ANTONIN LE PIEUX
AifTomivus Pins , successeur d'Adrien , éloit originaire de Nismes ; Julius Capitolinus le rapporte ainsi.' Son aïeul Titus Aurelius Fulvius ëtoit citoyen de Nismes ; et , s^étant élevë par son mérite , quoiqu'il ne fût pas né à Rome, il y fut élu préteur et deux fois consul. Ceux qui avoient été magistrats dans les colomcs avoient drait de suffrage dans les élections , et, devenant ensuite citoyens romains, pouvoieflt être élus aux premières charges de Rome. Strabon , parlant de Nismes , dit qu'on y voyoît des habitans qui avoient été édiles- ou questeurs à Rome. Quintus Aurelius, fils de Titus Aiireliils, fut aussi consul , et son fils Antoninns parvint enfin à Tempire.
On 'peut croire qu'il conserva quelque affection particulière pour cette ville, dont U tiroit son origine. Il bâtit à Rome tant de superbes monumens, n en auroit-il point édifié à Nismes ? L'auteur de sa vie nous assure que ce prince prêta des sommes considérables à plusieurs villes, afin qu'elles pussent en rétablir les anciens édifices ou ep construire de nooveftnx. Pourquoi n'auroit-il pas fait bâtir notre imphilhéâlre |et le .temple même de Diane à l'honneur
4o6 DISSERTATION
de FAUstîiie sa femme , qui mourut la troisième aanée de son empire , et fut mise au raug des divinités par ordre du sénat, et à Thonneur de laquelle on fit des jeux publics, et Ton bâtit un temple à Rome que Ton orna de statues d'or? On a lieu de présumer qu'Anlonin fit l^méme chose à Nisoiespour y faire revivre la mémoire de sa naissance, çt révérer celle de Faustinc.
Les inscriptions fréquentes qui portent le nom de cet empereur «marquent Tinterét qu'il a pris à cette Tille.
bfp Caesar Divi Hadriani F. T. Aelfvs Hâdrianvs AwTowmvs Avg Pivs Pont Max Trib Pot VIII Ihp II Cos IIII
Ihp €AfisAR DiYi Hadriani F T. Aelivs Hadriakvs Aittoninys
Ayg Pivs Pont Max Trib Pot VIII Imp II Cos IIII
P. P. RESfflTVIT.
Tout cela nous fait regarder Antoain' comme râoteur de Tamphithéâtre de Nisthes. Yigenëre et Catel sont de* Cet avis. On peut par là juger du temps auquelil fut bâti. Il est évident que ce ne fut pas avant le règqe d'Auguste ^puisque jusqu'à Tibère qui lai succéda les emptiitbéâtres , soit dans Rome, soit dans les colonies, étoient de charpente, à la réserve de celui que Pompée fit bâtir à Rome. L'acctfl^^ de Tamphithéâtre deFidènes, qui en tombant écrasa
Historique. 4^7
plus de 1 5,000 personnes, fat cause que Tibère et le sénat ordonnèrent qu'à Tavefnir les amphithéâtres seroient bâtis de pierre.
De là on peut conclure que cehii de Nismes pe fut construit qu'après cet arrêt , et que ce fut , selon les apparences, par Adrien ou* par Ântonin. Une partie de- cet édifice paroi t n'avoir pas été achevé, et Ton ne voit pas Tagrëment ni la' perfection du reste. L'u^ sage n'en dora pas long-temps, parce que la religion pacifique çt charitable de«Jésus^Christ , ^e les empereurs embrassèrent quelque temps après, a))olit ces spectacles sanglans et profanes.
Les Golhs, devenus maîtres de la province narbonnoise , ou par la cession qu'Honorius en fit à leur roi Alaric, ou par droit de conquête, s'établirent dans Mismes, et se fortifièrent dans les arènes. Ces barbares , jaloux de la gloire des Romains , entreprirent de détruire ce superbe bâtiment. Lassés d'une si pénible entreprise , ils y bâtirent un château à leur mode , dont on voit encore deux tours. Les Sarrasins, s'étanl mêlés avec eux , forent chassés de Nismes deux fois par Charles Martel , qui mit cette ville en cendres.
Les arènes seules résistèrent à la violence du feu , et quelques habitans fugitifs , s'y étant cachés, s'y fortifièrent peu à peu , et rebâtirent la ville telle qu'elle est aujourd'hui sur les anciennes ruines.
Le roi saint Louis, allant à la Terre Sainte, et voulant s'assurer d'une place forte roisine de la mer, demanda aux habitans de Nismes qn'ih lui pré- .
4o8 DlSSERTATIOlf
tasient le château des arènes , avec fMtMiiesse de k leur rendre à son retour. L'acte fut passé dans Je château même en présence de Tévéqne et du Sénéchal y et ce grand roi s'acquitta exactement de si promesse.
Ce fut Raimond VI , comte de Tonloose^ qui permit aux citoyens de Nismesde relever leurs mnmiMrr comme on les voit aujourd'hui^ il donoa ausâ de grands privilèges à ceux qui habitoient dans les arènes. Us étoient exempts des charges réelles, se quatifioient nobles , faisoient quatre consuls difierens de ceux de la ville , et ayoient une juridiction distincte de celle de la ville.