‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 7 sur 271 · DU BAPTÊME · texte numérisé non relu

DU BAPTÊME

explicallon des ceremonies du baprèue en kokme d'instrlction.

La loi catholique nous enseigne (|ue tous les enfans d'Adam naissent dans le péché de leur j)remier père : qu'ils sont enfans de colère , indignes de l'héritage céleste, et en\t'lop|)és dans la damnation générale. La même toi nous apprend aussi que c'est pour les retirer de cet état de perte et de mort que Jésus-Christ, sau- \eur de t(jus les honnues, a institué le sacrement de liaptème. L'humme est régé-néré dans cette fontaine de \ie : non-seulement le péché originel y est pleinement eiïacé , et // )ie reste rien de ranciennc condnianatiun , comme dit l'apôtre . dans ceux (jui se; dépouillent du vieil homme , pour se revêtir du nouveau en Jésus- Christ; mais encore ils reçoivent une \raie régératioii. ils renaissent par la vi-rtu de' la )jrài-e;

FÉNELON. TOME VI

ils deviennent enfans adoptifs du Père^ frères i-l ciihéritiersdu Fils, li'm()les du Saint-Esprit. Connue enfans, ils sont héritiers du royaume éternel et de tous les biens promis. Dans ce sacrement , ils sont mari|ués d'un caractère spiiiluel et inelfaçable. qui les distingue comme un peuple bien-aimé , et teint du sang de l'Agneau. Par ce sacrement , ils sont rendus ca- |>al»les de recevoir tous les autres; car c'est le Daptème qui est la |)orte du christianisme, et le fiiudemenl de tout l'édilice spirituel.

Nous usons, mes très-chers frères, dans l'administration de ce sacrement , de plusieurs cérémonies, qui sont anciennes, touchantes, et propres à nous rappeler un tendre souvenir des l)rincipaux mystères de la religion.

1" Nousexoi'cisons celui (|ui doit être baptisé, pour faii"e entendr-e ijue le péché originel le trent sous la puissance du démon qui règne dans le siècle corrompu, et pour délivrer la créature de Dieu de la tyrannie de l'esprit de mensonge.

2° Nous ajoutons aux exoi'cismes des soufflemens , ou exsufflati(.ns , pour chasser cet esprit impur et ennemi du salut des hommes, par la vertu du Saint-Esprit comme notre Seigneur Jés'is-Christ communiqua cet Esprit aux apôtres en soufflant sur eux.

3. Nous imprimons le signe de la ci'oix au front, à la [)oitrine et à la main droite de celte personne, pour exprimer que c'est en vertu de la mort douloureuse de Jésus-Christ sur la croix, que nous sommes délivrés de l'esclavage du péché, et que nous entrons dans la liberté des enfans de Dieu, (^est [)ar le Baptême que nous sommes conligurés à la mor't du Sauveur, c est-à-dire rendus conformes à Jésus crucifié , et attachés sur la croix avec lui. C'est cette ci'oix qui doit être encore plus dans le fond de notre co'ur que devant nos yeux. C'est elle (juc nous devons vouloir porter humblement et patiemrnt'ut tous les jours de notre vie, pour l'amiiui' de Dieu, à l'exemple de Jésus-Christ . et eu pénitence de nos péchés. C'est cette croix dont nous devons être toujours armés pour- le i;ombat des tentations conti'e le monde, corrlr-e la chair, et lontre le démon.

i" N(jrrs mettons du sel dans la bouche de cette |)er'sonrie , aliu (pielle consei've , [)ar le sel de la sagesse évangéliqne , la [)ureté de la loi . et qu'elle soit préservée de la corruption des riKL-ms, Le sel de la véritable sagesse lui est lionne pour goûter les choses d'en haut , pour se dégoûter île celles de la terre , et pour- ne |>r"onorrcer que des parvjles assaison-

MANUEL DK IMKÏK

m'es (le justice . de bienséance, de trràce et de vérifc.

ri" Noïis niellons le doij:! a\ec de la salive aux oreilles et an\ narines de la personne, ponr représenter l'aclion ni'^slériense par la(]nelle nous voyons, dans l'Evangile, que Jésus- ('.lirist donna la parole à nn homme somd et nniet. l/entiMidemenl de riioiunic est ouvert par la grâce du Haptènie . poni- pouvoir éeoutei" les paroles de la loi , pour les croire decoMir. cl pour les confesser de bouche,

()" Nous donnons à cette personne un parrain et une marraine , ponr marcpier une naissance nouvelle, où chacun doit avoir de nouveaux jiarens selon l'esprit , qui aient soin d'instruire et de l'aire croître le nouveau né en .Jésus-Christ. 7" Le parrain et la marraine renoncent [)()ur celte personne à Satan, à ses pompes, à toutes ses œuvres, (^ctte promesse doit être inviolablement accomplie , quoiqu'elle soit faite |)ar autrui. C'est cette promesse qui nous attire le jdus grand des biens. Un ne promet pour nous que de renoncer à la vanité et au mensonge , j)our nous ac(iuérir un vrai droit au royaume promis. Heureux ceux qui renoncent à des biens si faux et si méprisal>les , pour posséder le bien éternel et intini ! Quiconque est chrétien n'est plus libre d'aimer le monde , ni de chercher les pompes de Satan. On ne sauroil être vainement chrétien sans être humble et par conséquent soumis à Dieu dans l'humiliation. Quiconque est encore rempli de l'ambition et de la vanité mondaine, se rengage dans les liens de Satan . viole les promesses de son baptême , et en foule aux pieds la récompense. '8" La manière dont nous touchons celte personne montre que tout son corps malade a besoin du remède céleste. En elfet , depuis le péché d'Adam, qui a passécn nous par sa contagion , la chair de l'homme est révoltée contre l'esprit ; elle est sujette à des passions grossières et honteuses contre la raison; ce n'est plus qu'un corps de mort , parce que ce n'est plus qu'un corps de péché ; on ne peut plus soumettre celte chair corrompue à l'esprit , qu'en soumettant l'esprit à Dieu par sa grâce : il faut tâcher de purifier le corps aveclesprit.

9° On rnel un linge ou vêtement blanc sur la tête du nouveau baptisé, parce que les enfans ont élé et sont encore d'ordinaire vêtus de blanc , et que les personnes , même les plus âgées, qui reçoivent le Baptême, deviennent alors des enfans nouveau-nés en Jésus-Christ. En quelque âge avancé qu'ils puissent recevoir le Baptême, ils sont toujours enfans par cette

naissance sj)irituelle : ils doivent être revêtus de la i-obe blanche et sans tache de l'innocence, avec la(juelle ils puissent se ]»résenler au jouide leur mort devant Jésus-Christ.

I(V' Ou met dans la main de cette persoime nu cierge allumé , pour montrer qu'elle doit être une lanqie ardenle et lumineuse dans la maison de Dieu , que son cœur doit brCder du feu de l'amour que Jésus-Christ est venu allumer sur la terre, et que l'cxemitle de ses vertus doit éclairer tous les fidèles.

1 1" Nous donnons un nouveau nom à cette personne, afin qu'on sache que c'est un homme nouveau , qui est plus attaché ;\ Dieu qu'au monde entier, et à l'Eglise qu'à sa famille ; qu'il esl prêt à oul»lier son propre nom, sa |»alrie et tous ses parens, pour suivre Jésus- Christ jusqu'à la mort de la croix. C'est un nouveau nom qui lui est donné, parce que Dieu fait en lui toutes choses nouvelles. Ce nom est celui d'un saint , qui doit être le patron ou protecteur auprès de Dieu de celui qui le portera. Ce saint est principalement celui dont il doit imiter les vertus, afin que le nom qu'il en reçoit aujourd'hui soit écrit au livre de vie.

AVIS AL' PARRAIN ET A LA MARRAINE, APRES L ADMI- NISTRATION DU SACREMENT DE BAPTÊME.

Vols , parrain , et vous , marraine , vous venez de répondre à Dieu et à la sainte Eglise que vous prendrez soin de l'instruction de cet enfant , j-our le remplir de toutes les vérités de la foi catholique , apostolique et romaine , pour le préparer au salut éternel. Il n'est nommé votre tilleul , qu'à cause qu'il devient votre tils spirituel en Jésus-Christ, en sorte que vous avez contracté, à la face des saints autels, l'obligation de lui tenir lieu de père et de mère , pour la pureté des mœurs et de la foi. Il est vrai que le père et la mère , qui ont mis cet enfant au monde, ne sont pas déchargés du soin de son éducation chrétienne; mais vous y êtes obligés avec eux , et votre devoir est de suppléer à tout ce qui manqueroit de leur part. Vous devez donc veiller sur l'enfant , pour vous assurer qu'il apprenne exactement toutes les vérités de la foi qui sont contenues dans les trois parties du Catéchisme de ce diocèse, avec les Commandemens de Dieu et de l'Eglise , la vertu de chaque sacrement , et la manière de les recevoir ; surtout la préparation nécessaire pour se bien examiner, pour bien confesser ses

MAM Kl. 1H-: l'IKTl';.

péchés avec toutes les circonslanoos iiccessiiiies. pour en concevoir une véiitahle douleur, e( pour éviter les occasions de recluile : eounne ausâi les (lis|i(i>ilions d liuinilité . de recueillement et J'iiMiour a\ec lescpicls on doitcoumuinier j»our le t'uire ;i\ec fruit. \ Ous devez aussi faire en sorte quel'eidant sache exactement par cœur l'oraison (jiie Jésus-(Mn'ist a enseignée à ses apôtres, alin (jnelle soit à jamais dans la bouche et dans le cceur de tous les lidèles : NoTHK Pi.m . etc.. la salutation de lanL^e : Jk vous SAHK . .Mvttn: , etc., poin* obtenir lu puissante intercession de la mère du Fils de Dieu , et pour se nourrir dans une [licuseconliance eu cette mère de miséricorde ; enfin le Symbole des apôtres : Je i ivois k> Uiec, etc., qui comprend en abréi^é les vérités fondamentales du cbrislianisme , et qui étant toujours appris par cœur, sans être écrit , servoit autrefois connue de marque à laquelle les (Ihrétieus se reconnoissoient les uns les autres au temps des persécutions.

\'ous êtes avertis que vous avez contracté une parenté spirituelle avec cet enfant , avec son père et avec sa mère , en sorte que vous ne pouvez avoir en mariage aucun des trois . et qu'un mariage que vous contracteriez avec l'un d'entre eux seroit nul. Mais cette parenté spirituelle n'est point entre vous, parrain et marraine , ni entre lu femme du parrain et le mari de la marraine.

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