‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 46 sur 271 · SUR LE MEME SUJET · texte numérisé non relu

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Celui qui me mange doit vivre pour 55 et 56.

moi. S. Jean, vi.

Jésus-Christ est toute notre vie ; c'est la vérité éternelle dont nous devons être nourris . quel moyen de prendre un aliment si divin, et de languir toujours ! Ne point croître dans la vertu, n'avoir ni force ni santé , se repaître de mensonge, fomenter dans son cœur des passions dangereuses, être dégoûté des vrais biens, est-ce là la vie d'qn chrétien qui mange le pain

MANUEL m-: IMl-TK.

du ciel? Jésus-Christ ne veut s'unir et s'iiicdi-- scnlciiienl à vous, je vousouvromon cœur. Voyez

porer avec nous, que pour vJM'e dans le fond mes besoins, que je ne connois pas , voyez ,

de nos cœurs; il tant qu'il se nianiieste dans et faites selon votre miséricorde. Frappez ou

notre chair niortelle. que Jésus-Christ parnisse guérissez , accablez ou relevez-moi : j'adore

cil nous, puiscjuc nous ne faisons qu'une iucmuc tontes vos volontés sans les coinioître ; je me

chose avec lui. Je vix, mais ce n'est jilus moi tais , je me sacrilie , je m'abandonne. Plus

qui vis ', c'est Jésus-Christ qui vit dans sa d'autres désirs que ceux d'accomplir \otre vo-

créature , déjà morte à toutes les choses hu- lonté. Apprcncz-nioi à prier: priez vous-mcîme

niaines. en moi.

TF. l.V CONFIANCE EN DIEC.

Je dors, ot mon C(rur veille. Caiit. v. i.

On dort en paix dans le sein de Dieu , par labandon h sa providence, et par un doux sentiment de sa miséricorde. Un ne chei-che plus rien, et riiouune tout entier se repose en lui. Plus de raisonnemens incertains et inquiets, plus de désirs, plus d'impatience à changer sa place. La place où nous sommes, c'est le sein de Dieu : car c'est Dieu qui nous y a mis de ses propres mains et qui nous y porte entre ses bras. Peut-on se trouver mal où il nous met. et où nous sonunes connue un enfant que sa mère tient et embrasse ? Laissons-le faire, reposons-nous sur lui et en lui. Ce repos de confiance , qui éteint tous les mouvemens de la prudence charnelle, c'est la véritable vigilance du cœur. S'abandonner à Dieu sans s'appuyer sur la créature ni sur la nature , c'est faire veiller son cœur tandis qu'on dormira. Ainsi l'amour aura toujours les yeux ouverts avec jalousie, pour ne tendre qu'à son hien-aimé, et nous ne nous endormirons point dans la mort.

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