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CHAPITRE XV

Pendant le lourd sommeil du matin , des songes bizarres assiégèrent le jeune major. Il vil son père, tel qu'il l'avait connu dans son enlance, dans toute la vigueur et la beauté de l'âge mùr, le regardant avec cette expression de bienveillance et de mélancolie qui lui était familière , depuis qu'un fils unique était devenu son consolateur. Cette figure s évanouit ; elle fut remplacée par des rondes de spectres qui dansaient dans le cimetière de Copp's-IIill , et au milieu desquels Job Pray se glissait légèrement comme un être de l'autre monde. I)es coups de tonnerre les disperaèrent soudain, et les ombres épouvantées se réfugièrent dans leurs sombres asiles, doit elles ne cessèrent de regarder Lionel comme si elles eussent deviné que leurs yeux ternes avaient la puissance de glacer le sang des vivants.

Ces images devinrent si distinctes et si saisissantes, que le jeune bomme chercha à s'en afl'ranchir , et qu'il se réveilla. L'air du matin agitait les rideaux de la fenê tre entr'ouverte, et la lumière du jour se répandait sur les toits enfumés de la ville. Lionel se leva , fit plusieurs tours de chambre jiour dissiper les rêves qui l'avaient poursuivi , et fut convaincu qu'ils n'avaient été qu'à moitié imaginaires , par les sons qui parvinrent à ses oreilles exercées.

— Ahl dit-il, ce n'est pas le tonnerre ; c'est bien le bruit du canon.

11 regarda dans la rue pour tâcher de découvrir la cause de ces détonations inusitées. Le général Gage, avant de frapper un coup décisif, s'était proposé d'attendre tous les renforts qu'on lui avait promis, et les Américains n'avaient pas assez de munitions pour entreprendre un siège en règle. Cependant l'artillerie retentissait avec force ; les fenêtres se garnissaient de spectateurs alarmés ; les femmes sortaient précipitamment de leurs demeures ébranlées par les explosions, et s'empressaient d'y rentrer avec eOVoi. Les soldats à demi vêtus couraient à leur poste; des citoyens attirés parla curiosité se dirigeaient du côté du port. Lionel apprla quelques passants ; mais ils s'éloignèrent sans répondre , et le major, s babillant à la hâte, prit le parti d'aller lui-même aux renseignements. Au moment oii il jiassait le seuil de sa ]>orte , il rencontra un artilleur qui arrangeait d une main son unifoiine en désordre, et tenait de l'autre un écouvillon.

— Que veut dire ce feu , sergent ? demanda Lionel. Oit courez-vous si vile ?

— Les rebelles I les rebelles I s'ëcra l'artilleur sans s'arrêter , je vais à mes pièces.

— Les rebelles ! répéta le major. Qa'avons-nous à redouter d'une multitude de campagnards et dans une aussi formidable position?

Les habitants île Itoston commençaient à garnir les rues, et Lionel, suivant leur exemple, prit sa course vers les hauteurs voisines de Ueacon-llill. Il grivit la moulée sans échanger une syllabe avec ses compagnons de >oynge . aussi étonnés que lui d'avoir été subitement arraches au somm>\l. Du haut de la petite plate-furiue de gazon dont le phare était le cnilre, il dominait une immense étendue, éclairée par le soleil , qui venait d'enlever aux eaux de la baie leur mince voile de vapeur. Plusieurs vaisseaux étaient ii l'ancre au nord de lioston, et Lionel comjint d'oii parlait le feu en voyant une colonne de blanche fumée tournoyer le long des mâts d une frégate, liiciilôt un vaisseau de ligne lâcha sa bordée; les batteries floltantos ouvrirent leur feu, et cent pièces d artillerie l'ireut résonner les échos d'un vaste amplii'* tliiâlre de coUinei.

LIONEL LINCOLN

— Qu'est-ce que cela signifie, monsieur? demanda au major un officier de son régiment : les marins y vont de I)on coeur; et si j'en juge par l'esplosion , ils chargent leurs canons à mitraille. '

— Je n'y conçois rien , répondit Lionel , car je ne vois aucun ennemi i comme le feu est dirigé sur la presqu'île d'en face , je suppose que les Américains veulent détruire les meules de foin qui sont dans les prairifs.

1-e jeune officier alliiit approuver cette supposition, quand il entendit une voix au-dessus de sa tète.

— Voilà un coup de canon qui part de Copp's-Hill. Il ne faut pas croire qu'on effrayera le peuple avec tout ce vacarme; on aura beau tirer a réveiller les morts , les hommes de la baie ne bougeront pas.

Les spectateurs levèrent les yeux, et aperçurent Job Pray assis sur la balustrade du phare. Sa physionomie , si morne d'ordinaire , était toute radieuse, et il agitait son chapeau toutes les fois qu'une nouvelle détonation ajoutait au bruit de la canonnade.

— Que voyei-vous , drôle ? s'écria Lionel. Oii sont les hommes de la baie dont vous parlez?

— Où ils sont, répondit l'idiot en battant des mains avec une joie enfantine, ils sont à l'endroit dont ils ont pris possession pendant la nuit, et où ils resteront en plein midi. Les hommes de la baie peuvent enfin voir les fenêtres de Fancuil - Hall, et ils sont en état de donner une leçon aux troupes régulières.

Irrité du langage de Job , Lionel l'appela d'une voix retentissante.

— Descendez, coquin, et expliquez-vous; sans cela, je vais charger un grenadier de vous conduire au poste pour vous infliger une correction salutaire.

— Vous m'avez promis que les grenadiers ne me battraient plus, répondit Job, qui se cacha derrière la balustrade , d'où il contempla piteusement le major. Je me suis engagé en revanche à faire vos commissions, et à ne point vous demander d'argent pour la peine.

— Descendez ; je tiendrai mes promesses.

Rassuré par ces paroles, Job quitta sa place et se laissa glisser à terre. Lionel le prit aussitôt par le bras.

— Encore une fois, où sont les hommes de la baie?

— Là! dit Job en montrant la presqu'île opposée. Ils ont creusé des trous en terre et sont arrivés à Buuker-IIill, d'où vous voyez qu'ils invitent le peuple à se lever.

Tous les regards, qui avaient été jusqu'alors fixés sur les vaisseaux, se portèrent du côté d'une éminence en forme de cône située à la droite du village de Charlestown. La cime de la mont.igne était inoccupée) mais sur l'un des flancs, dn côté de Boston, ou avait (levé une redoute, qui commandait l'entrée du port, et pouvait deseuir inquiétante pour la garnison. Ces ouvrages en terre n'annonçaient pas de grandes connaissances militaires; mais ils avaient suffi pour attirer l'attention des marins , et dès le lever du soleil, ils étaient devenus le point de mire de tous les canons de la flotte.

Les citadins furent stupéfaits de la témérité de leurs compatriotes, et les officiers qui s'élaitnt rassemblés autour du major Lincoln jugèrent de suite que cette démarche allait accélérer la crise. L'armée américaine s'était emparée d'une position excellente, et à la faveur de la nuit elle avait en quelques heures achevé ses travaux de fortification avec une dextérité qui n'était surpassée que par son audace. Lionel devina ce qui s'était passé; il se rendit compte de ces vagues murmures que l'air de la nuit lui avait apportés , et qu'il avait poursuivis jusque dans ses rêves. Faisant signe à Job de le suivre, il descendit à grands pas la colline , et quand il arriva dans le cbamp de manœuvre, il dit ii son compagnon :

— Vous étiez instruit de ce travail nocturne?

— Job a bien assez à faire le jour, sans travailler la nuit, quand les morts seuls sont dehors.

L'air niais du jeune gars désarma la colère du major, qui sourit en se rappelant sa piopie faiblesse.

— Les morts! ah! c'est bien l'œuvre des vivants, et les hommes qui l'ont faite ne uianqueut pas de courage !... Mais, dites-moi. Job , car vous tenteriez en vain de m'abuser plus longtemps , combien d'Américains avez-vous laissés sur Bunker-Hill, quand vous avez traversé le canal pour vous rendre au cimetière ?

— Les deux collines étaient encombrées , l'une par les gens du peuple, l'autre par les ombres. Je crois que les morts se levaient pour voir travailler leurs enfants.

— C'est possible , dit Lionel , qui croyait devoir souscrire aux idées de Job, afin de déjouer son astuce; mais si les morts sont invisibles, on peut compter les vivants.

— J'en ai compté à peu près cinq cents à la lueur des étoiles; ils avaient des pioches et des peiles ; il en est venu encore sept à huit cenis autres.

— Es-ce là tout?

— La colonie n'est pas assez pauvre en hommes pour ne pas avoir des milliers de défenseurs.

— IHais quel était leur chef? était-ce le Chasseur-de-Loups du Connecticut ?

— Non; le maitre ouvrier s'appelait Dickey Gridley : c'était un enfant de Boston.

— Ali! c'était le chef! en ce cas, nous n'avons rien à craindre.

— Mais le vieuï Prescott de Pepperel commande le détachement qui garde la redoute ; et croyez-vous qu'il l'abandonnera tant qu'il lui restera un baril de poudre? Non , non, major Lincoln; Hnlpli luimême n'est pas plus brave, et vous savez qu'on ne peut lui faire peur.

— Mais s'ils tirent souvent, leurs munitions seront bientôt consommées, et il faudra qu'ils décampent.

Job se mit a rire d'un air dédHJgneux.

— Bah ! reprit-il, les hommes de la baie n'ont pas de grosse artillerie comme les soldats du roi! Les canons des colonies usent peu de poudre, et sont en petit nombre. Que les tirailleurs montent à l'assaut, et le peuple leur donnera une leçon!

Lionel avait obtenu tous les éclaircissements qu'il désirait sur la force et la situation des Américains, et les moments étaient trop précieux pour les perdre en vains discours. Il quitta l'idiot après lui avoir recommandé de venirle retrouver la nuit. En rentrant chez lui, il s'enferma dans son cabinet , et passa plusieurs heures tant à écrire qu'à examiner des papiers importants. Une de ces lettres lui coûta un temps infini. 11 la rédigea , la déchira , la recommença cinq ou six fois; enlin il y apposa son cachet et y mit l'adresse avec une sorte d'indifférence qui indiquait que s apatience était épuisée par ces tentatives réitérées.

Le major remit les lettres à Meriton avec injonction de les envoyer à leurs destinations respectives, s'il ne recevait contre-ordre avant le lendemain. Plus d'une fois, pendant qu'il était enfermé dans son cabinet, il avait déposé sa plume pour écouter les murmures qui pénétraient jusqu'à lui, indices de l'agitation répandue dans la ville. Ayant enfin accompli la tâche qu'il s'était imposée, il déjeuna à la hâte , prit son chapeau et sortit pour se rendre à l'hôtel du gouvernement.

Les canons roulaient avec fracas sur les pavés ; le» caissons transportaient des munitions ; les artilleurs suivaient leurs pièces au pas accéléré; des aidrs de camp, chargés de missions importantes, galopaient à bride abattue, et plus d'un officier en quittant sa demeure avait besoin de toutes ses forces viriles pour lutter contre le découragement dont il étJit saisi, quand il voyait des gens jadis pleins de confiance et de ferveur le suivre avec une expression d'angoisse. On n'avait pas d'ailleurs le loisir d'observer ces scènes de douleur domestique au milieu d'une perturbation aussi générale.

De temps en temps les accords de la musique militaire ondulaient le long des rues sinueuses ; ils annonçiient le passage des détachements qui allaient s'embarquer pour Biinker-llill. Pendant que Lionel admirait la bonne tenue d'un corps de grenadiers, il aperçut les traits sévères et la taille herculéenne de iMac Fuse marchant à la tète de sa compagnie avec la gravi(é d'un homme qui considérait la régularité du pas comme une des choses les plus importantes de la vie. A peu de distiince. Job Pray réglait sa marche au son de la musique, et contemplait cet appareil militaire avec une admiration stupide. Ce détachement fut suivi d'un bataillon du 47^' de ligne, à la tête duquel s'avançait Poiwarth. Le capitaine d'infanterie légère fit un geste de la main à son ami en s'écriant :

— Dieu vous garde, Lionel! enfin nous n'aurons plus de chasse à (aire, et nous nous battrons convenablement!

Le bruit des cors étouffa sa voix , et Lionel ne put que lui rendre de loin un salut cordial.

Le ma or avait perdu de vue son projet, la vue de ses camarades le lui rappela , et il s'achemina à la liâle vers le quartier général.

La |0ite de l'hôtel du gouvernement était enlource de militaires; les uns distribuaient des ordres , les autrts attendaient le moment d'être introduits. Aussiiôt qu'on eut annoncé le m.ijor Lincoln, un aide de camp le conduisit en présence du gouverneur avec une politesse et un empressement que ceux qui faisaient antichambre depuis plusieurs heures ne purent s'emjit^cher de trouver injustes.

Lionel n'eut pas à s'occuper des murmures qu'il n'entendit pas. Il suivit son guide, et l'ut conduit dans la salle où l'on venait de tenir conseil. Au moment où il entrait, un vieil officier sortait en toute hâte, entouré d'un groupe de jeunes gens, et quelques paroles qui leur échappèrent apprirent à Lionel qu'ils marchaient au combat.

L'appartement était rempli d'othcicrs supérieurs, auxquels se mêlaient quelques individus en habit bourgeois. C'étaient ces derniers dont les conseils avaient amené des événements qu'il n'était plus en leur pouvoir d'arrêter. Ils avaient l'air humble et mortifié; au milieu d'eux se tenait le général Gjge, dont le costume simple contrastait avec la splendeur des autres uniformes. Comme s'il eût été ravi de se débarrasser de ces importuns, il les quitta sans cérémonie à l'approche de Lionel, auquel il vint serrer cordialement la main.

— En quoi puis-je être utile au major Lincoln? demanda-t-il.

— Le régiment de Wolfe va s'embarquer pour Buuker-Hill, et je viens solliciter de Votre Excellence la permission de reprendre mou service.

Un nuage assombrit la figure placide du général , qui répondit avec un sourire :

— Ce ne sera qu'une affaire d'avant -postes, qui devra être bientôt terminée ; mais si je cédais aux instances de tous les braves jeunes gens dont l'ardeur m'est connue , la prise d'un monticule pourrait nous coûter trop cher.

LIONEL LINCOLN

— Qu'il me soit permis de dire que la famille Lincoln est du Mas- MCliusc-lts, et qu'elle doit donner l'exemple en eette occasion.

— Les lidèles sujets des colonies sont sunisaniment représentas, reprit Cw:if;e. en jetant un coup d'o'il sur le groupe qu'il venait de quitter. Mon conseil a désii^ni' les otliciers <|ui devaient faire partie de l'expédition, et je rep,relte que le nom du major Lincoln ait été oublié, luais il ne faut pas exposer suns nécessité de |)récicuses evistences.

Lionel s'inclina, et apr^s avoir répété le jumi de renseiirncments qu'il avait obtenus de Job Pray, il se retira. Comme il sortait, le général Kurgojne le remarqua, et le prit familièrement jiarle bras.

Meriton domestique de confiance du major.

— Vous êtes comme moi, Lincoln, dit-il en arrivant dans l'antichambre, je vois il votre physionomie allongée que vous ne prenez point part à la bataille d'aujourd'hui. La chance est pour Howe , s'il peut y avoir de la chance dans une aussi misérable affaire. Mais , allons I puisqu'on nous refuse un rôle dans le drame, soyons au moins spectateurs. Accompagnez -moi à Copps-Uill, et, faute de tragédie, nous y verrons la farce.

— Pardonnez-moi, général Burgoyne , dit Lincoln, si j'envisage les choses plus sérieusement que vous.

— Ah ! j'avais oublié que vous étiez avec Percy dans l'escarmouche de Lexington; ce sera une tragédie, si vous voulez. Marchons! Clinton va s'unir à nous, et nous prendrons une leçon de manœuvre en étudiant la manière dont Hoxie fera ses évolutions.

En effet, ils acceptèrent comme compagnon un militaire d'un âge mûr, qui sans avoir la grâce et l'aisance de Burgoyne, avait une expression plus martiale. Suivis de leurs aides de camp et de leurs domestiques, ils se rendirent en corps sur la colline où était le cimetière. Dès qu'on fut dans la rue, Burgoyne quitta le bras du major pour marcher avec toute la dignité convenable à côté de son collègue Clinton. Lionel fut ravi de recouvrer sa liberté, et il se mit ii l'écart, pour observer dans le juiblic des manifestations que la fierté des autres leur faisait dédaigner. Des femmes pâles et agitées étaient à toutes les fenêtres; les toits des maisons et les clochers des églises se garnissaient de'spectateurs jilus hardis, mais non moins curieux. Les tambours ne battaient plus ilans les rues, mais parfois les sons perçants du fifre se faisaient entendre sur les eaui, et annonçaient que les troupes étaient en route ]iour la presqu'île opposée. Les détonations de l'artillerie n'avaient point cessé de se faire entendre depuis l'aurore, et l'oreille, qui avait fini par s'y habituer, parvenait h distinguer de moindres sons. La ville basse semblait complètement déserte, quoique les ]iortes cl les fenêtres fussent ouvertes, tant avait été grand remprcssement universel. Cette curiosité profonde gagna les deux généraux. Us hâtèrent le pas, et arrivèrent bientôt sur la colline.

Toute la scène se déroula à leurs yeux.

Devant eux était le village de Charlestown avec ses rues désertes, «es toits silencieux, ses habitations î.baiulonnées. Au sud-ouestdc la presqu'île, le sol était déjà couvert de soldats , dont les armes élince-

laient au soleil du midi. Entre le village et ce point s'élevait la redoute améric^iine, dont les glacis et les parapets étaient constamment liallus en brèche par les bombes et les canons des vaisseaux de guerre. Toutefois, lis travai'Ieurs ne se décourageaient pas; ils travaillaient sans relâche ,i foitificr les coteaux, comme s'ils se fussent livrés à une occupation ordinaire. Revêtus des simples et grossiers vêtements de leur profession respective, n'ayant pour défi use que les armes qu'ils avaient décrochées du manteau de leur cheminée, ils se préparaient a résister vaillamnicnl aux troupes royales. On sut plus tard que pendant leurs opérations ils s'étaient même privés d'aliments, tandis que leurs ennemis en attendant l'arrivée de l'arrière-garde savouraient un excellent repas.

L'instant fatal parut approcher; les bataillons anglais s'alignèrent sur la plage, abrités par les flancs escarpés des coteaux. Les derniers bateaux déposèrent leur fardeau, et les officiers coururent porter au régiment les ordres définitifs du général Howe.

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