‹ Œuvres completes de Fenimore CooperChapitre 170 sur 253 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Les changements opérés depuis un siècle et demi sur ce continent sont merveilleux. Des villes entières se sont élevées là oii la nature

LE COLON D'AMI" IQUË

n't'l.iil (|ii'iin ili'siTl, et nous :ivoiis do boiinos misons <1<' croire qu'une cilr lloriss.iiitf ciiuvri' l'cmlroil oii (À)nanilu'l rcrul le coup de la mort.

les demeures rviises s'élève à trois;

cil - ,,... ,

niais, bien que le ]>ays ait subi une aussi rapide transfuruiatiou, la vallée oit s'est passée cette léj;ende est très-peu cliaui;ée. l.e bamcau est devenu villaije -, les fermes sont mieux cultivées, agrandies et plus confortables; le nombre des ,, les forts, les r;,i misons et tous les signes de crainte d'invasion ont disparu depuis longtemps; mais le lieu reste toujours isolé, peu connu, et fortement empreint des marques distinctives de son origine champêtre.

Un descendant de Marc et de î\Iarllie est actuellement possesseur de la propriété sur laquelle les nombreux incidents de notre simple liistoire se ])assèrent. l.e bâtiment qui fut la seconde habitation de son aïeul est en partie debout, bien que des changements et des

— '■ " t notablement changé la forme. Les vergers

et productifs sont actuellement vieux et ont donné une renommée à ces variétés de

agrandissemenls en aien qui en li;;.', étaient jeune sans ra])p(irt

Les arbres

fruits dont le sol et le climat ont doté en abondance les habitants de

— Vois, dit Narra-Matlah , c'est un soutien des Peaux-Rouges; le petit aigle a quitté son nid trop t6t.

ce séjour. On les conserve en souvenir des scènes terribles qui eurent lieu sous leurs ombrages, et qui rattachent à leur existence un intérêt profond de curiosité. Les ruines de la forteresse sont encore visibles. A leur pied est la dernière demeure de tous les Heathcote qui ont vécu et qui sont morts depuis deux siècles dans le voisinage. Les tombes des derniers se distinguent par des tables de marbre, mais plus près des ruines il y en a de plus anciennes dont les pierres, à moitié enfouies sous l'herbe, furent taillées dans les flancs grossiers des collines de la contrée.

Une personne qui jirenait intérêt aux souvenirs des temps passés eut l'occasion, il y a quelques années, de visiter ce lieu. Il lui fut facile de suivre les naissances et les morts de génération en génération par le rapiirochement des dates et la comparaison entre les monuments prétentieux et ceux plus simples du siècle précédent. Au delii de cette période les recherches étaient plus pénibles et plus incertaines , mais son zèle ne se rebuta pas.

Sur chaque monticule , un seul excepté , il y avait une pierre , et chaque pierre portait une inscription en caractères jilus ou moins lisibles. La tombe qui ne portait pas de pierre devait, par sa position et par sa grandeur, recouvrir les ossements de ceux qui étaient morts la nuit de l'incendie. Une autre portait en caractères profondément inciustés le nom du jiuritain. Sa mort était survenue en lURO. A côté une iiicrrc plus humble sur laquelle on voyait tracé , mais d'une manière presqui' illisible, le nom de Soumission, 11 était impossible de reconnaître si la date portait IC80 ou 1(;90. La mort de cet homme restait enveloppée du mystère qui avait accompagné sa vie. On n'a jamais pu découvrir son véritable nom, sa famille, sa position, au delà

de ce que ces jiages en ont révélé. On conserve la famille des Heathcote un livri' de compte d'une tr que la tradition rattache il son existence. Joint à ce

néanmoins dans oupe de cavaliers document impar-

Soumission et le Narragansett dans la forêt.

fait et presque effacé, on trouve un fragment de journal qui mentionne la condamnation et l'exécution de Charles l" sur l'échafaud.

Uncas , principal chef de ta tribu des Hohicans.

Le corps de Content repose à côté de ses |>lus jeunes raît avoir vécu jus(|u'au commencement du dernier siè lard vivant il y a quelques années se rappelait l'avoir

enfants et paele. Un vieilconnu lionord

LE COLON D'AMÉRIQDE.

pour sa tète blanclic de patriarche et respecté pour ses vertus et sa tioucfur. Il vécut veuf près d'un demi-siècle. Ce fait regrettable est coiislaté par l'inscription du monlicule voisin , reconnue pour celle de Rutli , fille de George Harding, de la colonie de ILnssachusetls Bay, et femme du capitaine Content Heathcote, morte dans l'automne de 'C7S, comme l'indique la pierre, l'âme brisée par les aflliclions de fan.ille sur la terre , mais pleine d'espérance dans les joies célestes de l'éternité.

l.e ministre qui ofliciait dans l'église principale du village, et qui y remplit sans doute encore son devoir charitable, s'appelle le révérend

Mort de Narra-Mattah.

Meek Lamb. Bien que descendant de celui qui dirigeait le temple à l'époque de notre récit, le temps et les alliances ont amené ce changement dans le nom, et heureusement encore quelques autres modifications dans les inlcrprélalions doctrinaires du devoir. Lorsque ce digne serviteur de l'Eglise connut l'objet qui amenait un habitant d'une autre colonie , un descendant d'une race de reiigionistes qui avaient quitté la mère patrie pour pratiquer d'une manière dilïérente, et qu'il s'intéressait ii l'histoire des premiers habit:inls de la vallée, il se fit un plaisir de l'aider dans ses recherches. Les demeures des Dudley et des Ring étaient nombreuses dans le village et dans les environs. 11 indiqua une pierre entourée de bea^ucoup d'autres qui portait ces noms, et sur laquelle ces mots étaient grossièrement gravés :

« Je suis Nipset, un Narragansett ; am neiges prochaines je serai un guerrier. » La tradition dit que le frère de Foi retourna peu à peu à la vie civilisée , mais qu'il avait parfois des éclairs de souvenir des plaisirs séduisants dont il avait joui jadis dans la liberté des bois.

En parcourant ces débris mélancoliques des scènes d'autrefois, une question fut adressée au ministre sur le lieu oiiConanchet avait dû être enterré. Il olïrit aussitôt d'y conduire l'étranger. La tombe était sur la montagne et ne se distinguait que ]iar une simple pierre que l'herbe avait longtemps cachée à tous les yeux ; elle ne portait que ces mots : • Le Narragansett. »

— Et celle qui est à côté , demanda l'étranger, et que je n'avais pas encore aperçue ?

Tombeau de Narra-Mattah.

Le minisire se pencha sur l'herbe, et écartant la mousse qui recouvrait l'humble tombe, il montra une ligne d'inscription gravée avec le plus grand soin.

Celte inscription ne portait que ces mots :

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