‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 257 sur 271 · L'ODYSSÉE. PRÉCIS DU LIVRE XX · texte numérisé non relu

L'ODYSSÉE. PRÉCIS DU LIVRE XX

je no soiifliiiai pas tiue <os jtiuios fiinnies me rcn ieiii les services ([ne vmis cNij,'!/. d'olles.

Recevez-les du n:oiiis, lui ilil Pein'lope, (l'Eut vclée, la nourrice de mou clier t'i inlDrluiié riysse : vous m'avez inspiré un vorilali'.e iiitéièt , cl de lous les étranj^eis (|ni sonl venus dans mon palais, il n'y en a point (]ui aient ma!(|Uit dans leurs discours et dans leuis leiions laiii de veiiu et tant de sagesse Allez donc, dit-elle a lùiiyelce, allez laver les pieils do (Ol hôte qui paroil de même àjjo (|ue mon eiier |)riiice : je m imajjine <|u l iysst^ est lail comme lui, ci dans un elal aussi pitoyable; car les hommes dans la misèie vieillissenl prompienieni.

Ali ! s'écrie alors Eurydce , c'est son absence qui cause lous mes eliajjrins. Seroii-il l'ohjel de la haine do Jupiter, nialgié sa piéiél'car jamais prince n'a olVerl à ce dieu lanl de sacridces, ni des liéealoml)es si parl'ailes. Je vous l'avoue^ pauvre élianger, mali;ro voire misère vous me causez de grandes agitations : je n'ai vu personne qui ressemblai à IHyssc autant que vous; c'csl sa taille, sa voix, loule sa démarche. Vous n'èles pas la seule, lui dil Ulysse , (jui ayez été l'rappée de celle ressemblance.

Euryclée pi il alors un vaisseau; et lorsqu'elle lui lava les pieds , elle le reconnut à une cicalrico qui lui resioil d'une blessure <[ue lui avoit laite un sanglier sur le mont Parnasse, où il éloil allé chasser autrefois avec le fils d'Aulolycus , son aioul malernel , père d'Anliclée sa mère. Ulysse, se jetant sur elle, lui mil la main sur la bouche, et de l'autre il la lira à lui , el lui dil : Ma chère nourrit e , gardez-vous de parler, vous me perdriez , el je m'en vengerois. Ah ! mon ch-^r lils , répondilelle, ne connoissez-vous pas ma (iléliié el ma constance? Je garderai votre secret, et je serai aussi impénélrable que la pierre la plus dure, (luele 1er même.

Après qu'elle eut achevé de laver les pieds d'Ulysse, et qu'elle les eut frollés et parfumés, il s'approcha du feu pour se chaufi'er. Alors Pénélope lui dit: Je ne vous demande plus qu'un moment d entretien, car voilà bientôt riieure du repos pour ceux que le chagrin n'empêche pas de goiiler les douceurs du sommeil : pour moi je ne puis presque plus fermer la paupière. Comme la plaintive Philomèle pleure sans cesse son ch.'r Iiyle, qu'elle a lue par une cruelle méprise, moi-même je pleure sans cesse, cl mon esprit est agité de pensées tristes ei diverses : des songes cruels me tourmentent, el il faut que je vous raconte le dernier que j'ai eu. J'ai dans ma basse cour vingt oisons domestiques que je nourris , el que j'aime à voir : il m'a semblé qu'un aigle est venu du soinmel de la montagne voisine foudre sur ces oisons, et leur a rompu le cou; puis, avec une voix articulée comme celle d'un îiomme, il m'a crié de dessus les créneaux de la muraille oîi il êtoil allé se poser : Fille d'Icarius, prenez courage, ce n'est pas ici un vain songe; ces oisons ce sont les poursuivans, et moi je suis voire mari qui viens vous délivrer et les punir.

Grande reine, reprit Ulysse, n'en douiez pas, la mort va fondre sur la tête des poursuivans ; aucun d'eux ne pourra se dérober à sa cruelle destiDée.

Hélas! dil alors Pénélope, rien de plirs incerlain (jne les songes , et je n'ose me llaller (jue le mien s'accomplisse. Le jorrr tie demain esl le niallieui eux jour (jui va m'arrachor dt; celle denu'ure : je vais proposer' un cornbal dont je serai le prix ; celui ([ui se servira le mierix {\o l'arc d Ulysse, el fera passer ses llcehes dans des bagues suspendires à doeze piliers , m'emmènera avec, liri^ el pour le sirivre je (luillciai ce palais si riche , où je suis venue dès ma première jeuircsso ^ el dont je ne perdrai jamais le soitvenir, nrcme darrs nres soirges.

Ulysse, plein dadmiralion pour la prudence de Pénélope, l'exhoile à ne pas dillérer de proposer ce combat; car, lui dit-il , voirs verrez plutôt votre mari dcrelaur (jue vous ne verrez les poursirivans se servir de son arc el faire passer les lleches au travers de lous ces anneaux.

Que je trouve de charirres dans celle conversalion ! s'écria la Reine en soupirarrl; (jue je serois aise de la prolonger ! rirais il n'esl pas juste de vous empêcher de dormir : les dieux ont réglé la vie des hommes; ils ont fait le jour pour le travail, el la nuit pour le repos. Je vais doue me coucher sur ce triste lit, témoin de mes douleurs, el si souvent arrosé de mes larmes.

En disant ces mots , elle le quitte el inonle dans son magnifique appartement.

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