EXPLICATION
d'un. dessin de h. le brun, pour m.' de seio&'élay ,
l'an 1668.
Pbua te représenter après tes grands e^p^its , Ce n*étoit pas assez d'un Hercule gauloU ; Invincible Louis, sous qui le inonde treipl^; D falloit avoir peint tous les héros enseniJUie. Mais ces portraits mêlés de tant de detnir-dieax . . Confondroient nos esprits et lasseroient nos. ^eux . Souffre qu'Hercule seul se consacre à ta gloire, Qu'il compare sa fable avecque ton histoire ; Et que , voyant son . nom par le tien effacé , n confesse aujourd'hui que tu l'as surpassé. Il dompta du lion la rage enveniinée Dans les sombres détours des forêts de Némée ^ Et tu viens de dompter le Belgique lion, Qui , respirant le meurtre et la rébellion , Nourri depuis long-temps de sang et de carnage , Auprès de ses marais redoutoit ton courage, Etsembloit exciter par ses rngissemens Tous les peuples voi^s au secours des F^lamands.
Hercule triompha du Gcryon d'Espagne, Renversa ses châteaux , désola sa campaguej
Les tyrans de la terre en tremMèrent d'effroi ; C'est un travail ponr lai , ce n'est qu'un jeu pour toi
Tu cours sans t'émouvoir au milieu des alarmes, Rien ne peut s'opposer au bonheur de tes armes. Tournay, sans t'arréter, reconnut ton pouvoir, Tu n'eus qu'à l'investir et qu'à te faire voir. Douay se vit soumis malgré sa résistance , Et, craignant ta justice , implora ta clémence. Oudenarde reçut, pour t'avoir irrité , Le juste châtiment de aa témérité. f
Lille te vit monter sur le char de la gloire , User modestement des droits de ta victoire , Marcher sur ses remparts à demi foudroyés , Rassurer en passant ses peuples effrayés;. Pour de nouveaux combats tenir tes armées prêtes , Et chercher promptement de nouvelles conquêtes. Flandre , n'irrite plus ce monarque puissant , Qui^sait Tatt de' te vaincre en se divertissant.
Lorsque tes ennemis redoutent ta puissance , Hercule , tout confus , admire ta vaillance. Ce héros aujourd'hui n*est plus ce qu'il étoit ; Et, pressé sous le faix du monde qu'il portoit , Il perd également la force et le courage , Et cherche sur la terre un roi qui le soulage , Qui vienne l'assister comme un Atlas nouveau , Et veuille se charger d'un si pesant fardeau. Il t'a trouvé , Louis , jeune , ardent , redoutable , Dans les nobles travaux toujours infatigable , Et tout prêt à ranger le monde sons^ta loi. A qui pouvoit-il mieux le remettre qu'à toi ?
De cent rivaux armés les fyrces obstinées Auront beau se liguer contre tes destinée) »
Pour punir rinjuuîce et L'of§iwil 4et biisadiiH v Le grand Alcide a um sa^ masque en tas auiins , Qui doit faire aux tyrans une iniiinorleU& gueste, Après avoir dompté W& mon^pes delaleroK. ... Le poids du monde entier ne te cbai!([e«a paa; La vaillante Bellooe et \ak d^te Pallas Seront , dans ee travail y tes compagnes fidèks ; Grand roi, tu n^nei*as et tu vaincras pareUe», Et tu seras toi^ours , au gve de te^ soutialts^f Arbitre de la guerre , arbitre df la paûi.
Au bien de tes sujets ton àme est ocseupée , Tu portes dignement et le sceptre et l'épde, Lavictoire est toujours prête à te couronner ; Tu sais Fart dû con^Mitlre et Vamt de.go«virrner. Ta force et ta valeur égalent ta. prudence ; . Ou tu domp^e9 l'E&p«igne^ t. ou Ut règlos, Ja Franoet ; Tu tiens oh ta aéduÀs dea peuples sons ta )oî ^ Et tu fais le héroa aVfisi bien que le roi»
La sagesse , Lotsàs » c|«iâ te conduit , q»i:t'aime % Qui soutient avec toi le^ poid»du diadêiuot Pour le conseil des rois*djesse cent nom riisaiifi , * Et leur fait pour U cour de secnètes^^leçons ;.. Vois celui qu'elle t'offre et qu'elle te destine , • Instruit de ses vertua comme de sa doctvine> <
Elle éloigne de lui la faiblesse et l'evreuii, Lui forme adroii^^u^et et resipcit> et le cdsw > - Lui découvre à loisir ses plUa secréstmystèves , Lui propose ensecMt ses Haaatimea sévèves ^ >i j i ) : - « z^ Eclaire sa misQEt^Bigletoiisi ses» dé^ijcs, . ' -kI
Lui montre il uftép^imr le luAe et. la» plaisirs ; y • . il Au temple de l'honneur elle- même le guide , £tltti trace le plan d'une gloire solide.
aOO POÉSIES FRANÇOISES
Il mettra son bonheur à recevoir tes lois ;
Et , le voyant un jour fidèle en ses emplois ,
Ardent à te servir et soigneux de te plaire ,
Tu verras dans le fils une image du père.
Si ton destin t'appelle à de nouveaux combats ,
Invincible Louis , où ne vaincras-tu pas ?
Au milieu de la paix je vois naître la guerre ;
Je vois des factions qui partagent la terre ,
Jusqu'à ce que le ciel couronne tes projets y
Et que tes ennemis devieiyient tes sujets.
Vois ces beaux monumens de ^omphe et de gloire
Où Ton dresse déjà le plan de ton histoire ,
Où Tart ingëqieux a déjà travaillé
Sur cent pièces de jaspe ou de marbre taillé.
Là y d'illustres captifs , dans l'excès de leurs peines ,
S'efforçant de traîner ou de rompre leurs chaînes ,
Gardent dans leur malheur encor qufelqne fierté ,
Et semblent murmurer de leur captivité.
On diroit que ton bras, prêt à lancer la foudre.
Choisit ses criminels pour les réduire en poudre ;
Et l'art a fait revivre , en ce marbre imposteur,
La crainte des vaincus , le courroux du vainqueur.
Quatre fleuves assis sur leur moite rivage, Sur des urnes penchés, couronnés de feuillage, Versent à gros bouillons leur liquide cristal ; Et, recueillant leurs eaux dans un même canal, T'ouvrent tous les* chemins de Tempire de l'onde , Et t'offrent les trésors de l'un et l'autre monde. > Les flots de marbre sec vont, ce semble, couler. Et ces dieux de métal semblent vouloir parler.
DE FLÉCHIER. aoi