson étrangère. Je ne sais aucune nouvelle. Ce n'en est pas une de vous dire , Monseigneur, ijue je suis tout ce que je dois être, et que je n'oserois dire, à cause que vous avez défendu à me;, lettres tout compliment.

l'iint , (liiiuuibo 7 (loccuibrv 1081 ou 16»'.

POÉSIliS.

SOUPIRS nu POETE p o r R LE n E T o r u ni: r n i n t e m p s.

Bois , fontaines , gazons , rivages enchantés. Quand est-ce que mes ycnxrevciTonlvosl)cautés, Au retour du pi'intcnips , jeunes et refleuries? Cruel sort qui me lient ! que ne puis-je courir?

Creux vallons, riantes piairies,

Où de si douces rêveries A mon cœur enivré venoient sans cesse oOVir Plaisirs purs et nouveaux, qui ne pouvoient tarir ! Hélas! que ces douceurs pour moi semblent tai'ies! Loin de vous je languis, rien ne peut me guérir;

Mes espérances sont péries ,

Moi-même je me sens périr.

Collines , hâtez-vous , hâtez-vous de fleurir Hâtez-vous , paroissez , venez me secourir. Montrez-vous à mes yeux , ô campagnes chéries ! Puisse-je encore un jour vous revoir, et mourir.

FABLE

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