LETTRE CCXV
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DBS BGLIStS.
y kl reçu voire leltre , mon révérend père. Je vous accorde la permission que vous souhaitez d'absoudre un cas réservé, et de bénir les deux chapelles de votre nouvelle église , dont Tune est dédiée à Saint- François^ et Tautre à Saint-Antoine de Padoue.
Quant 2m secours que vous me demandez , on n'est pas en état de vous le donner ^ les aumônes de Tas- Mette sont réduites à si peu de chose, et la misère du temps est devenue si grande qu'il ne s'y peut rien ôter aux pauvres. Je conviens que c'est une bonne oeavre de bâtir des églises ; mais les pauvres, qui sont les temples vivans du Saint-Esprit , sont préférables. Vous ne savez pas apparemment que , du temps de monseigneur de Seguier, les aumônes de l'assiette étoient considérables. Les états les ont retranchées. On retiroit encore une pension du diocèse \ moi je n'en retire point.
Pourquoi vous piquez-vous de la gloire d'avoir achevé votre église ? David laissa le temple à bâtir à Salomon. Un autre le fera aussi bien que vous. Quelle imagination de croire ou de vouloir -faire croire que vous mourrez cette année ! Laissez votre vie entre \g?^ mains de la providence de Dieu. Craignez qu'il n'entre dans votre dessein autant d'amour-propre que de zèle pour le service de Dieu. Laissez cette année assister
a8C LETTRES
les pauvres, et lear procurer du pain. Je suis, mou révérend père,, tout à vous, etc.
A Nismes , ce a3 mars 1709.
LETTRE CCXVI.
SOR Là XORT DB m. LB PBIVCB DB CONTI.
Je sais, monsieur, que vous avez été sensiblement touché de la mort de M. le prince de Conti. Toute la France Fa regretté avec raison et avec justice, et vous Pavez pleuré par reconnoissance et par amitié. Il éloit tombé dans un état si triste et si languissant quUl étoit difficile que sa santé se pût rétablir. Son grand mérite lui a été long-temps à charge, et je ue sais ce qu'on doit plaindre davantage , ou que ses jours soient si tôt finis , ou qu'ils aient été si peu employés. Ses années auroient été peut- être plus longues, si elles avoient été plus heureuses. Mais enfin Dieu a voulu le sauver par les adversités et les infirmités de ce monde -, et sa patience , sa résignation et les autres vertus chrétiennes qu'il a pratiquées en mourant lut valent mieux pour son salut que les grandes actions qu'il auroit pu faire pour sa gloire pendant sa vie. Je suis , votre , etc.
Mars 1709.