‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 235 sur 271 · PRÉCIS DU LIVRE II · texte numérisé non relu

PRÉCIS DU LIVRE II

L'aurore commençoità peine adorer l'horizon, que le fils d'Ulysse se lève, prend un babil magnifique, met sur ses épaules im baudrier d'où pendoit une riche épée , et , sans perdre un moment, donne ordre à ses hérauls d'appeler les Grecs à l'assemblée. Télémaque se rend au milieu d'eux , tenant au lieu de sceptre une longue pique. Minerve avoil répandu sur toute sa personne une grâce toute divine ; les peuples^ en le voyant paroitre^ sont saisis d'admiration.

Le héros Egyptius parla le premier ; il étoit courbé sous le poids des années, et une longue expérience l'avoil instruit. Peuples, dit-il en élevant la voix, peuples d'iihaque^ écoulez moi. Nous n'avons vu tenir ici d'assemblée ni de conseil depuis le déparldUlysse ; qui esldonc celui qui nous assemble'^ quel pressant besoin lui a inspiré cette pensée i^ Qui quece soit, c'est sans doute un homme de bien ; puisse-t-il réussir dans son entreprise , et que Jupiter le favorise dans tous ses desseins !

Télémaque, touché de ce souhait qu'il prit pour un bon augure, se lève aussitôt, et lui adresse la parole : Sage vieillard, celui quia assemblé le peuple n'est pas loin de vous : c'est moi , c'est le fils d'Ulysse ; c'est dans la douleur que me cause l'absence de mon père et le désordre qui règne dans son palais, que je vous ai lous appelés. Je vous en conjure au nom de Jupiter Olympien et de Tbémis qui préside aux assemblées, opposez-vous aux injustices que j'épi'ouve et qui me ruinent. Il parle ainsi, le visage baigné de pleurs, et jette sa longue pique à terre pour mieux marquer son indignation. Le peuple en paroît ému ; les princes demeurent dans le silence. Anlinoiis est !e seul qui ose lui réijoni.ire :

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