‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 236 sur 271 · I.'nDYSSKK. IMU-'CIS lil l.lVl;i; III · texte numérisé non relu

I.'nDYSSKK. IMU-'CIS lil l.lVl;i; III

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Tc!t'mat|ue, qui ti-inoi^ni'/ dans vos discours lanl do liiuleur t'i irauilaii- , que vimua-vous de dire pour nous disliouoroi ? Ce ne sont poiiii les amans de la rciue voUc mèie (|ui siuil «;iust' de vos malheurs ; c'est IViii'Iope elle-uicuie, qui n'a recours qu'à des arlilit-i's pour nous amuser. Ueiivoyez-la du/, sou père le.ire ; cnnage/.-la à se déclarer pour celui de nous (ju'ello clioisira el qu'elle trouvera plus aimatde.

Il iiesi pas possible), répondit lesageTéléniaque, que ji' fassi" sortir par force de mon palais celle (|ui m'a donné le jour , el (pii m'a nourri elle-même. Me pourrais-je mettre a couvi-rl de la venjreanee des d;tu\, après ipiema merecliassee de ma maison auroit invoipie les reduutables Furies '.' l'ourroisje éviter l'indi;;nation de tous les hommes (pii s'éléveroienl contre moi ".' Jamais un ordre si cruel el si injuste ne sortira de ma bouche.

.aussitôt il parut deux aifîles dans les airs, «pii pi iiièrtut qu<'lque tempsau-dessus de 1 asseinhlei- ; ils semlili>ient arrêter leurs re^anls sur toutes les léies des poursuivaiis, et leur annoncer la morl.

l,es (Jrees en furent saisis île Irayenr. F.e vieil- 1 iril llaiiiherse, qui surpassoii en expi'rience tous ceux d.; son âj,'e pour discerner le vol des oiseaux, et pour ex[d:quer leurs presaj^es, leur déclara que les aiiîles jirouosliquoient le retour prochain d lîlysse et la punition terrible des poursuivans de Pénélope.

Euryinaqiie lui répondit, en se moquant de ses menaces: Vicillaril, retire-toi; va dans ta ntaison faire ces |)rei!iciions à tes enlans : je suis plus capable que toi de prophétiser et d'expliquer ce prétenlu pro lige. Si, en te servant des vieux tours que ton |,'rand âge t'a appris, tu surprends la jeunesse du prince pour l'irriter contre nous, crois-tu (|ne nous ne nous tu vengerons point ? 1-e seul «•oiiseil que je j)uis doimer à Télémaque, c'est d'obli|.;er sa mère à se retirer chez son père.

Ce seroil à vous à vous retirer, répondit prudemnieiii le (ils d'Llysse. Mais je ne voiisen i)arle plus ; je vous demande seulement un vaisseau avec viiif^l raiiii'urs (pii me nièiienl de coté et d'autre sur la vaste mer : j'ai résolu d'aller à Sparte et à Pylos pour apprendre des nouvelles de mon péie. Si je suis assez heureux pour entendre dire (|n'il est encore en vie et en eial de revenir, j attendrai la conlirmation de celte nouvelle une année entière avec toute l'inquiétude d'une attente toujours douteuse. .Mais si j'appremls cert.tiiieinent <iu'il ne vil plus, je reviendrai dat;s ma cher*' pair i(;, je lui élèverai un^upe.'be tombeau , je lui ferai des funérailles ma^iiiliques , el j'obi^jerai ma mère à se choisir un mari.

Dès(|ue Telemaque eut achevé de parler. Mentor se leva , c'etoil un des plus lilcb-s unis d l 'vsse. Celui a qui, en s'embai(|u;<ni pourTioie, il avoii conlié le soin de toute sa maison.

Kcoutez-moi, dit-il an peuple d'Ithaque: (|uel esl le roi qui désormais vomlia être nuidére, clément el juste !' Il n'y a donc parmi vous personne qui se souvienne du s.t^re el ilivin I lysse, personne qui n'ait oublie sis bienfaits'.' (juoi ! vous (gantez tous un honteux silence ? vous n'avez pas le coura},'e de vous o|»poser, au moins par vos (laroles , aux iiiiiisiiies de ses ennemis''

Que veuez-vous de dire, impudent Mentor ;' lui

répliqua I.i-ocrite ; troyez-vous qu'il soit si facile de s'opposer aux poursuivans de l'eiiebtpe ';* llyssc lui-même, s'il rcntreprenoii a son retour, reussiroil-il à les chasser de son pal.iis'.' Ndiis avez <lonc parlé contre toult; raison. Mais que le peuple .se 1 étire; et vous, Menlor, préparez avec llatitberse , voire ami et celui «l'ilysse, tout ce qui esl nécessaire pour le départ de 'l'elemaquc.

Ce jeune prince sortit avec tous les autres de l'assembh'»' , et s'en alla seul sur le rivage- de la mer : après .-'eue lavé les mains ilaiis l'oiid.î .salec, il adre-sa a Miiierv»' une humble cl lendre prière ; la dt'esse, touchée de sa <<mliaiiee, piii l;i li;,'ure'de Menlor, et lui dit en s'approc liant de lui : l.aissiz là les complots el les mat biiialious des amans insensés île votre mère ; ils n'ont ni prudence ni justice; ils ne voient pas la |iuiiilioii terrible qui les attend. I,e v(»va;;e que vous méditez ne sera pas lon^' temps dilleré ; je vous e<|ui|terai un vaisseau et je vous accompagnerai : retournez donc daiis votre palais, vivez ave«- les princes à votre ordinaire, el pré|)arez cependant les provisions eloni vous avez besoin.

Dès que i'eléin'.ique paioit, Anlinoiis l'atlarpie , el ose le plaisanter sur le discours qu'il avoii liii à l'assemblée, el sur le projet de son voyage. Teléinaqne y répond avec brmeté, et même avec menace : mais les poursuivans s'en moi|nenl, et ne son^'enl qu'à se divertir. Le jeune prince les quitte, et va trouver turyclée{|ui l'avoit élevé ; il lui ordonne d'ouvrir les celliers d'ilysse dont elle avoil la },'arde ; el après lui en avoir demandé: le secrel avec serment, il communiq;ie a sa nourrice le projetdeson vo\a^'e , et lui recommaiide de préparer en dili^'eiice le vin, la larine, Ibuile el toutes les |)rovisions dont il vouloil cliatj.'er son vaisseau. Minerve, pour en faciliter le transport , ainsi que l'évasion de Teleinaijiie, verse un doux el profond sommeil sur les paupières des poursuivans de Pénélope. On charge le vaisseau bien équipe de tout ce qui esl nécessaire pour le voyaj^e ; on s'embarque ; Minerve, sous la 'injure de Sientor, se place sur la poupe ; Telemaque s'assieil auprès d'elle ; on délie les càbUs ; les rameurs se mettent sur leurs bancs ; les voiles sont deplovees, el le vaisseau lend rapidement le sein de l'humide plaine.

l'iu-.c.is iH iiviu: m.

Lk soleil sorloil du sein de l'onde, el comnunçoil à dorer I horizon, lorsque Telemaque airiva à la célèbre Pvlos. I,es Pylieiis imiiioiitient re juur-là i\v> taureaux noirs a \eptune. On avoil deja (loiiié des entrailles et bi l'île les cuisses des viilinies sur I aut>-l, lorsijue le vaisseau entra sur le port. Teleinaipie di sceii i le premier ; el Minerve, sous la (iljuretle Menlor, lui adresse ces paiules : Prince , il n'est |ilus ti-nips d'être reltnu par la honte; allez donc aborder iNeslor avec une hardiesse noble et modeste.

(Comment, répondit Telemaque, irai-je aborder le roi de Pylos 1* (!ommenl le saluerai-je :• Vous ^avez que j'ai peu d'expérience, que je inaiique de la sagesse uéccssairc pour parler à un bummo

L'ODYSSÉE. PIJÉCIS DL LIVRE IIL

comme lui. I,:i bienséanc.^ poimot-ello à nu joiine homme de faire dos (lucsiioiis à un i)rin('e de tôt

Téiomaf|iie, reparlil ;\liiiorvo, vous liotivoroz de voiis-mèmo une partie de ce qu'il faudra dire , ol l'aiilie partie vous sera inspirée par les dieux, dans ([ui vous devez mettre votre conliance.

En aolit'vant. ces mois, la déesse s'avanee la première : Téléma(!ue la suit. Los Pviious ne Us ourom pas plus tôt aperçus, (pi'ils allèronl au-devant d'eux. Pisislraie, lils aine de ÎVostor, fut leiir.niior qui, s'avançanl, piil les deux étraiij;;ors parla main, el les plaça entre sou père et son frère Tlirasymède. D'ahord il leur présoula une partie des eiitrai les des vioiimes, el remplissant de viu nue eoupe d'or, il la donna à Minerve, el lui dit : Ktraujrer. failes voire prière au roi Neptune, car e'esl à sonfosliu que vous êtes aiimisà votre arrivée: vous donnerez ensuite la eoupe à votre ami, afin qu'il fasse après vous ses lihilions et ses prièrtîs ; ear je pense qu'il est du nombre de eeux qui reconnoissent les dieux , il n'y a point d'homme qui n'ait besoin de leurs secours: miisje vois (|u'il est plus joune que vous; e'est pourquoi il ne sera point fâché (|ue je vous donne la eoupe avant lui.

IMiuerve voit avec piai.ir lu prudence el la justice de ce jeune prince; et après avoir invoqué Neptune, elle présente la coupe à Télémaque, qui fit les mêmes supplications.

Quand la bonne chère eut chassé la faim, Nestor dit aux Pylious : Présonloment que nous avors reçu ces eiranijers à notre table, nous pouvons, sans manquer à la déc.noe, leur demandtr (|ui ils sont, et d'où ils vionnent,

Télémaque répomlit avec celle fermelé moibste que lui inspiroit iMinerve : Nestor, (ils de Mêlée, cl le plus liiand ornement delà Grèce, vous deM!;uidez qui nous sommes. Nous venons de l'iled'iihaqiie ; je suis fils d'Ulyssse , qui, comme la renommée nous l'a appris, combattant avec vous a saccagé la ville de Tioie. Le sort de tous les princes qui oui porté les armes contre les Troyens nous est connu. Llysse est le soûl dont le fils de Satun e nous cache la" triste .ieslinée. ,1'embrasse donc vos fi;onoux pour vous supplier de ni'apprendre ce ([i,c vous en savez. Que :ji la compassion, ni aucurj ménagement, ne vous engsgeni à me fliiiior. Si jamais mon père vous a beureusenicnt srrvi de son épée on de ses conseils devant les murs de Troie, où les Grecs ont souffert tant de maux, je vous conjure de nie dire la vi-riié.

Que vous me rappelez de tristes objets! lui répondit Nestor. Plusieurs années sufiiroient à peine à fiire le détail de tout ce que les Greos ont en à soutenir de maux dans cette guerre fatale: il n'y avi<it pas un seul homme dans toute l'armée qui osât s'égaler à Ulysse en prudence; car il les surpassoil tous, personne n'éloit plus fécond en lessources. Je vois bien que vous êtes son (ils : vous me jetez dans l'admiration ; je crois l'entendre luimême.

Pendant tout le temps qu'a duré le siège, le divin Llysse ol moi n'avons jauiais été d'un'avis différent, soit dans les assemblées, soit dans les coiiseils ; mais, animes d'un môme esprit, nous avons oiijaurs dil ai'x Grecs ce (|ui pa.''oi?so!l devoir asu rer lesuccès de noire enireprise.

Après que nous eûmes renversé la superbe lliou, et partagé ses dépouilles, nous montâmes sur nos vaisseaux ; l;i discorde ol les tempêlos nous séparèrent, .le poursuivis ma route vers Pylos , cl j'y ariivai liourouseuient avec les miens, sans avoir pu appron Ire la moindre nouvelle de plusieurs de mes autres illustres compagnons : je ne sais pas même encore certainement ni ceux d'entre eux qui se sont sauves, ni ceux qui ont péri.

Nestor lui raconle cnsuile l'histoire el b s mall)oins de beaucoup de princes grecs ; il insiste princilKiloniont sur la fin tragique (l'.\gamomneti el sur la veng» ance d'Oreste.

\h ! s'écria Télémariue, je ne demanderois aux dieux, pour toute grâce, (jue de pouvoir me venger, comme Orosle, de l'insolence des poursuivans de ma mère. Faudra-t-il que je dévore toujours leurs allronls, quchiue durs qu'il me paroissont !

Mon cher fils, repaitit Nestor, puis(|ue vous me faites ressouvenir de certains bruits sourds que j'ai entendus, apprenez-moi donc si vous vous soumellez à eux sans vous opposer à leur violence. Si IMinerve vouloit vous protéger, comme elle a protégé voire père pendant qu'il a combattu sous les murs de Troie, il n'y auroit bientôt plus aucun de ces poursuivans qui lui en état de vous inquiéter. ,1e n'ai garde, dil Télémaque, d'oser me (lalter d'un si grand bonheur ; car nies espérances seroient vaines, quand les dieux mêmes voudroieut me favoriser.

La douleur vous égare, repartit IMicerve. Quel blasphème vous venez de pr<uioncer ! Oubliez-vous donc que les dieux , quand ils le veulent , peuvent triompher de tout et nous ramoner des extrémités de la terre ?

Quittons ce discours, cher Mentor, reprit alors Télémaque, il n'est plus question de m(tn père ; les dieux l'ont abandonné à sa noire destinée ; ils Toni livré à la moit. Dites-moi, je vous prie, sage IN' sior, comment a été lue le roi Agamcîiiuon, où éloil son hère IMénélas, (juelle sorte de piège lui a tendu le perfide Egislbe ; car il a tué un homme bien [>!us vaillant que lui.

Mon fils, lui répondit Nestor, je vous dirai la vérité. 11 lui raconle tout ce qui est arrivé à Agamiimion depuis son dépari de Tioie, sa fin malheureuse, le houleux îriomplie d'Egislhe et de Clyteinnestre, el la mort de ces trop célèbres coupables. Apprenez d'Oreste, ajouta-t-il en finissant, apprenez ce que vous devtz faire contre les fiers lioursuivans de Pénélope. Rtlourncz daiis vos Etais: mais je vous conseille el vous exhorte à passer auparavant chez Ménélas; peut- être pourrat-il vous dire des nouvelles de votie père; il n'y a pas long- temps qu'il est lui-même de retour à Lacédémone.

Ainsi parla Nestor; el Minerve, prenant !a parole, dit à ce prince : Vous venez de vous exprimer à votre ordinaire avec Iteaucoup de raison , d'éioqui-nce el de sagesse ; mais u'est-il pas temps que nous songions a aller prendre quebiue repos P Déjà le soleil a l'ail place à la nuit ; cl convienl-i! d'être si long-temps à labié, .".ux sacrifices des dieux ? Perineilez-nous donc de retourner sur notre vaisseau. Non, non, reprit Nestor avec quelque chagrin ; il ne sera jamais dil que le fils d'Llysse s'en aille coucher sur son bord pendant que je vivrai ,

i;niiv>,s|,i.. l'Kij.is \n i.i\i;i: i\

el que j'aurai cIk'z moi des enfans en éuil de reeevoir les lioies (|ni me femul l'Imuiu-ur de venir da:is n)()n palais.

Vous avi'zrais(in,s:»g«; N('«.ior,ri'|u»nilil Minerve . il »sl jii>le (|ue Teloniaque vous nheisse, il vous suivra ilonr. el |>rt>lil<'ra de la j;ràee que vous lui faites. Pour moi , je m'en retourne à noire vaisseau, pour rassurer nos (-(impa^n'ins , el U-ur donner !« s <.rdri*s ni'iessairi-s ; <ar , dans lounla troupe, il n'v a triionim)* â^v (pie moi ; tous IfS aulrrs sont des ji'uiH'SHi'ns <|uioiil suivi Tili-iiia(|ue par rattarlieun-nt qii ilsont pour lui. (Icmaiii vous lui d4)uner*-7. un iliar avee vos meilleurs elu-vaux , Cl un de vos (ils . pour le e(Uitluire <li< r .Mciulas.

Eu aihcvani e*.» mots, la lillc de .liipiier dis|aroil sous ta forme d'une eliouetlf. Nestor, rempli d'aitmiration, prend la main de Tolemaque , et lui dit : Je ne doute p.is. mon lils, cjU" vous ne soy< z un jour un };rnd ptrsonnaj;i' , puisipie si jeune eneorevous avez déj i dts dieux pour eondui teurs : el quels dieux ! e't M Minerve elle-même. (Jtaiii)e déesse, sovez-no;is l.ivoralde : des d«-main j'immolerai sur votre autel une génisse d'un an, qui n'a janiai> porte le jouj:, el dont je lerai dorer les cornes pour la rendre plus a;:realile a vos yeux.

La déesse «-eouta ravoralilemeiit eette prière; ensuite le veueralile vieillard, mareliantle premier, conduisit dans son palais ses (ils, ses g-ndres el son Ilote. Il lu coucher Teleuiaijue dans un beau lit, Sous un portique, tl voulut que le vaillaul Pisislraie, le seul de ses (i's (jui netoit jias eneore marié, couchai près de lui pour lui laire honneur.

Le len lemain, dès que l'aurore cul doré l'horizon ; .Nfstor se leva sortit de sim appartement , et alla s'asseoir aux portes di,' son palais sur îles sièges de pierre hiandie el ptdie. Toute sa lamiile s'v rendit avec Telemaqne. Quand il Ifs vil tous rassembles : Mes eliers eidans,leurdit-il, exeeul<z promplenu-nl ni's ordres pour le sacrifice (ju»' jai P'om;sde faire à Minerve, llsub' issent : on anu-ne, on imntole la victime. Quand les viandes lun ol bien tolies. oiise milàtable; et des jeunes hoiiiuies bien (ails preseulereiil le vin ilans d»s coupes d'or. Le repas tini, Nestor prit la parole et dit : Mes enfans, alU z proiuplennnt atteler un char pour Tèlemaque : clloi-l.^sez eues nu illeurs chevaux 'loiil fit prêt en un instant ; le char s'avance ; la femme qui avoil soin de la dépense y met les piovisions les plus exquises. Teleniaque monte le pieinier ; Pi>i>liale, lils de .N-slor, se place a ses cotes , el, preiiinl les rênes, pousse ses ^.'entreux coursiers , qui, plus levers que le vent, s'eloijjneiil des portes de Pylos, volent dans la plaine, el marchent sans s'arrèler.

pHi^:cis hi i.ixui. i\.

TF.LKMvyiK et le li's du sape Nestor arrivent à Laeedeinone, qui est ••n\iro:inee de hautes moiitapues : ils entrent dans le palais de Meiielas, el irduveul ce prince qui célebroil dans !«• même jour les noc-s de son lils el celles de sa fille ; car il nianail sa (illc llunniuuu a Néoplolciue , Uls d'A-

chille: il la lui avoil promise dès le leinps qu'ils ètoienl encore devant Tioie. Pour son (ils uniipo' , le vaill lia Menapeiitlie. il le manoila une princesse de Sp \rle même, a la fille d'Aleclor. Memias etoii à laide avec ses amis el ses voisins. Le palais retentissoit de cris de joie , mêles avec !■• son des inslriri.ens, avec la \oi\ etav.c 1.: bruit iks danseurs.

Kli'onée. un des piiiuipiux oOiciers de Miiulas, va demander à ce prii.ce s'il doil dele'er le char ou prier les étrangers d'aller cheri lier ailleurs l'Iiospilalile. .Surpris de celle deniaiule, Meiiclas lui «lit. en se raj pelant ses lon;;s vova^es: N'ai-je point eu ^'raud besoin moi-méiiie de trouver l'Iiofpitaliledans tous les pays que j'ai traversés pour revenir dans uns Ktais '.* Allez donc sans balancer, allez pnunptenient recevoir ces etran^'ers el ks amener a iii.i lalile. Eleonée part sans n-pliquer ; les es<lavtsdiiellenl les chevaux, cl Ion conluil les deux princes dans des avparteniens d'itiif rich sse éhloui-is.inte ; on les lait pisser ensuite dans des bains; on les lave; on Usj.arlunie d'es»ences, on leur donne les plus b. aux habits ; on les mène à la salle du festin , ot'i ils furent places auprès du IU»i, surde riches sièges a marche-pied ; on dressa des lablt s devant eux ; on leur .servit dans des bassins toutes sortes de viandes, el l'on mil prcs d'eux des coupes d Or.

Alois Ménelas, leur li ndaiit la main, leur parla en ces termes : Soyez les bienvenus , mes hôtes ; mangez , recevez agréabUnienl ce que nous nous faisons un plaisir de vous offrir : après votre repas nous vous demanderons qui vous êtes, quoique votre air nous !<' «lise déjà ; des hommes du conin?un n'ont pas des eufins faits comme vous.

En achevant ces mots, il leur servit lui-même le dos iruii bii'id roli qu'on av(dl mis devant lui colline la poilion la plus honorable. Teleinaque . s'apiirochant de l'ori ille du fils de Nestor , lui dit loul bas , pour n'être pas entendu de ceux qui etoient à table: Mon cher Pisistralt; , prenez-vous jiarde a l'éclat et à la nnjînilicence de ce palais '/l'or, l'airain, l'ar^'enl, les métaux les plus rares et l'ivoire y lirilleiit de tontes parts. Ou. Iles richesses inliiiit s ! j.' m; sors point d'ailmiraiion.

Méiu las r. ntendit, et lui dit : Mes enfans, dans les ^ran.is travaux que j'ai essu)és, dans les lunjçiiis courtes que j'ai faites, j'ai amasse beauciMip de bien q le j'ai c)i ir^; > sur mes vaisseauxinais, pendant que II s vents contraires me lonl errer dans tant de r« liions tdoi;iii es , et que, incilanl à profit ces courses involontair.s . jamas>e de grandes richesses , un iraitre as>ass:iie mon (leie dans son pa'ais, de conceit avec son abominable femme, el «e souvenir empoisonne louUs mes jouissances. PliUaux dieux que je n'eusse que l.i troi>ieiiie parlie des t;rand-> biens que je possède, el beaucoup moins encore, et que mon frère, el ipie loiis ci ;ux q;ii ont péri devant llion". fussent encore en vie ! leur ninrl est un };iand suji l de il-tuleur pour moi. De tous res grands hommes il n'y en a piunl dont la perte ne me suit sensible : mais il y en a un surtout «loiit les malheiiis me louclieiil plus que ceux di s autres. Ouandje viens a me souvenir «le lui , il m'empêche lie coûter les douceurs du sommeil , il .1 tab'e niedeviento lieuse : car jamais homme u'a bouilcil lanl de peines, n- soutenu tant de ira-

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