CHAPITRE XXV
Baissons maintenant le rideau sur notre drame, et passons à l'acte suivant. Plusieurs jours se sont écoulés pendant lesquels d'importants changements ont eu lieu dans la situation de nos personnages. Il est midi ; le lieu de la scène est un plateau élevé, situé à peu de 'listance d'une rivière. Celle-ci prenait sa source à la base des Montagnes Rocheuses ; après avoir baigné une vaste étendue de plaine, elle mêlait ses eaux à un affluent plus considérable encore, pourallerdéfinitivementse perdre dans les eaux troubles du Missouri. Le paysage était moins désolé ; quoique la main qui avait imprimé Je cachet du désert sur le pays environnant fit encore sentir en ce lieu une partie de sa puissance. Les bouquets d'arbres y étaient épars en plus grand nombre, et, vers le nord, une longue lisière d'antiques forets bornait la vue. Çà et là, dans la vallée, on voyait les marques de la culture hâtive et imparfaite de ceux des légumes indigènes dont la croissance est prompte et qui peuvent se développer presque sans le secours de l'art, dans un sol profond et alluvial. Sur le bord du plateau s'élevaient les cent habitations d'une horde de Sioux errants. Ces légères demeures étaient placées sans aucun égard aux lois de la symétrie. On paraissait, dans leur construction, n'avoir eu en vue que la proximité de l'eau, et même cette importante considération n'avait pas toujours été consultée. Ce camp n'avait rien de militaire, et rien dans sa position et ses abords ne le mettait à l'abri d'une surprise. Il était ouvert de tous côtés, si l'on en excepte l'obstacle naturel de la rivière. Enfin, ce lieu paraissait avoir été occupé plus longtemps que ses habitants ne se l'étaient primitivement proposé, et néanmoins on voyait que tout était prêt pour un départ immédiat ou même pour une fuite.
Là était momentanément campée cette portion de la tribu des Sioux qui, conduite par Mahtori, avait longtemps chassé sur les terres voisines des belliqueuses peuplades des Paunics. Les tentes étaient de peaux ; elles étaient hautes ; leur foimc était conique et leur construction des plus simples. A l'entrée de chaque tente, on Toyait suspendus à un léger poteau le bouclier, le carquois, la lance et l'arc de celui qui l'occupait. A côté, étaient négligemment épars les divers ustensiles domestiques à l'usage de ses deux ou trois femmes ou de sa femme unique, suivant le plus ou moins de renom du guerrier ; çà cl là, on voyait sortir la petite tète ronde d'un enfant du milieu de son berceau d'écorce, qui se balançait dans l'air, attaché au même poteau par une courroie de peau de daim. Des enfants plus grands se roulaient les uns sur les autres, les garçons se distinguant déjà par cette espèce de domination qui, plus tard, devait marquer l'immense distinction entre les deux sexes. Les adolescents étaient dans la vallée, essayant leur jeune vigueur à dompter les sauvages coursiers de leurs pères, pendant que plus d'une jeune fille avait quitté furtivement ses occupations pour venir admirer leur courageuse et impatiente audace. Jusque-là ce n'était que l'ordinaire aspect d'un camp plein de confiance et de sécurité. Mais devant les tentes on voyait une réunion qui semblait présager quelque chose d'étrange. Quelques-unes des vieilles femmes les plus ridées et les plus impitoyables de la bande s'étaient rassemblées, appelant un spectacle que convoitaient leurs goiits dépravés, comme on voit des êtres plus civilisés contempler avidement des tableaux non moins révoltants. Les hommes étaient subdivisés en groupes assortis, suivant les exploits et la réputation des individus qui les composaient. Les individus arrivés à l'âge équivoque qui leur donnait le droit d'être admis à la chasse, mais dont la prudence était encore trop douteuse pour qu'ils marchassent dans le sentier de la guerre, erraient autour de cet ensemble, imitant, d'après les farouches modèles placés devant eux, cette gravité de maintien, cette réserve de manières qui, plus tard, devaient former leur propre caractère. Quelques-uns, plus âgés et qui déjà avaient entendu le cri de guerre, étaient un peu plus hardis et approchaient les chefs de plus près, sans avoir toutefois la présomption de se mêler à leurs délibérations, suffisamment honorés qu'on leur permit de recueillir la sagesse qui découlait de ces lèvres vénérables. Les guerriers de la troupe, plus hardis encore, n'hésitaient pas à se mêler parmi les chefs d'un rang inférieur, mais jamais ils ne se permettaient de contredire l'opi nion d'un brave reconnu, ou de mettre en question la prudence des mesures recommandées par les sages de la nation. Parmi les chefs eux-mêmes, il existait une singulière distinction marquée à l'extérieur, lisse divisaient en deux classes : ceux qui devaient principalement leur influence à des qualités physiques et à des faits d'armes, et ceux qui avaient acquis leur réputation plutôt par leur sagesse que [lar leurs services guerriers. Les premiers constituaient la classe la plus nombreuse et de beaucoup la plus inmorlante. C'étaient des hommes d'une haute stature, et dont les traits sévères étaient rendus doublement imposants par des cicatrices profomks et
indélébiles, signes évidents de leur bravoure. Mais la portion qui devait son influence à un ascendant moral était extrêmement limitée. Ces derniers se distinguaient uniformément par l'expression vive de leurs yeux, par la circonspection de leurs mouvements et de temps à autre par la véhémence de leur parole. Au milieu du cercle formé par ces conseillers d'élite, on distinguait la personne de Mahtori, qui déguisait son agitation sous un calme apparent. Il réunissait dans sa personne et dans son caractère les qualités diverses de tous ses compagnons. L'esprit aussi bien que la matière avaient contribué à établir son autorité. Ses cicatrices étaient aussi nombreuses et aussi profondes que celles du plus intrépide guerrier de sa nation ; son corps était dans sa plus grande vigueur, son courage au plus haut degré , l'œil le plus perçant se baissait devant la menace de son regard, il savait si bien unir la puissance de la raison et de la force que, dans un Etat social oii il eût pu déployer toute son énergie, le chef teton eût probablement été tout à la fois conquérant et despote. A quelque distance de ce rassemblement, on apercevait un groupe d'individus d'origine toute différente. Plus grands et plus robustes, les traits distinctifs de la race saxonne et normande se retrouvaient encore sous leur teint bruni par le soleil d'Amérique. C'étaient l'émigrant et ses fils, tous indolents et inertes, comme d'habitude, quand nul besoin n'éveillait leur dormante énergie. On les voyait
froupés en face de quatre ou cinq habitations de peaux, dont ils talent redevables à l'hospitalité de leurs confédérés tétons. Les conditions de cette alliance inattendue étaient suffisamment expliquées par la présence des chevau*- et des bestiaux qui paissaient tranquillement au-dessous des tentes des blancs et dans la vallée, sous la garde de l'intrépide Esther. Les charriots formaient autour de leur demeure une sorte de barrière irrégulière, qui prouvait que leur sécurité n'était pas complète, pendant que d'autre part leur prudence ou leur indolence empêchait toute manifestation trop positive de défiance. Un singulier mélange de bien-être passif et de stupide curiosité se remarquait sur toutes ces physionomies, pendant que chaque individu, appuyé sur sa carabine, considérait les mouvements des Sioux. Ils parlaient rarement; et, lorsqu'ils le faisaient, c'était pour faire quelques remarques couries et dédaigneuses, destinées à faire ressortir avec évidence la supériorité physique d'un blanc sur un Indien. Enfin la famille d'ismaël semblait maintenant jouir, noa sans quelque lueur de défiance, d'un bien-être provenant d'une complète inaction. Abiram formait seul exception à cet état de repos équivoque. Après une vie passée à commettre mille ba.ssesses subalternes, le marchand de chair humaine était devenu assez endurci pour tenter l'aventure désespérée que nous avons mise sous les yeux du lecteur. Il n'exerçait guère d'influence sur l'esprit plus intrépide, mais moins actif, d'ismaël ; et si ce dernier ne s'était vu subitemen. expulsé d'un terrain fertile dont il avait pris possession d'une manière peu légale, Abiram n'eût jamais réussi à engager son beaufrère dans une entreprise qui exigeait tant de résolution et de prévoyance. On en a vu le succès primitif et la ruine. Abiram était assis à l'écart, méditant sur les moyens de s'assurer les avantages de son méfait, qui devenaient à ses yeux de plus en plus incertains, par suite de l'admiration déclarée de Mahtori pour l'innocent objet de sa scélératesse. Nous le laisserons à ses projets incohérents et confus, pour nous occuper de quelques autres iiersonnages de notre drame.
Un autre coin du tableau était encore occupé. Sur une petite élévation de terrain, à l'extrême droite du camp, gisaient Middleton et Paul. Leurs pieds et leurs mains étaient douloureuflraent garrottés avec des courroies de peau de bison ; et par un raffinement 'He cruauté, ils étaient placés de manière que chacun d'eux pouvait voir dans les traits de son compagnon se réfléchir sa propre mi.sère. A douze pas d'eux, un poteau était fortement fixé en terre, et l'on y voyait attachée la personne de Cœur-diir, qui, par la lieauté de ses formes et de ses proportions, paraissait l'.ipollon du désert. Dans l'espace intermédiaire était le Trappeur, dépouillé de sa carabine, de sa carnassière et de sa boite à poudre, laissé du reste, peut-être par dédain, dans une sorte de liberté. Cependant la présence de cinq ou six jeunes guerriers, qui, l'arc et le carquois sur l'épaule, surveillaient les prisonniers à quelque distance, indiquait suffisamment combien serait impuissante toute tentative de résistance ou de fuite de la part d'un homme si âgé et si débile. Les trois captifs se livraient à une conversation qui pour eux avait un intérêt spécial. — Capitaine, disait le chasseur d'abeilles avec une expression d'inquiétude à laquelle se mêlait une teinte de gaieté qu'aucun malheur ne pouvait lui enlever entièrement, trouvez-vous qu'en effet celte maudite courroie de peau non tannée vous coupe l'épaule? ou est ce l'elTet du picotement que j'éprouve dans le bras? — Quand l'âme souffre aussi cruellement , le corps est insensible à la douleur, répondit JLddleton doué d'une sensibilité plus raffinée, mais moins courageuse peut-être; plût au ciel que quelques-uns de mes dignes artilleurs vinssent tomber sur ce camp maudit!— Autant vaudrait souhaiter que ces demeures des Tétons fussent autant de ruches de guêpes, et que ces insectes en sortissent pour combattre cette tribu de sauvages demi-nus!
Cela dit, le chasseur d'abeilles, enchanté de son idée, tourna le dos à son compagnon etcherchaun soulagement momentané à son
LES VEILLÉES LITTÉRAIRES ILLUSTREES
malheur dans la pensive J'iinc h)Poth(^sc aussi extravagante. Mid- | dicton n'olail pas fàoh.; do garder le silence : mais le Milliard , qui avait entendu leurs v):iroles, se rapprocha et continua I enlrelien, — Il est probable qu'il va se passer une scène infernale! (lit-il en secouant la tète de manière à laisser voir que nic^itie son expérience ne trouvait aucun remt;dc à une situation si critique. Notre anii c Pauniecst déjà condamné à la torture, et je vois au regard et à la mine du chelsioux, qu'il va pousser sa bande à de nouvelles cnormités. — Dites donc, vieux Trappeur, s'écria Paul en sel orçant, maltrré ses liens, de se soulever pour voir les traits attristes du vieillard'; V'^js êtes versé dans la connaissance des langues indiennes. Allez au conseil, et dites àlcurs chefs, en mon nom, c cst-à-dire au nom de Paul Hovcr , citoyen de 1 État de Kentiicky, que, pourvu qu'ils me garantissent le retour a.ssuré d HeUne Wade au sein des Etablissemenis, ils peuvent prendre ma chevelure a 1 époque et de la manière qu'il leur plaira; ou, s'ils refusent de traiter a ces conditions vous pouvez ajouter une ou deux heures de tortures pardessus le marché :cela pourra complaire à leurs appétits.— Ah ! mon garçon, il n'est guère probable qu'ils acceptent de pareilles olfres attendu que vousètes déjà comme un ours pris au trebuchet, aussi incapable de combattre que de fuir. Mais ne perdez pas courage" la eouli'ur d'un blanc, parmi les sauvages de ces tribus lointaines est quelquefois son arrêt de mort, et quelquefois aussi son bouclier; quoiqu'ils ne nous aiment pas, la prudence leur lie parfois les mains. Si ces nations rouges pouvaient voir leur vœu se réaliser, les arbres auraient bientôt couvert de rechef les cbamtislahourcs de l'Amérique, et les os des chrétiens blanchiraient le sol. Mais ils ont compté notre nombre, jusqu'à ce que leur mémoire épuisée fut incapable de continuer ce calcul, et ils ont bien au.ssi leur politique. En conséquence notre destin est indécis; mais je crains qu'il n y ait bien peu d'espoir pour lePaunie' ...
En achevant ces mots, le vieillard s'avança vers celui qui était l'objet de cette dernière observation. A quelques pas, il demeura immobile et muet. Mais les veux de Cœur-Dur étaient fixes vers l'horizon, et tout en lui annonçait un homme dontla pensée était complètement détai-liée de tout ce qui l'entourait. — Les Sioux délibèrent sur le sort de mon frère, reprit enfin le Trappeur lorsqu'il vit qu'il ne pouvait attirer l'attention du Paunie qu'en lui adressant la
parole. , • j-.
Le jeune guerrier tourna tranquillement la tête et répondit en souriant : — Us sont occupés à compter les chevelures suspendues a la hutle de Cœur-Dur? — Sans doute, sans doute; ils s'exaltent en Ronct'ant au nombre de leurs guerriers que vous avez frappes, et bien vous eût pris de chasser le daim et de marcher moins .souvent dans le sentier de la guerre. Alors, dans cette tribu, quelque mère sans enfants vous eût adopté pour son iils, et vos jours s'écouleraient en paix. — Mon frère cioit-il donc qu'un guerrier puisse jamais mourir? Le Maître de la vie n'ouvre point la main pour reprendre ensuite ses dons. Quand il a besoin de ses jeunes hommes, il les appelle , et ils partent. Mais l'Homme Rouge sur lequel il a une fois soufflé vit à jamais. — Oui, voilà une foi plus consolante et plus humble que celleiiue professent ces Telons sans cœur! Il y a quelque chose dans ces Paunies qui me va au fond de l'àrac ; ils paraissent avoir le courage, oui, et aussi la loyauté des Delawares des montagnes. Etce garçon... c'est étonnant, c'est on ne peut plus étonnant! son âge, son aspect, sa force, sa beauté... on dirait qu'ils ont été frères! Dites-moi, Paunie, avez-vous jamais, dans vos traditions, entendu parler d'un peuple puissant qui vivait autrefois sur les rivages du Lac salé, bien loin vers le soleil levant. — La terre est blanche des hommes de la couleur de mon père. — Non, non, je ne parle pas de ces rôdeurs qui se sont introduits dans le pays pour dépoui.ler les propriétaires légitimes, mais d'un peuple qui est ou plutôt était, tant par la nature que par la peinture, au5.si rouge que le fruit des buissons. — J'ai entendu dire aux vieillards qu'il y avait des tribus qui se cachaient dans les bois du côté du soleil levant , parce qu'elles n'osaient se trouver dans les prairies ouvertes face à face avec des hommes. — Vos traditions ne vous parlent-elles (xir de la plus sage d'entre les nations des Peaux Rouges, sur laquelle le Waheondah ait jamais soufflé?
Cœur-Dur souleva la tète par un mouvement de fierté que ses liens mêmes ne pouvaient réprimer, et il répondit:— L'âge a-t-il aveuglé mon père ? ou le grand nombre de Si^ux qu'il voit lui ferait-il croire qu'il n'y a (ilus de Paunies au mondef — Ah! voilà bien la vanité et l'orgueil des mortels ! murmura le vieillard trompe dans son attente ; la nature est toujours pareille (quelle que soit la couleur de la peau. Un Delaware s'estimerait aussi supérieur à un Paunie qu'un Paunie se croit supérieur aux princes de la terre. Il on était de même entre les Français du Canada et les habits rouges anglais que le roi avait coutume d'envoyer dans les Etats : ou .se battit, les chefs remplirent le monde du bruit de leur gloire ; et les pauvres soldats des deux partis soulTrirent et moururent oubliés.
Quand le vieillard eut ainsi exhalé les restes de fierté guerrière qui venaient do l'entraîner à son insu dans la faute même qu'il venait de blâmer, ses yeux, où brillait quelque chose de l'ardeur de
.sajeuncs.se, s'adoucirent et se tournèrent avec une expression inquiète sur le captif condamné, dont la physionomie avait repris son air de froide et pensive abstraction. — Jeune guerrier, continua-til d'une voix que l'émotion rendait tremblante , je n'ai jamais été ni pi'rc ni frère. Le Waheondah m'a créé pour vivre seul. Il n'enchaîna jamais mon cœur à un foyer on à un camp jiar les liens nui attachentà leurs huttes lescreurs des hommes de ma race; sans cela, je n'aurais jamais fait tant de chmiiin ni vu tant de choses. Mais j'ai longtemps vécu avec un peuple qui habitait les forêts de l'Est; et j'ai eu des motifs pour admirer son courage et aimer sa loyauté. Paunie, le M:iîlre de la vie nous a donné à tous unesympathic pour ceux de notre sang. Je n'ai jamais été père, mais je connais l'affection d'un père. Vous ressemblez à un jeune homme qui m'était cher, et je commençais même à croire qu'il pouvait y avoir de son sang dans vos veines. Vous êtes un homme loyal, et je le vois par la manière dont vous gardez votre foi; et la loyauté est une qualité trop rare pour qu'on l'oublie. Mon cœur sympathise avec le vôtre, jeune homme, et je voudrais faire quelque chose qui vous lût agréable. Le jeune guerrier écouta tranquillement ces i)aroles qui .sortaient des lèvres du vieillard avec une force et une simplicité qui prouvaient leur franchise, et il inclina la tète sur sa poitrine en témoignage du respect avec lequel il recevait ces marques d'intérêt; puis relevant ses yeux noirs, et les fixant sur l'horizon lointain, il parut de nouveau .s'ensevelir dans des pen.sées étrangères à toute -considération personnelle. Le Trappeur, qui savait à quelle hauteur l'orgueil d'un guerrier pouvait le soutenir dans ces moments qu'il regardait comme les derniers de son existence, attendit le bon plaisir de son jeune ami avec une douceur et une patience qu'il avait acquises dans ses relations avec cette race remarquable. Enfin les regards du Paunie commencèrent à perdre de leur immobilité ; puis, vifs et brillants comme l'éclair, ils se portaient alternativement de la figure du vieillard sur l'espace, et de l'espace sur ces traits fortement prononcés, comme si l'àmequi dirigeait leur mouvement eût commencé à se troubler. — Mon père, répondit enfin le captif d'une voix où vibrait l'accent de laconfiance et de l'alfeclion, j'ai entendu vos paroles. Elles sont entrées par mes oreilles, et sont maintenant dans moi. Le Long-Couteau à la tète blanche n'a pas de fils ; le Cœur-Dur des Paunies est jeune, mais il est déjà l'aîné de sa famille. Il a trouvé les ossements de .son père sur le territoire de cha.sse des