CHAPITRE Vin
Les poètes, pour se conformer à des désirs naturels, ont donné au printemps une réputation qu'il mérite rarement. Quoique leur imagination se soit exercée sur les tièdes haleines, les tapis de fleurs et les brises odoriférantes de cette saison, elle n'en est pas moins presque partout assez rude et assez capricieuse. C'est la jeunesse de l'année , et comme ce temps d'épreuve de la vie, elle ne contient guère le bien qu'en espérance.
Dans cette période perfide dont le développement lent et variable nous induit souvent en erreur, il y a une opposition constante entre l'attente et la réalité.
Ainsi , quoiqu'on fut au mois d'avril le jour oii l'Indien suivit les chasseurs , les rigueurs de l'hiver étaient brusquement revenues. La neige avait succédé au dégel, et l'âpre vent du nord-ouest avait flétri les fleurs naissantes. Le sol glacé offrait une surface si ferme que le pied le plus lourd n'y laissait point de traces. Plusieurs heures se passèrent sans qu'on eût des nouvelles des chasseurs. On entendait parfois les détonations retentir sous les arceaux des bois et rouler d'échos en échos. Mais ces indices de la présence des chasseurs diminuèrent insensiblement, et avant midi la forêt était replongée dans son silence morne et solennel.
Cette circonstance était trop commune pour causer la moindre préoccupation. Ruth travailla tranquillement au milieu de ses femmes , et, si elle pensa par intervalles à ceux qui erraient loin d'elle , ce fut parce qu'elle leur préparait de quoi les sustenter après un long jour de fatigue.
— Ton père nous remerciera de nos soins, dit-elle à sa jeune image en tirant des provisions du garde-manger. La maison est plus agréable après une longue course.
— Marc doit être déjà bien las , répondit la jeune Marthe; il est bien petit pour aller dans le bois avec des chasseurs aussi grands que Dudley.
— Le pa'ien est du même âge que Marc , ajouta Ruth , la seconde fille. Il serait possible qu'il ne revînt jamais parmi nous.
— Gela affligerait notre vénérable père , car tu sais , Ruth, qu'il a l'espoir de dompter cette nature sauvage. Mais le soleil descend, et la soirée devient aussi froide qu'en hiver. Va à la poterne, et regarde si tu aperçois ton père dans les champs.
Pendant que l'enfant accomplissait cet ordre , Ruth monta dans le blockhaus et elle examina les environs. L'ombre des arbres s'allongeait déjà sur la vaste nappe de neige glacée , et le refroidissement subit de la température annonçait l'approche rapide de la nuit. C'était l'heure à laquelle revenaient d'ordinaire les chasseurs , et la jeune femme commença à s'inquiéter. De légères observations qu'elle avait faites tendaient à justifier ses alarmes. Le bruit des armes à feu s'était fait entendre dès le matin dans diverses directions , preuve certaine que les chasseurs s'étaient séparés dans la forêt. Il n'était donc pas difficile à l'imagination d'une femme et d'une mère qui éprouvait aussi pour l'un des chasseurs une affection fraternelle de se représenter
les dangers sans nombre auxquels étaient exposés d'ordinaire les héros de ces expéditions.
— Je crains que la chasse ne les ait entraînes trop loin de la vallée , dit Ruth à ses servantes , car le plus grave devient irréfléchi comme un enfant lorsqu'il est emporté à la poursuite du gibier... Mais quelles plaintes indiscrètes ! Eu ce moment peut-être mon mari s'efforce de réunir ses hommes afin de revenir ici. N'a-t-on pas entendu sa trompe sonner le rappel?
— Les bois sont muets, répondit Foi; j'ai cru un moment entendre chanter Dudley, mais c'était tout simplement un de ses bœufs qui mugissait.
. t'^": P'^'s^fte^ toujours ce pauvre garçon, répondit Ruth, avec une légèreté malséante. Quoiqu'il ait des allures un peu lourdes, ne pourrais-tu le traiter un peu plus favorablement?
— Je ne fais pas attention à ses allures, repartit Foi; mais n'est-ce pas lui-même qui descend la colline parle chemin du vercer?
— C'est évidemment quelqu'un de la bande. Va à la poterne et fais-le entrer. J'ai ordonné qu'on tirât les verrous, car il ne fallait pas laisser ouvertes à cette heure les portes d'une forteresse qui n'a qu'une garnison de femmes. Je vais veiller aux préparatifs du souper, car nous ne tarderons pas à revoir le reste de la troupe.
Foi obéit et arriva à la poterne au moment oii Dudley frappait à coups redoublés.
— Doucement, maître Dudley ! dit la jeune fille. Nous connaissons la puissance de ton bras. Cependant tu n'es pas un Samson , pour renverser sur nous les poteaux.
— Ouvre, dit le boucher, et nous causerons plus à notre aise.
— Avant de t'admettre, dit la jeune fille en ouvrant la porte, j'aurais dû te demander compte de tes écarts de la journée. Je suis sûr que tu as mangé plus que ta part des provisions , et que tu as laissé tuer le daim par Reuben Ring.
— Tes plaisanteries sont hors de saison , reprit Dudley , et je n'ai pas le temps d'y répondre. 11 faut que je parle sans retard au capitaine ou à son fils.
— Tu peux parler au capitaine, pourvu qu'il consente à t'écouter ; mais si tu veux conférer avec son fils, tu feras bien de restera la porte : car il n'est pas encore de retour.
— Pas encore de retour ! s'écria Dudley d'un air étonné.
— Tu es le premier des chasseurs que nous ayons vu ; si tu crains quelque chose pour les autres et ])Our nous, va vite avertir madame.
— C'est inutile, murmura Dudley après avoir rêvé un moment. Reste en sentinelle, ma chère Foi, pendant que je vais retourner au bois. Un signal de ma conque, un appel de ma voix peuvent hâter le retour de nos amis.
— Quelle folie , Dudley ! songes-tu bien à sortir seul à cette heure avancée, surtout s'il y a quelque danger?
— Ah ! j'entends marcher dans la prairie. La neige craque ; ils ne tarderont pas.
Malgré cette affirmation , le jeune homme, au lieu d'aller à la rencontre de ses compagnons, recula d'un pas et tira lui-même le verrou que Foi l'avait prié de fermer. En même tem]is il laissa tomber une barre de bois mobile qui contribuait à la solidité de la poterne. Les alarmes qui avaient pu déterminer à prendre ces n;esures étaient au reste peu motivées, car avant qu'il eût eu le temps de réfléchir, la voix de Content se faisait entendre au dehors. Les chasseurs entrèrent chargés de venaison , pendant que Foi s'éclipsait pour aller avertir sa maîtresse.
On conçoit la satisfaction qu'éprouva Ruth en revoyant son mari et son fils. Les moeurs sévères du Connecticut n'admettaient point de manifestation extérieure des émotions passagères ; cependant une joie secrète faisait briller les yeux et colorait les joues de cette femme aimante. Après avoir interrogé les chasseurs sur leurs exploits, elle demanda des nouvelles du jeune Indien.
— Il doit être ici, dit Content ; il nous accompagnait lorsque nous sommes sortis de la forêt. Je lui adressais des éloges pour le féliciter de l'adresse avec laquelle il avait découvert les bouges où se cache le daim,
— J'ajouterai , dit Reuben Ring , qu'il était auprès de moi lorsque nous avons traversé le verger, et je serais prêt à le jurer sur 1 Evangile, si ce n'était un péché de faire un serment solennel dans une affaire aussi peu importante. Malgré ces assertions, l'absence de l Indien était positive, et elle jeta la consternation dans l'assemblée, tant était grande la terreur qu'inspiraient les sauvages.
— Peux-tu nous donner de ses nouvelles? demanda Contenta Dudley, qui semblait distrait et préoccupé ; tu nous as quitté pendant quelque temps sur le versant de la moutai;ne.
— En effet, répondit le boucher; mais le sauvage ne m'accompagnait pas , et je puis affirmer qu'il n'était pas du nombre de ceux auxquels j'ai ouvert la porte.
— Tu n'as aucun renseignement sur le jeune homme ? demanda Ruth alarmée.
— Aucun. Depuis la chute du jour, je n'ai pas rencontré d'être vivant; à moins qu'on n'appelle ainsi un personnage mystérieux que j'ai trouvé dans la forêt.
Dudley prononça ces paroles avec tant de gravité, qu'il excita une
ciiriositi! iji'm'i'iile ot que, ]iom- lui druiaiulcr des explications, on ouMia un Mioineiit le |)iin(ii)al objet île l'eiilictieii. Il allait iiarlcr, loistjue fllaie Ileiilbcotc eiilia dans la salle, et s'assit après avoir fait luUviueiit le tour du cercle silencieux et attentif.
CDAPITRE IX.
Fidèle narrateur de celte histoire nationale, il est de notre devoir de n oublier atieune des circonstances i>ropres à jeter quelque lumière sur le earaetère de nos personnages. IN'ous croyons donc nécessaire de faire une courte digression, pour rap])eler que les hommes de cette t'poque fiaient sous l'influcnee de certaines idées religieuses toutes partreulières. Ils voyaient partout l'action de la Providence, et s'imaginaient aussi que l'esprit du mal se manifestait parfois presque matériellement. Ils croyaient à la sorcellerie, et les hommes les plus raisonnables acci'plaient comme article de foi l'intervention des démons dans les elioses humaines. Aussi l'allusion qu'avait faite Eben Oudley fut elle prise au sérieux ]iur tous ses auditeurs, et on le pressa de s'expliquer, après avoir attendu respectueusement que le capitaine fût installé. Le boucher promena ses regards autour de lui, les .irrêta quelque temps sur les yeux noirs de Foi, qui l'observait d'un air ironique, puis il s'exprima en ces termes :
— \ ous s ivez ([u'arrivé sur le sommet de la montagne , nous avions étendu roirc ligne afin de ne laisser échapper ni ours, ni daim, ni élan, l'eipdant les deux premières heures, je \is iilusicurs pistes entrelacées qui ne coiduisaient ii rien ; mais tout ;i coup un magnifique daim partit du milieu d'un taillis, et je fis environ deux lieues à sa ])0iirsuile dans la direction du désert.
— Et dans ce trajet, tu n'as jias trouvé d'occasion de l'ajuster? demanda Content.
— Pas du tout; s'il s'en était présenté une occasion , j'aurais eu l'audace de la saisir.
— tv'u'avait doue ce daim d'extraordinaire qui pût le préserver de la u.dle dun chasseur ?
— Il y avait en lui des singularités capables d'inspirer à un chrétien de sérieuses réflexions.
— l'ais-nous-cn une description exacte , s'écria Content avec une animation inusitée pendant que les jeunes gens et les jeunes filles se rapprochaient en témoignant une vive émotion.
Dudley réfléchit un instant avant d'entamer la partie merveilleuse de son récit.
Premièrement, dit-il on ne remarquait aucune piste autour de I endroit d'oii l'animal était parti; en second lieu , quand il se leva, loin d'avoir l'air inquiet, il se mit à faire des bonds joyeux eu se tenant toujours hors de portée, mais sans se dérober à ma vue. 11 me mena ainsi sur la cime d'un tertre, où il aurait été facile deviser un animal de taille beaucoup moindre. Tout à coup... Wavez-vous pas entendu un bruit étrange dans la saison des neiges?
Les auditeurs se regardèrent avec curiosité, et essayèrent de se rappeler quelque son inaccoutumé qui vînt .i l'appui d'un récit oi> commençait à prédominer laltrait du merveilleux.
Est-il bien sûr. Charité, que le hurlement que nous avons entendu partir de la forêt fût celui d'un chien battu':" demanda une servante de IWlh à sa compagne aux yeux bleus, qui semblait également disposée à témoigner en faveur ile toute légende dramatique.
— C'était peut-être autre chose ?
— Les échos répétèrent un bruit pareil .t celui de la chute d'un arbre, dit Hutli d'un air pensif. Je nie souviens que j'ai demandé si quelque bête fauve n'avait pas provoqué une décharge générale de moiisqueterie ; mais mon père fut d'axis que c'était un chêne qui tombait s(uis le poids des ans.
— A quelle heure est-ce arrivé? dit Dudley.
— C'était vers le déclin du jour.
— C'est bien cela, mais le tumulte ne provenait pas delà chute d'un arbre. Il avait retenti dans les airs, bien au-dessu»de toutes les forêts. Si des gens ])lus habiles que moi avaient été là...
— Ils auraient dit qu'il tonnait, interrompit Foi Ring, qui, contrairement au reste de l'auditoire, n'avait guère la qualité exprimée par son nom. En vérité, Eben Dudley a fait des merveilles dans cette chasse. Il a reçu un coup de tonnerre sur la tête, cl n'a pas apporté de daim sur les épaules.
■~ ^^.'"''6 resncctueuscment de ce que tu ne comprends jias, jeune fille, dit Marc jleathcolc d'un ton sévère. Les prodiges se manifestent également aux igiioranls et aux hommes instruits, ei quoiipie dos philosophes vaniteux affirment que la lutte des éléments tient à des causes purement jihysiques, nous savons toutefois par d'anciens textes que «es puissan es surnaturelles y iirennent part. Satan peut disposer des arsenaux de l'air et de l'artillerii; des cieiix. Un des plus sages écrivains de notre sièle a démontré que le prince des ténèbres était pour neaucoup dans la composition de ce qu'on appelle en chimie l'or fulminant.
Personne n'osa contredire une déclaration qui annonçait tant de scicucc. l'o» se cathu k U Uàtc au milieu de l'essaim dès scivamcs
craintives, et Content, après un moment de silence, invita le boucher à continuer.
— Pendant que je cherchais l'éclair qui aurait du accompagner le coup de loiinerre, s'il avait été naturel, le daim disparut, et je me trouvai brusquement en face d'un homme (|ui était monté sur le tertre par le versant opposé. Il avait l'extérieur d'un voyatfcur qui se rend à travers le désert aux établisslments lointains de la Baie ; mais n'est-il pas surprenant que cette rencontre ait été amenée par un daim?
— As-tu revu cet animal?
— Au premier moment, il me sembla le voir s'enfoncer dans les fourrés; mais c'était sans doute une illusion. Il est plus probable qu'il s'est éclipsé, après avoir rempli sa commission.
— Et l'étranger, qu'a-t-il fait?
— Il est entré en conversation avec moi. Il m'a raconté que les chrétiens qui habitent le bord de la mer étaient soumis h de cruelles épreuves, et que l'esprit du mal s'y manifestait d'une manière horrible. Il m'a parlé de certains signes qui présageaient la persécution des croyants par les invisibles, entre autres du grand nombre de temples que la foudre avait frappés pendant l'été dernier.
— Le pèlerinage des justes dans ces déserts, dit Marc Ileathcote d'une voix imposante, devait exciter l'envie des démons que notre persistance désespère. Ayons recours à la seule arme qui soit entre nos mains ]iour les combattre; lorsqu'on l'emploie avec zèle, elle ne manque jamais d'assurer la victoire.
En disant ces mots, sans attendre la suite du récit, le vieux Marc -se leva, et se redressant suivant l'usage de sa secte, il se prépara à imidorer la miséricorde divine. Il entr'ouvrait les lèvres, lorsqu'un murmure jiareil aux vibrations d'un instrument il vent vint frapper d'élonnemenl la famille assemblée. Il semblait partir de la poterne, à laquelle était suspendue une trompe , à l'usage de ceux que le hasard ou leurs occupations retenaient dans les champs après la fermeture des ])ortcs. L'effet qu'il produisit fut instantané. Les jeunes gens coururent à leurs armes, tandis que les femnies se serraient les unes contre les autres comme un troupeau de biches efl'arouchées.
— C'est certainement un signal du dehors! dit Content lorsque le bruit se fut perdu dans les recoins de l'édifice. C est quelque chasseur égaré qui demande l'hospitalité.
Eben Dudley secoua la tète comme s'il n'eût pas été de cet avis; mais quoii[u il eût pris son fusil, il parut en proie à l'irrésolution. Elle aurait pu durer longtemps , si la trompe n'avait de nouveau retenti avec plus d'éclat et plus de force, ce qui annonçait qu'elle étais embouchée par un homme habitué à s'en servir. Le puritain ordonna à sou fils d'aller voir de quoi il s'agissait, et celui-ci, (pii s'était déjà levé, s'achemina vers la poterne avec Dudley et Reulien Piing.
— Qui sonne à ma porte? demanda Content après avoir placé se» deux compagnons derrière un monticule de terre élevé pour défendre rentrée; qui vient troubler une famille paisible à celle heure de nuit?
— Un homme qui a besoin de ce qu'il demande, répondit l'inconnu. Ouvre sans crainte, maître Ileathcote, c'est un compatriote, un coreligionnaire qui réclame cette faveur.
— Entre , dit Content sans hésitation, et sois le bienvenu , puisque tu es chrétien.
Un homme de haute taille, enveloppé d'un grand manteau, se courba immédiatement sous le linteau de la poterne, et s'arrèUi à quelque distance, pendant que les jeunes gens, sous les ordres de leur maîlre, replaçaient avec soin les barres et les verrous. Content rejoignit son hôte, et après avoir fait d'inutiles efforts pour l'examiner à la lueur des étoiles, il dit avec sa tranquillité ordinaire :
— Tu dois avoir froid et faim ; il y a loin de celte vallée à l'habitation la plus voisine, et l'on doit être épuisé de fatigue a]irès avoir fait un si long voyage par une saison aussi rigoureuse. Suis-moi, el dispose de tout ce que nous avons comme si c'était à loi.
L'étranger ne répondit que par un salut, et s'avança d'un pas tranquille, sans témoigner rim])atieiicc qu'on aurait pu attendre d'mi homme qui avait parcouru une route aussi pénible.-
— Voici une cliambre bien close, ajouta Content en introduisant son hôte au milieu de la famille inquiète, bientôt nous le donnerons de quoi te rassasier.
Lorsque l'étranger se trouva en ]dcine lumière, exposé à tant de regards, il éprouva un moment d hésitation, puis s'approehant avec calme, il se débarrassa du manteau qui lui cachait le visage, el l'on reconnut les traits sévères et les formes athlétiques de celui qui avait déjà visité l'habitation , el (pii en était sorti si mystérieusement. Le jiiiritain, qui s'était levé gravement pour recevoir le visiteur, jiarut saisi d'une émotion inaccoutumée.
— Marc Ileathcote, dit l'étranger, ma visite est pour toi. Sera-l-elle aussi courte ou plus longue que la dernière, cela dépend de la manière dont tu recevras les nouvelles que j'apporte. Il est île la plus grande iinporlance ipie tu m'éeontes sans le moindre retard.
Les assistants curent à peine le temps de remarquer la surprise du ca])itainc : il reprit presipie aussitôt son expression habiliielle de réserve, et fit signe h i'élr.ingiT de le suivre dans une autre pièei-, en lui témoigiianl la coufiaiiee qu'inspire un ami. L'inconnu salua Kutli en ]iassant, et entra dans la chambre choisie pour une entrevue qui dvvail évidemment èlrc secrète.
LE COLON D'AMÉRIQUE