L'ODYSSÉE. PRÉCIS DU LIVRE XVI
nidii lils ^li'iiniKMillio ce que je pourrai vous oiïrir (If plus précieux cl de plus propre à me rîtpjwler à voiie souvenir.
lis rt'vieniu iil bienlot lous Irois , el IMéiiél:is oIVre à Teléui. ipio une coupe d'ariienl , el dont 1rs Itords sont de l'or le plus fin : e'cloil un clield'uMivre de l'arl, el l'ouvrai^e de Vuleain même. Mi'ttapenllie niel ensuile à ses pieds une urne d'ariient , el la belle Hélène lui presenle un voile merveilleux qu'elle avoil lail elle-même. 11 vous servira, lui dil-elle , elier Teléniafiue, à orner la princesse (jue vous épouserez. Le jeune piince le reçoil avec reconnoissanee, el ne peul se lasser d'en admirer l'élej^ar.ce el la richesse. Il moule sur .son cliar, cl dit à ses illustres hôtes en les quiltaiit : Plaise aux dieux ([u'à mon arrivée je puisse trouver mon père , et lui conter lonles les niar(]i:es de honte et de i!;énérosilé doni vous m'avez eomhlc !
En Unissant ces mois, il pousse ses coursiers, et, après avoir passé chez Diodes, ils arrivent aux portes de Pvlos. Alors Telémaque dit au lils de Nestor : Vous m'aimez, cher Pisislrate ; vous savez «îonibien il est important pour moi d'arriver à Ithaque : soullrcz donc (pie je me rende toul de suite à mon vaisseau. Je connois Nestor el toute sa générosité : je suis incapable de lui résister; il voudra me retenir, et le muindre délai pourroit me devenir lunesle.
Pisislrate cède à la prière de son ami ; il le mène sur le rivage: Transportons vos présens , lui dit-il, sur votre vaisseau ; montez-y vous-même ; partez sans différer; éloignez- vous avant que mou père sache noire retour, car il viendroil lui même s'il vous savoit ici, et vous forceroil à piolonger votre séjour.
Au moment que Telémaque fiuissoil le sacrifice qu'il offroit à Minerve sur la poupe, pour implorer son secouis , il se présente à lui un étranger obligé de quilier Argos pour un meurtre (pi'il avoit commis : c'étoil un devin , descendu en droite ligne du célèbre iMelampus, (pii demeuroit anciennement dans la ville de Pylos. 11 y possédoil de grandes richesses el un superbe pillais , que l'injustice el la violence de Néiée, son oncle, l'avoient obligé d'abandonner. Ce preiiiicr ma'heiir le précipita dans beaucoup d'autres; il en tait à Telémaque le liisle récit: ce jeune |>rince en est touché , se découvre à lui , lui déclare son nom , sa pairie, consent à le recevoir sur son vaisseau, el le fait asseoir aui)rès de lui. Ou dresse le mal ; on déploie les voiles ; on se couche sur les rames; el, à l'aide d'un vent l'.ivorable envoyé par Minerve , on fend ra[ti(h.Mnent les (lots de la mer : ou passe les courans de Cruius el de C.halcis ; on :irrive à la hauleur de Phée ; on côtoie l'E'i !e près de l'embouchure du Penée ; el alois, au lieu de prendre le droit chemin à gauche entre S;tmoset Ithaque, Telémaque l'ail pousser vers bs Iles appelées Pointues, qui loin itnliodes Kcliiii;tiies , pour arriver :"i llhaipie par le côté du sepiculrion, el éviter par ce moyen re;i;buscade qu'on lui dressoil du côlc du midi , dans le détroit de Samos.
Pendant ce temps-l.i , Ulysse el Kunu'e éloient à lab e avec !cs bergers, lilysse , pour éprouver le chef de ses pasleurs , parut craimlre de lui être à charge , et lui demanda le chemin de la ville pour y aller chercher de quoi vivre. Eh ! bon homme ,
lui dil Enmée en colère, avez-vous donc envie de périr :i la ville sans aucun secours '.* quelle idée de vouloir vous présenter aux poursuivans, cl de compter sur voire dexiérilé el votre adresse;! Vraiment les esclavi s (|ui les servent ne sont pas laiis comme vous; ils sont lous jeunes, beaux el Irèsmagniliiiuemenl velus. Demeurez ici , vous n'y èles point à charge; (|uaml le fils d'Ulysse sera de rel(Mir, il vous donnera des habits tels que vous devez les avoir, cl vous fournira les moyens d'aller partout où vous voudrez.
Ulysse, charnu'! de ces marques d'affection, en remercie le bon Eiimée. Il lui demande ensuite des nouvelhs de sa mère , de Laèrie son père, el lui fait raconler son origine; à lui-même, el par quel malheur il avoit été réduit à l'esclavage. Eume-e saiislil avec plaisir à loules les denuindes d'Ulysse; el celui-ci , apiès l'en avoir reiiit-rcié , le féliciia d'êlre lomh<; entre les mains d'un maître qui l'aimoit et qui huM nissoil abondamment A ses besoins.
('epeiidant Téh'uiaque et ses compagnons abordenl au rivage d'Iihaque. Le jeune prince descend à terre, cl leur recommande de ramener le vaisseau dans le port de la capitale : .Je vais seul , leur dit-il, visiter une terre que j'ai près d'ici , el voir mes bergers; je vous rejoindrai après avoir vu comment tout s'y passe. Alors le devin Théoclymène lui demanda où il iroii, el s'il pourroit prendre la liberlé d'aller toul droit au palais de la Heine. Dans un auire temps, lui répondit Telémaque, je ne soulïVirois pas que vous allassiez ailleurs; mais aujourd'hui ce f^eroit un parti trop d ngereux. Comme il disoit ces mois , on vit voler un vautour, qui est le plus vite des messagers d'Apollon ; il tenoil dans ses serres une colombe. Théoclymcne. liranl alors le jeune prince à l'écart, lui déclare que c'est un oiseau des augures , cl qu'il lui prédit (ju'il aura toujours l'avantage sur ses ennemis.
Que votre prédiction s'accomplisse, Théoclymène, lui répondit Telémaque, vous recevrez de moi dts présens considérables ; en attendant je charge Pirée, fils de Clylius , de prendre soin de vous , et de ne vous laisser manquer d'aucune des choses que demande l'hospitalité.
Apres ces mots, le lils d'Ulysse se met en chemin pour aller visiter ses nombreux troupeaux, sur les(|uels le bon Eumée veilloil avec beaucoup d'aileniion el de fidélité.