‹ Œuvres complètes de Fléchier, avec une notice du discours préliminaire sur la vie et les ouvrages de ce célèbre orateurChapitre 111 sur 292 · LETTRE LVII · texte numérisé non relu

LETTRE LVII

' Ht PIVTB A LÀ SOtVR ANGÎLtQUS VU SAIVT-tSPRIT DB CÂMAftlT, ■fellttlEOtS DB SAlHTB-CLAltH A •■SIBBS.

Yons lettre , ma trèsrobère sœur, m'a donné une véritable joie ,-en m'apprenant que vous avez toujours tme grande estime de votre vocation , et une grande attention sur vous - même pour conserver en vous la grâce que Dieu vous a faite. C'est un grand bonheur que vous ayez suivi la voix du Seigneur, qui vous a appelée, dans un monastère où l'on vit dans un esprit de paix , de charité et de pénitence , loin du bruit et de la corruption du monde -, ou l'on n'a d'autre oc~ cupatioE que celle de plaire à Dieu et de le servir

dans rhumilité et dans la retraite , et de lui garder un cœur qu'on lui a consacre , et qui doit être rempli de son amour et de sa crainte. Mais c'est encore un plus grand bonheur que vous ayez du goût pour votre vocation , que vous y trouviez votre consolation parmi les austérités de la règle que vous professez, et que le Seigneur veuille bien vous adoucir par sa grâce le joug que vous vous êtes imposé pour votre sanctification. Je ne doute pas que ce clian^ gemeot de vie n'ait fait quelque impression sur votre santé dans les commencemens. Il est difficile qu'on ne se ressente un peu de cette nouveauté de régime et de conduite , et des petites violences qu'il se faut faire; mais l'esprit en ces occasions soutient le corps, et la ferveur fait passer par-dessus les difficultés et les répugnances de la nature. Les bons sentimens que Dieu vous inspire , les bons exemples que vos sœurs vous donnent , la charité que votre abbesse et toute cette sainte communauté a pour vous sont des motifs qui doivent vous confirmer dans l'amour que vous me témoignez pour votre état. Je prie le Seigneur qu'il vous maintienne dans vos bonnes résolutions , en vous accordant le don de la persévérance que lui seul vous peut accorder par sa gr^ce , et que je lui demande sans cesse pour vous , étant avec affection en Notre-Seigneur, ma très-chère sœur, votre , etc.

Je vous prie de me recommander aux prières de votre digne abbesse et de toutes vos dévotes sœurs.

A Nismes, ce ajanyier 170a.

Page 1