‹ Œuvres completes de Fenimore CooperChapitre 19 sur 253 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Heureusement peut-être pour notre héros , une indisposition obligeait madame Lcchmere à garder la chambre. Elle ne pouvait plus montrer, à légiird de son pelit-nevcu, Cfs pr('occu|'ations mondaines dont il s'était souvent défié, ou lui révéler par quelques paroles des calculs intéressés. L'image de Cécile apparaissait à sou amant dans tout son éclat, sans tache et sans mélange. Absorbé par son amour, il ne songeait même plus aux scènes inexplicablis dans lesquelles sa tante avait joué un rôle. S'il se les rappelait paribis, elles passaient sur les riants tableaux de son ardente imagination , comme l'ombre sans nuage des airs glisse sur un beau paysage. L'amour et l'espérance, ces deux puis-anls auxiliaires, l'avaient réconcilié avec madame Lechmerc. Il lui tinait compte d'ailleurs d'un accident dont la cause semblait être l'aU'ection qu'elle lui portait.

Le jour de l'opération de laquelle dépendait la vie du major, sa tante en avait attendu l'issue avec la plus vive anxiété. Dès qu'elle avait été instruite du succès, elle s'était dirigée en toute hâte vers la chambre du blessé. En vain Agnès D.inforth avait voulu l'arrêter : madame Lechmere', avec celte vivacité imprudente , s'était élancée dans l'escalier. Sun pied s'était embarrassé dans sa robe , et elle avait fait une chute qui aurait pu être fatale même a une femme beaucoup plus jeune. Il en était résulté des douleurs internes, et une assez vive inflammation , mais les symptômes alarmants commençaient à disparaître.

Lorsque Cécile et Agnès revinrent de l'église, elles montèrent dans l'appartement de la malade, laissant PoUvartb regagner sondomicile, et Lionel se promener de long en large dans le salon. Pour se distraire, le jeune homme s amusa à examiner h s bizarres ornements des boiseries, sur lesquelles les armoiries de sa famille étaient si fréquemment'reproduites , et si avantageusement placées. Enlin il entendit des pas légers dont le bruit lui était connu, et miss Uynevor vint le rejoindre.

— Eh bien , lui dit-il en s'asseyant à côté d'elle sur un canapé , j'espère que ma tante se porte mieux?

— Si bien qu'elle veut risquer ce matin une entrevue avec vous. En vérité, Lionel, ma grand uière a des droits positifs à votre reconnaissance. Quoiqu'elle soit indisposée, elle n'a cessé"de demander de vos nouvelles ; et souvent même avant de répondre aux questions qu'on lui adressait sur sa santé , elle exigeait qu'on lui donnât des renseignements sur la vôtre.

— C'est donc à vous que je dois de la reconnaissance , répliqua Lionel , car si mes jours ont tant de prix à ses yeux , c'est sans doute parce que je dois unir ma destinée à celle de sa petite-fille. Aviz-vous instruit madame Leclimere de toutes mes prétentions? Connaît-elle notre engagement ?

— J'ai uù le lui révéler. Tant que votre vie était en péril, j'ai renfermé mes sentiments dans mon coeur ; mais quand on nous a fait espérer votre rétablissement, j'ai déposé votre lettre entre les mains de ma tutrice naturelle, et j'ai eu la consolation de savoir qu'elle approuvait ma... Comment dirai -je , Lincoln? le mol folie ne scruit-il pas le meilleur?

— Employez le mot que vous voudrez , pourvu que vous ne x'ous rétractiez point. Par égard pour la faiblesse de madame Lechmere , je me suis abstenu de sonder ses intentions; puis-je me flatter, Cécile, qu'elle ne me repoussera point?

Le sang monta au visage de miss Dynevor, mais elle se remit de sou émotion involontaire, et répondit avec cîhue :

7- Non, sans doute, comme chef de la famille Lincoln , vous avez toujours été l'objet de la prédilection de ma grand'mère. C'est une faiblesse bien naturelle, mais ce n'en est pas moins une faiblesse !

Lionel devina en ce moment les scrupules de délicatesse qui avaient fait paraître miss Dynevor si capricieuse , dans ce temps oii il lui adressait ses hommages, sans l'avoir encore captivée. Au reste, il garda pour lui sa découverte.

— Ainsi, reprit-il, je puis solliciter le consentement de votre grand'mère à notre union immédiate ?

— Quoi ! pouvez-vous songer à célébrer une noce , lorsque vous êtes exposé à suivre d'un moment à l'autre le convoi de quelque ami?

— Cette raison même doit nous faire hâter notre mariage, Cécile.

La îaisoii avance, et ce semblant de guerre doit avoir un terme. Le général Howe sortira de ses lignes pour chasser les Américains des collines, ou bien il portera la guerre sur un autre po nt du territoire. Dans les deux cas , vous vous trouverez au milieu des alarmes et des dissensions civiles , auprès d'une mère dont vous êtes plutôt le soutien que la pupille. ^ ous ne pouvez refuser d'accepter ma protecion dans une pareille crise, si ce n'est pour moi, que ce soit du moins pour vous,

— Vos arguments sont ingénieux, répondit miss Dynevor; mais permettez-moi de n'en pas être convaincue. Supposons qu'on parvienne à chasser des collines l'armée de Washington, qui, tout rebelle qu'il soit, a d'incontestables qualités, je n'ai pas, a m'en occuper. Si, au contraire , Howe se décide à éxacuer , je resterai tranquillement oîi je suis. La présence d'une garnison anglaise ou le retour de mes compatriotes garantit également ma sécurité.

— IMais si l'on se bat, Cécile, je puis être appelé à prendre les armes. Vous savez, par une triste expérience, que je ne suis pas invulnérable; ma blessure a été pour votre cœur généreux le sujet de douloureuses émotions. Eh bien, chère Cécile, s'il fallait encore passer six mois pareils, lequel vaudrait mieux de me prodiguer vos soins affectueux en secret , comme secrèlemcnt fiancée , ou de montrer votre tendresse au monde à titre d'épouse légitime?

Ces paroles du major firent venir dans les yeux de miss Dynevor des larmes, qui , après avoir roulé sur ses longs cils noirs, se détachèrent comme des perles du réseau tremblant auquel elles étaient suspendues. Alors elle leva la tète et dit à Lionel, qui la regardait avec amour:

— INe croyez-vous pas que j aie assez souffert comme fiancée , fautil que des liens |dus étroits comblent la mesure de ma douleur ?

— Mais répoiuUz d aboid il ma question avant de m'en adresser une.

— Est -elle complètement désintéressée , Lincoln?

— Elle ne l'est peut-être pas en apparence ; mais la vérité est que tout en m'occupant de mon propre bouheur, je songe à vous défendre contre le rude contact de ce monde.

Jliss Dynevor éprouvait un grand embarras; cependant elle dit à voix basse :

— Vous oubliez, major Lincoln , que j'ai à consulter une personne, sans l'approbation de laquelle je ne puis rien promettre.

— Voulez-vous vous en rapporter à sa sagesse ? Si madame Lechmere approuve notre union immédiate, puis-je lui dire que vous m'avez autorisé à lui demander son adhésion?

Cécile ne répondit pas; mais souriantà travers ses larmes, elle laissa Lionel s'emparer de m main d'une in.luière qu'il n'était pas diûicile de prendre pour un consentemtnt.

— Allons donc, s'éeria-t-il; courons chez madame Lechmere. Ne m'avcz-vous pas dit qu'elle m'attendait? Et prenant le bras de miss Dynevor, il l'entraîna vers la chambre de la malade. Toutefois, malgré son impétuosité, a\aut de franchir le seuil de la porte , il ne put s'empêclicrde songer aux mystérieuses intrigues dont sa tante était accusée. De noirs soupçons se réveillèrent dans son âme ; mais il passa pardessus toute considération en contemplant la douce et tremblante créature qui s'appuyait sur son bras. Il se souvint aussi des attentions que sa tante avait eues pour lui, et loin de faire froide mine à la malade, il l'aborda avec cordialité et même avec une sorte de reconnaissance.

!\Iadame Lechmere était alitée depuis plusieurs semaines, et ses traits creusés par l'âge attestaient par leur pâleur et leur amaigrissement les ravages de la maladie. Sa. figure avait cette expression d'angoisse , que les souffrances corporelles longues et prolongées laissent jiarfois sur la physionomie humaine. Cependant son front était calme, et ce n'était qu'à de courts intervalles que le jeu de ses muscles trahissait encore quelques douleurs passagères. Elle reçut les visiteurs avec un sourire plus doux et jilus conciliant que d'habitude.

— Merci, merci, cousin Lionel, dit-elle eu tendant à son petitneveu sa main flétrie; c'est une délicate attention de la part des malades de venir voir ceux qui se portent bien, car après avoir désespéré de vous , je ne puis regarder comme de sérieuses blessures les contusions insignifiantes dont je me plains.

— .le souhaite, madame, que vous vous rétablissiez aussi bien que moi , dit Lionel; je n'oublierai jamais que je suis la cause involontaire de votre indisposition.

— Laissons cela, monsieur; il est naturel de s'intéresser à se» parents , j'ai le bonheur d'assister à votre guérison , et j'aurai celui de voir cette maudite rébellion étouffée, s'il plaît à Dieu.

Elle s'arrêta , et souriant au jeune couple qui s'approchait de sa couche , elle ajouta :

— Cécile m'a tout dit, m.ijor Lincoln.

— Pas tout , ma chère dame , interrompit Lionel , j'ai quelque chose à .?jouter; et j'avouerai en commençant que vous êtes appelée à juger mes prétentions.

— Avec votre naissance, votre éducation, vos vertus, cousin Lionel, vous ne sauriez avoir de prétentions. Cécile, mon enfant, passez dans mon cabinet, et ouvrez le tiroir secret de mon bureau , vous y trouverez un papier qui porte votre nom; lisez-le, et apportez-le moi.

Elle fit signe à Lionel de s'asseoir, et reprit la conversation après le départ de sa petite-fille.

LIONEL LINCOLN

Comme nous :illons parlrr <riifl\iires , major Lincoln , il n'est pas

néets^aire nue celte timide enfant soit piésente. (Quelle est la faveur l)aaiciilièrc (juc vous avez ii me demaniler ?

Je venv vous prier de m'-iccorder immédiatement le don le plus

précieuv qui soit à votre disposition.

nia pelile-lille ! les rélicenoes entre nous, cousin Lionel , sont

inutiles , car vous vous r ipiiellerez que je suis aussi une Lincoln. Parlons ilonr à caMir ouvert, comme deux amis, qui veulent prendre une (l( lermiualion sur une aflaire qui lis intéresse également.

— Tel est mon plus ardent désir. J'ai représenté a miss Dynevor les périls des temps, la situation critique du pays, et j'y ai trouvé des motifs pour nous marier le jilus tôt possible.

— Kt (pi'a dit Cécile ?

— Elle s'est montrée bienveillante, mais fidèle à ses devoirs; elle s'en rapporte entièrement à votre décision, par laquelle elle se laissera guider.

Le générai Burgoyne.

Madame Lechmere demeura pendant quelques instants sans répondre ; mais SCS traits dénotaient l'agitation de sou âme. Ce n'était certainement pas le mécontentement qui la faisait hésiter , puisqu'il était impossible de méconnaître la joie qui brillait au fond de ses yeux caves. Elle n'était pas réellement indécise, mais toute sa physionomie indiquait le trouble oii pouvait la jeter l'accomplissement subit d'un but longtemps désiré. Son émotion se calma par degrés ; ses sentiments devinrent plus naturels, ses yeux sévères se remplirent de larmes , et quand elle reprit la parole , sa voix tremblante avait une douceur que Lionel ne lui avait jamais connue.

— Ma fille Cécile est pleine de respect et de soumission. La fortune qu'elle peut vous apporter , major Lincoln, n'est rien comparativement à vos trésors, et elle n'a point de titre qui puisse augmenter l'éclat de votre nom ; mais elle vous donnera quelque chose d'aussi avantijgeux, de plus avantageux peut-être , un cœur vertueux qui n'a jamais été souillé par une seule pensée coupable.

— C'est mille fois plus estimable à mes yeux , ma digne tante! s'écria Lincoln attendri : quand même elle se présenterait à moi sans fortune et sans nom , elle n'en serait pas moins ma femme , car elle a du prix par elle-même.

— .le ne parle que par comparaison , major Lincoln ; la fille du colonel Dynevor, la petitc-fille du lord vicomte Cardonnell , est d'une naissance dont personne ne saurait rougir, et la descendante de John Lechmere n'est pas un mauvais parti. Lorsque Cécile deviendra lady Lincoln , elle n'aura pas à cacher l'écusson de ses ancêtres sous le blason de son épouv. Mais vous ai-je bien compris? ne m'avez-vous pas demandé de consentir à un mariage immédiat?

— Oui, ma chère dame, et que ne piiis-je avoir pour témoin mon ]>auvre père , qui sera peut-être rendu quelque jour au bonheur et à la raison I

Madame Leclimere contempla son neveu avec égarement et fris-

sonna de tous ses membres. Une légère rougeur passa sur ses Joues pâles , et elle sembla près de se trouver mal. Lionel saisit la sonnette, mais il fut arrêté par un geste expressif.

— (^est inutile, dit-elle, je me sens mieux ; donnez-moi cette potion qui est auprès de vous.

Madame Lechmere but à longs traits, et quelques minutes après ses yeux avaient repris leur expression d'impassibilité et d'endurcissement.

— Vous voyez, major Lincoln, ajouta-t-ellc , que la jeunesse est plus propre que la vieillesse à supporter la maladie ; mais revenons au sujet de notre entretien. Non-seulement je vous donne mon consentement, mais je désire que vous épousiez ma petite-fille. C'est un bonheur que j'avais rêvé sans oser l'espérer, et j'ajouterai franchement que l'accomplissement de mes vœux adoucira le soir de mes jours.

— En ce cas , ma chère dame , pourquoi différer? Personne ne peut dire ce que demain nous tient en réserve dans les circonstances où nous nous trouvons , et les heures de combat ne sont pas propices au mariage.

Après avoir rêvé un instant, madame Lechmere répliqua :

— IVous avons une bonne et sainte coutume dans cette province religieuse : c'est de choisir pour entrer dans l'honorable état de mariage le jour que le Seigneur a réservé exclusivement à son culte. Décidezvous donc pour ce jour ou pour dimanche prochain.

Quelle que fût l'ardeur du jeune homme, il fut un peu surpris de tant de précipitation , mais son orgueil ne lui permit pas d'hésiter.

— Que ce soit donc aujourd'hui , si miss Dynevor y consent.

- — La voici , et elle vous dira qu'elle accède a mes volontés. Cécile, ma chère enfant, j'ai promis au major Lincoln que vous seriez sa femme aujourd'hui.

En entendant ces mots, miss Dynevor s'arrêta comme pétrifiée. Ses couleurs passèrent et revinrent tour à tour, et le papier qu'elle apportait tomba à ses pieds, qui semblaient cloués au parquet.

■ — Aujourd'hui ! répéta-t-elle d'une voix éteinte; ai-je bien entendu, ma grand'mère ?

— Aujourd'hui même, mon enfant.

— Pourquoi celte répugnance? dit Lionel en la faisant asseoir. Vous savez dans quelles circonstances fatales nous vivons ; vous avez partagé nos idées. Songez que l'hiver touche à sa fin, et que le premier dégel pourrait amener des événements qui changeraient entièrement notre situation.

— Ces raisons peuvent avois du poids à vos yeux, major Lincoln, interrompit madame Lechmere d'un ton dont la solennité frappa ses auditeurs , mais j'ai des motifs plus sérieux. N'ai-je pas déjà éprouvé les funestes conséquences d'un retard ! Vous êtes jeunes et purs , pourquoi ne sericz-vous pas heureux ? Cécile , si vous m'aimez et me respectez comme je le crois , vous vous marierez aujourd'hui.

— Laissez-moi le temps de réfléchir, ma chère mère; l'engagement que je vais contracter est si nouveau et si imposant! Major Lincoln , mon cher Lionel , je connais la générosité de votre caractère , je me confie à votre bonté.

Lionel ne répondit pas , mais madame Lec'.imere reprit avec calme :

— C'est à ma prière que vous cédez et non à la sienne.

Miss Dynevor se leva froidement , comme si sa délicatesse eût été offensée, et elle dit à son amant avec un douloureux sourire :

— La maladie a certainement affaibli ma bonne mère , vous m'excuserez donc si je désire rester seule avec elle.

— Je vous laisse, Cécile, répondit le jeune homme, mais si vous attribuez mon silence à d'autres motifs qu'aux égards que j'ai pour vos sentiments vous êtes injuste envers vous et envers moi.

Cécile exprima sa reconnaissance par un coup d'œil, et il se retira pour attendre le résultat de l'entretien. La demi-heure que Lionel passa seul dans sa chambre lui sembla plus longue qu'une année ; mais enfin Meritou vint lui annoncer que madame Lechmere le demandait.

Le major vit du premier coup d'œil que sa cause était gagnée. Sa tante s'était recouchée sur son oreiller, et sa figure avait une expression si prononcée de calcul et d'égoisme satisfaits , qu'il regretta presque de n'avoir pas échoué. Mais lorsqu'il aperçut Cécile éplorée et rougissante, il se dit que pourvu qu'elle fut à lui de plein gré, peu lui importaient les instigations qui l'avaient déterminée.

— ^ ous m'avez jugé, dit-il en s'approchant de sa fiancée; je dois renoncer à mes illusions ; mais j'ai lieu d'espérer , si vous n'avez consulté que votre bonté.

— J'aurais eu tort peut-être, répondit miss Dynevor en souriant, de vous disputer quelques jours , puisque je me sens prête à consacrer mon existence à votre bonheur. Ma grand'mère désire que je me place sous votre protection.

— Ainsi , c'est pour ce soir.

— La céréuioine peut se retarder, si quelque difficulté se présente.

— Il n'y 111 a aucune, interrompit Lionel. (îràce au ciel , les formalités du mariage sont très-simples dans les colonies, et nous avons le consentement de tous ceux qui ont des droits sur nous.

— Allez donc, mes enfants, et faites les dispositions nécessaires: c'est un lien solennel qui vous lie ; il doit assurer votre félicité.

Lionel serra la main de sa prétendue, qui, se jetant dans les bras de

LIONEL LINCOLN

sa grand'mère , laissa échapper un torrent de larmes. Madame Lechmère ne repoussa point son enfant ; elle la pressa au contraire à plusieurs reprises sur son cœur ; mais ses regards trahissaient plutôt l'orgueil mondain que les émotions qu'une pareille scène aurait dû naturellement exciter.

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