CHAPITRE VIII
Lionel n'avait pas osé s'avouer la secrète et inexplicable influence qu'avait sur lui Ralph , son ami inconnu et mystérieux ; mais il y avait cédé en quillant si brusquement sa demeure pour aller chercher dans la basse ville l habitation d'Abigaïl Pray. Depuis le soir de sou arrivée, il n'était pas entré dans le sombre logement de cette femme; mais dans ses promenades à travers sa ville natale, il avait souvent remarqué la bizarre architecture de la vieille maison; il savait qu'elle était siluée près d'un bassin à flot, à proximité ne l'hôtel de ville, si connu sous le nom de Faneuif-Hall : il n'avait donc pas besoin de cuide.
Quand U sortit, de profondes ténèbres enveloppaient déjà la presqu'île de Boston , comme si la nature eût favorisé les desseins secrets
LIONEL LINCOLN
de l'oflicier anf;lais. Les sons ai(;>is du fifre, accompai;rn's des battements mesures du t^imbour, f.iisairnt retentir les collines, et par intervalles les sons des clairons s't'levanl ihi eli:iiu|i de manœuvre causaient au jeune niilit;iiie un austère jilaisir. (U')iendaiit Non oreille exerctV" ne déconviil (l.nis celle liarnionie (|iie le sii;uiil ordinaire du rc|ios , et quand les derniers accords se furent |nrdus dans les nuages, la ville fut plonijée il. eus un calme pareil à celui de niniuit.
Lionel s'arrêta un moment devant les portes de l'iiolel du (gouvernement, cl après avoir examiné attentivement les fenêtres , il s'adressa au grenadier, qui avait sus]>cndu sa marche monotone pour le regarder.
— 11 y a du monde là-dedans , sentinelle , si j'en juge par l'éclat de ces fenêtres.
Le capitaine d'infanterie légère Polwarth.
Comme Lionel indiquait d'un geste les fenêtres illuminées , le cliquetis de ses aiguillettes apprit au factionnaire que c'était un supérieur qui lui parlait.
— Je n'ai pas le droit de me mêler de ce que font mes chefs, répondit-il respectueusement; mais j'étais devant la tente du général Wolfe le jour de l'attaque de Québec , et je crois qu'un vieux soldat peut annoncer sans crainte qu'un mouvement se prépare.
— D'après ce que vous dites, le gt'néral tiendrait conseil ce soir?
— Personne n'est entré depuis que j'ai pris la faction, excepté le lieutenant-colonel du 10"^, et le vieux major des soldats de marine, vieux limier qui ne vient pas souvent pour rien à l'hôtel du gouvernement.
— Bonsoir, mon vieux camarade, dit Lionel en s'éloignant. Ce conseil a sans doute pour objet les nouveaux exercices qu'on vous fait faire.
Le grenadier secoua la tête comme un homme peu convaincu de la réalité de cette hypothèse, et il reprit sa marche eu long et en large.
Quelques minutes suftirent à Lionel pour arriver à la porte d'Abigaïl Pray, où il s'arrêta frappé du contraste saisissant qu'il remarquait entre ce seuil sombre et la brillante façade qu'il venait de quitter. Il frappa à plusieurs reprises, et n'entendant pas de réponse, il leva le loquet sans cérémonie. La grande chambre oii il entra était aussi triste et aussi silencieuse que les rues. Il se dirigea vers la petite chambre de la tour oii il avait rencontré la mèie de Job, comme nous l'avons rapporté. Mais cette pièce élait i paiement inoccupéi'. Il allait sortir désappointé, lorsqu'une faible lutur tombant du plafond lui fit voir le pied d'une échelle grossière qui communiqu.dt avec le premier étage. Après un moment d'hésitation, il monta d'un pas léger avec une extrême circonspection. De même (pie le rez-de-chaussée, l'étage supérieur se roni|i(isait d'un magasin ilanqiié de deu\ petites pièces qui occupaient les tourelles. L'une d'elles ét:iit écliirée, et 1 ionel y trouva l'individu qu il cherch.iit, assis sur une rh.iise boiteuse devant un monceau de paille qui lui servait sans doute de lit, à en juger )iar les budvs «l;^ai^es dont il était couvert. Ka^ih avait une carte sous les
yeux; il inclinait la tête pour l'étudier. Ses cheveux blancs lui caressaient les joues. Sa fijure avait une expression de mélancolie sauvage, sans perdre le caractère sacré que lui donnaient la vieillesse et la méditation.
— Je suis venu vous chercher, lui dit Lionel après l'avoir contemplé pendant quebpie temps; puisque vous ne me jugez plus digne de votre attention, il f.iut bien que je vous rende visite.
— Vous venez trop lard , répondit Halph sans s'émouvoir de cette apostrophe inattendue, trop tard pour éloigner le malheur, sinon pour en tirer des leçons salutaires.
— Vous connaissez donc les secrets mouvements de cette nuit?
— Un vieillard comme moi dort peu, car l'éternelle nuit de la mort lui promet bientôt le repos; et d'ailleurs n'ai- je pas fait dans ma jeunesse l'aiiprenlissage de votre métier?
— (iràce à votre vigilance et à votre expérience , vous avez donc découvert les préparatifs de la garnison? Connaissez-vous aussi le but et les conséquences de l'entreprise?
— Oui , le général Cage en abattant quelques branches de l'arbre de la liberté croit pouvoir l'empêcher de grandir. Il s'imagine anéantir toutes les pensées qui lui déplaisent, en détruisant les magasins que les colons ont formés.
— C'est donc seulement une mesure de précaution que l'on veut prendre?
Le vieillard secoua douloureusement la tète en répondant :
— Ce sera une mesure de sang!
— Mon intention , dit Lionel, est d'accompagner le détachement dans son excursion. 11 campera sans doute à quelque distance de Boston; je ]iiol'iterai de l'occasion pour faire les recherches qui , comme vous le savez, me tiennent tant à cœur, et dans lesquelles vous m'avez promis votre concours. C'est sur la manière dont elles doivent être dirigées que je suis venu vous consulter.
Devant le vieillard élait déployée une grande carte , qu'il semblait étudier avec la plus grande attention.
Pendant que Lionel jiarlait, la physionomie du vieillard prit une expression de rêverie mélancolique; ses yeux hagards se portèrent vers les solives du plaf(uicl, et demeurèreiil fixés sur le jeune homme avec rininiob lue de la mort. Au bout d'une minute, Ral|ih ])arul se r.iiiiiuer; la xie fit de noiive.iu r.ijonuer ses traits, |)ar une métamorphose aussi brusque, ai;ssi saisissante cpie celle ipie subit la nature qu.iiid la Uimiire ilii soleil se dégage tout il coup d'un nuage.
— ^ ous vous trouvez mal ! s'écrie Lionel.
— l.aissiz-moi, dit le vieillard, laissez-moi.
— ^'ou ]ias seul, non i)as dans un pareil moment.
— Je vous invile à me hiisser seul... INous nous retrouverons, comme vous le désirez, pendant votre expédition.
— Vous souhaitez donc que j'accompagne les troupes , et que jt vous attende?
Pari». Typographie l'Ion frère», rue Gaïaaciire,,'*.
LIONEL LINCOLN
IT
— Oui.
— Pardonnez-moi, dit Lionel en baissant les yeux, assez embarrassé, mais votre costume, votre domicile actuels, me prouvent que la vieillesse vous a surpris quand vous n'étiez point préparé à en supporter les misères.
— Vous voulez m'offrir de l'argent?
— Si vous l'acceptiez, c'est moi qui me regarderais comme l'obligé.
— Quand mes besoins excéderont mes ressources, jeune homme, je me rappt lierai de vos offres. Partez maintenant, vous n'avez pas le temps de vous arrêter.
— Mais je ne veux pas vous laisser seul. Faute de mieux, je vais appeler la vieille.
— Elle est absente.
— Son fils a des sentiments d'humanité, et il vous assistera, si vous êtes malade.
— Il est occupé plus utilement qu'à guider les pas d'un vieillard inutile. Partez donc , je vous en supplie... Je veux, j'exige que vous me laissiez seul.
La fermeté et les instances réitérées de Ralph apprirent à Lionel qu'il n'avait rien à en attendre pour le moment, et il s'éloigna bien à regret. Dès qu'il eut descendu l'échelle, il prit la direction de son domicile.
En traversant le pont jeté sur le bassin , il fut tiré de ses rêveries par le bruit d'une conversation tenue à voix basse , et qui n'était pas destirée aux oreilles des passants. Comme les moindres incidents avaient leur importance dans la situation , Lionel s'arrêta pour examiner les deu\ hommes qui échangeaient près de là de mystérieuses communications. Au bout d'un instant , ils se séparèrent; l'un disparut sous les arceaux de la place du marché ; l'autre s'avança tout droit vers le pont où Lionel était aux aguets.
— Quoi? s'écria le major, est-ce vous que je vois , Job, tenant des conciliabules , et conspirant sur la place publique? Vos secrets exigentils les ombres de la nuit?
— Job demeure ici, dans le vieux magasin. Abigaïl a de la place pour lui à présent que le roi s'oppose à ce qu'on introduise des marchandises dans le port.
— Mais oii allez-vous?
Prenez-vous le chemin de votre lit? Venez- vous faire tine promenade en mer?
— Abigaïl a besoin de manger , dit Job en sautant du pont dans un batelel qui était attaché à l'une des piles. Maintenant que le roi a fermé le port , le poisson remonte pendant la nuit , en dépit des actes du parlement.
— Pauvre enfant, retournez chez vous; voici de l'argent pour acheter des vivres à votre mère. En rôdant ainsi la nuit dans la rade , vous attraperez une balle de quelque sentinelle.
— Job voit les vaisseaux avant d'en être vu, et si on le tuait, sa mort serait vengée.
A ces mots, l'idiot poussa son canot vexs l'entrée du bassin avec une adresse qui annonçait une certaine expérience. Lionel se remit en marche, et en arrivant au bout de la place, il se trouva face à face avec linlerlocuteur de Job. L'inconnu et le major se rapprochèrent l'un de l'autre par un mouvement de curiosité mutuelle. Nous nous revoyons encore , major Lincoln, dit l'étranger qu'il avait déjà vu au meeting, nous sommes destinés à nous rencontrer dans des lieux secrets.
— C'est Job Pray qui semble y présider, reperdit l'officier ; vous venez de le quitter à l'instant.
— Monsieur, dit gravement l'étranger, nous ne sommes pas dans nn pays et arrivés à une époque oii un honnête homme n'ose pas avouer qu'il parle à qui bon lui semble.
— Certes, monsieur, il ne m'appartient pas de me mêler de vos entretiens. Mais vous m'avez dit que vous aviez connu mon père, et pourtant vous êtes un étranger pour moi.
— Je le serai encore quelque temps , quoique le jour approche oii tous les hommes devront se montrer. En attendant, adieu, major Lincoln.
Le mystérieux personnage s'éloigna à grands pas comme un homme qui était pressé. Lionel remonta dans la haute ville afin d'aller annoncer à madame Lechmere qu'il se joignait comme volontaire à l'expédition. Il lui sembla que la no:ivclle du mouvement des troupes s'était déjà répandue. Des groupes de citoyens en conféraient au coin des rues. L'un d'eux annonça que le col qui unissait Boston au continent était barré par un cordon de sentinelles , et que les chaloupes des vaisseaux de guerre entouraient la presqu'île, de manière à intercepter toute communication avec le pays. Toutefois , le seul indice d'une opération militaire était un vague murmure qui se mêlait au
bruit confus d'une soirée de printemps.
Tremont-Street était tranquille. Lionel n'y trouva aucune trace Je l'agitation qui se répandait si rapidement dans la partie inférieure de h ville. Il passa dans la chambre pour y faire ses dispositions de départ, et il descendait ensuite pour dire adieu à ses parentes, lorsqu'il entendit la voix de m,adame Lechmere dans une petite pièce dont la porte était enlr'ouverte.
Il se dirigea de ce côté, mais au moment oii il allait se présenter, il aperçut distinctement Abigail Pray qui était en grave conférence avec la maîtresse de la mai-
Lionel offrit la main à Cécile, qui lui tendit la sienne avec franchise.
son.
— Un homme âgé et pauvre? demandait madame Lechmere.
— Un homme qui semble savoir tout , ajouta Abigaïl en regardant autour d'elle avec une expression de terreur superstitieuse.
— Tout! répéta madame Lechmere , dont les lèvres tremblaient d'inquiétude plutôt que de vieillesse : et il est arrivé avec le major Lincoln?
— Sur le même navire.
11 semble que le ciel ait ordonné que cet homme habiterait avec moi dans ma détresse pour me punir de mes péchés.
— Mais pourquoi tolérez-vous sa présence , si elle vous importune ? demanda madame Lechmere ; vous
êtes au moins maîtresse de votre logement ?
— Hélas ; non ; il a plu à Dieu que notre maison appartînt à quiconque serait assez misérable pour avoir besoin d'un asile ; il a autant de droits que moi sur le magasin.
— Vous avez pour vous la première possession et les privilèges d'une femme, dit madame Lechmere avec celte inflexible sévérité que Lionel avait souvent remarquée. Je le mettrais dehors comme un chien.
— Dehors, répéta Abigaïl avec effroi; parlez plus bas, madame Lechmere, au nom du ciel ! Je nose pas même le regarder; il me rappelle tout ce que je sais, et tout le mal que j'ai fait... En outre. Job I idolâtre, et si je l'offensais, il arracherait aisément à cet enfant un secret ipie vous et moi désirons...
— Quoi ! s'écria madame l.ecliiiiere d'une voix éloulïée, vous avez eu l'imprudence de prendre cet idiot pour confident?
— C'est mon enfant, dit Abigail en levant les mains comme pour demander pardon de son indiscrétion. Ah! madame Lechmere, vous qui êtes riche et heureuse, et qui avez une si charmante petite-fille, vous ne comprenez pas pourquoi l'on aime un être comme Job; mais quand le cœur est gros, quand la conscience est chargée, on cherche à partager le fardeau. Job est mon enfant, quoiqu'il ait peu d'intelligence.
Lionel ne voulut pas entendre plus longtemps une conversation qui ne lui était pas destinée ; mais pour trouver la force de se retirer il eut
LIOWEL LINCOLN.
besoin Je se rnppcler tout ce qu'exigeait de lui su qualité d'homme bien t'Icvo. Il se lemlit hu salmi, si- je la sur un r,iiin|ié, sans siivoir où il était , sans ifmaniiur Cécile Dynevor, qni était assise en face île lui.
— tjiioi ! s'écria-t-i'lle, le major Lincoln s'ariacliesi vileanx plaisirs de la taille, et vient ici, eu vrai bandit, armé jns(|u'aux dents 1
Lionel tressaillit et se frotta le front, comme un lioinme qui s'éveille d'un rive.
— Oui, dit-il, appplfz-moi bandit, prodiguei-moi les épilliôtes les plus extravagantes, je les mérite loulcs I
— Certes, dit Cécile en p,^lissant, personne n'oserait accuser ainsi le ni.^jor Lincoln.
— Quelle sottise ai-je dite, miss Dynevor? dit Lionel en revenant à lui; j'élais absorbé dans mes réflexions, et jai entendu vos paroles sans en comprendre le sens.
— Cependant vous êtes armé; vous qui avez rarement l'épée au côté , vous portez aujourd'liui même des pistolets I
— Oui , répondit le jeune odicier en se débarrassant de ses armes, je vais joindre comme volontaire un détachement qui part ce soir, et j'adopte cet attirail pour avoir l'air belliqueux, quoique vous connaissiez mes intentions pacifiques.
— Quoi ! vous partez au milieu de la nuit ! dit Cécile, dont la pâleur redoubla : Lionel Lincoln se joint comme volontaire à une pareille expédition !
— C'9'*t uniquement pour être témoin de ce qui pourra survenir. Quant aux motifs de cette expédition, je les ignore autant que vous.
— Restez donc où vous êtes, dit précipitamment Cécile; ne vous embarquez pas dans une entreprise dont le but peut être injuste et le résultat funeste.
— Ma présence n'y ferait rien , et je me lave les mains de tout ce qui pourra se passer. Quant à un échec, il n'est pas ,î craindre avec les grenadiers et l'infanterie légère de l'armée, quand même ils auraient affaire à des forces trois fois supérieures.
— Il paraît, dit Agnès Danforlh en entrant au salon, que des déprédateurs nocturnes se mettent en route , et que notre léger ami , le capitaine Pohvarth , est du nombre. Que le ciel protège les poulaillers!
— Vous savez donc la nouvelle , Agnès ?
— Je sais que des hommes s'arment, que des chaloupes naviguent autour de la ville, qu'il est défendu d'entrer ou de sortir, dit Agnès essayant de cacher son mécontentement sous nue feinte ironie. ]\ous ne pourrons voguer librement, comme nous en avons l'habitude. Quand donc finiront toutes ces mesures oppressives?
— Si vous n'assistez qu'en curieux au pillage, dit Cécile à Lionel, si vous voulez rester simple spectateur , n'avez-vous pas tort de prêter au désordre des troupes la sanction de votre nom ?
— Je sais d'avance qu'il n'y aura point de désordre.
— Vous oubliez, Cécile, interrompit Agnès Danforlh, que le major Lincoln n'est arrivé qu'après la célèbre marche de Roxburg à Uorchester. Les troupes ont alors moissonné les lauriers à la face du soleil ; mais on conçoit aisément que leurs exploits seront plus glorieux, quand l'obscurité cachera leur rougeur.
Le sang monta au visage de Lionel , qui cependant se mit à rire en se levant.
— Vous me forcez à la retraite , dit-il ; si nous allons à la maraude, comme vous le prétendez, je compte sur ma chance ordinaire pour garnir votre table. Je vous dis adieu, mais de loin; car pour approcher de vous, il faudrait dépouiller l'uniforme. Je trouve de ce côté des dispositions plus amicales.
A ces mots , il prit la main de Cécile , qui la lui tendit franchement, et qui se laissa insensiblement entraîner jusqu'à la porte de la maison.
— Je voudrais ne pas vous voir partir, dit-elle en s'arrêtant sur le seuil, vous n'êtes pas mis en réquisition comme soldat, et comme homme , vous devriez ménager vos compatriotes.
— Je ne pars point pour combattre , répondit Lionel , j'ai des projets que vous ne pouvez deviner.
— Et votre absence sera-t-elle longue ?
— Peut-être me faudra-t-il plusieurs jours pour atteindre mon but; mais vous devez être convaincue que je reviendrai avec empressement aussitôt que je le pourrai.
Lionel pressa doucement la main de la jeune fille , qui la dégagea précipitamment en disant :
— Allez donc , puisque votre conduite a de secrets motifs, et rappelez-vous que l'on observe de près les moindres actes d'un officier de votre rang.
— JN'avez-vous pas confiance en moi, Cécile ?
— Je ne me défie de personne, major Lincoln... Partez... et... Venez nous voir, Lionel, dès que vou-i serez de retour.
Le major n'eut pas le temps de répliquer, car Cécile, au lieu de rejoindre sa cousine, monta le grand escalier avec la grâce et l'agilité d'une fée.