SUR LES CONQUÊTES DU ROL
ODE
Ntmpbi qui cours sans cesse et jamais ne sommeilles y Qui partout Tunivers fait retentir ta voix ,
Et qui y tout yeux et tout oreilles,
Observes les vertus des rois ; Toi qui , dans les climats où la valeur éclate , Te plais à raconter des explois inouïs , Ta des rives du Tage à celles de l'Euphrate Annoncer aux morteb la gloire de Louis.
Dis-^leur que ce héros , sous qui le monde tremUe , • A foudroyé l'orgueil d'un peuple révolté ,
Et vengé tous les rois ensemble
Bu mépris de la royauté ; Qu'il voit de tous c6tés tomber sons sa puîBsanice Des remparts abattus , des guerriers alarmés ; Et qu'achevant de vaincre aussitôt qu'il commence , n cueille ses lauriers dès qu'il les a semés.
Dî»*lenr qu'il rétablit le culte dana nos temjdes y Oà , quittant pour -un temps sa guerrière fierté >
n laisse de fameux exemples
D'une immortelle piété ; Qa^ rend victorieux l'auteur, de sa victoire ; El que , prenant le ciel pour spu.plo^femi^ appui , Au pied de 8e$ autels il consacrera ^dre. Et va faire pour Dieu œ qiie Dieu fait pour lui.
202 POËS&RS FRANÇOISËS
Conte-lear les dangers où sa valeur l'en traîne , Ses pénibles travaux , ses glorieux exploits.
Dis-leur qu'il se contente à peine
De quatre néges à la fois.
Dans les nobles transports de son âme héroïque, Il brave la fortune et cherche les combats ; Le feu de ses regards partout se communique , Et passe de ses yeux au cœur de ses soldats*
Ainsi l'astre du jour fait ressentir au monde La féconde vertu de ses brîllans regards y
Et ranime la terre et Tonde
Du feu de ses rayons ëpacs.
La vive impression d'une flamme si pitre Pénètre dans le sein de tant d'êtres divers , Et, réchauffant k coqps de toute la natorè , Donne le mouvement à ce vaste universw «
Dis-leur qu'une province en un jour estcomfuise; Parle de taiu4.'exploitti aussi prompts. q«'«dataafi ,
Où le succès et L'enireprise
Arrivent preiqu'eo. même temp«T i La victoire sou» Uù v<rie de siège en siège:; - Le travail recommence où le travail finit . Qui révère Ses lois trouve qui le'proté^ , ' Qui résiste à ses coups trouve qui le puniit • •
Tu nous vantes encor ces conqnëf ans fllte!Mres Que l'Espagne orgueilleuse ékvoit autveûiis ,
Qui lus fivent pas^ en dix lustres '
Ce que Louis fain Mi un mois.
Une seule'conquéie atrèCiMt feur fortune ; ■ -
DE FLÉGRICB. !lo3
Contre une même place ils donnotent cent assauts , Et rougissoient de yotr que la trentième lune Les retrouToit encor dans les mêmes traTaot.
Le Batave contre eux éprouve sa vaillance; Il voyoit mille morts sans en être effrayé ;
Et renouveloit sa constance
Sar chaque rempart foudroyé.
Dans le plus grand péril son âme étoit plus fière ; Et, dans son désespoir redoublant sa vigueur, n dispntoit encore un reste de poussière , Et sa gloire effacoit la gloire du vainqueur.
Mais, quand Lottis parott , les villes sont soumises, Les plus hardis guerriers mettent les armes bas ;
Et, pour louer ses entreprises
Tes cent voix ne suffisent pas.
Dans leurs pvopres remparts captifs sans résistance , Au bruit de Um% de gloire et de tant de vertus ', Ses ennemis surpris implorent sa elémenoe ,* Et le nom du vainqueur honore les Tunevis.
Le Rhin fut indigné de leurs noires pratiques ;. n prévit leur ruine , et leur dit mille fois :
Cessez , injustes politiques ,
D'irriter le plus grand des rois.
Votre Etat, par un coup aussi juste que rude , Tombera sous ce jroi qui l'avoit affermi , Si , pour punir Vêxcës de votre ingratitude , Votre libérateur devient votre ennemi.
Comme on force une ville , il force une province. L ouvragé d'on été ne lui duré qu'un jour,
ao4 POÉSIES FRAIIÇOISES
Et partout cet auguste prince
Imprime la crainte et Famoun Nul ne peut-rësister ou n'ose se défendre ; Fleuves , digues , remparts , ne peuvent Farréter; II n*est rien que son cœur ne lui fesse entreprendre y Et rien que sa valeur ne puisse exécuter.
Nourrissez dans vos cœurs et la haine et l'envie , Allumez dans le sein des peuples et des rois
La discorde et la jalousie ,
Et violez toutes les lois ; Serrez le nœud fetal de vos puissantes ligues , Bordez tous vos canaux de bataillons épais , Lâchez ces flots mutins que retiennent vos digues; n viendra vous punir jusque dans vos marais.
Sous les yeux de Louis , tonnant sur le rivage , Malgré vous, à Tenvi , mille guerriers fameux
Passeront armés à. la nage ,
Et fendront mes flots écumeux.
En vain je roulerai mes orgueilleuses ondes , En vain je sortirai , frémissant de courroux , De l'humide séjour de mes grottes profondes y Je tremblerai moi-même et fuiçai comme vous.
Prédisant leur défaite et leurs, malheurs extrêmes ^ Le fleuve en leur orgueil les trouva confirmés ;
Tu sab qu'ils inondent eux-mêmes
Les sillons qu'ils avoient semés.
Ik évitent le fer, et l'onde les ravage; Ils augmentent leurs maux en croyant les guérir;
. DE FLÉCHIER. ao5
Ib cherchent leur salut dans leur propre naufrage , Et périssent enfin de crainte de périr.
Mais je t'arrête trop. Ya , coarrière immortelle y Et reriens vers Louis prendre un nouvel emploi ;
Si la victoire le rappelle ,
n ira plus vite que toi.
Poor vous, peuple obstiné, cedei à sa puissance , Et recevez la loi qu'il voudra vous donner; Que si votre fureur s'oppose à sa clémence , Paisse-t41 toujours vaincre , et ne plus pardonner!
Puissent tomber encor de fatales tempêtes Sur le faite orgueilleux de vos fières cités !
Puisso-t-il lancer sur vos têtes
La foudre que vous méritez !
Dans les tristes horreurs d'une sanglante guerre , Poissiez-vous ressentir tout l'efifort de son bras, Et pour servir d'exemple au reste de la terre , Etre aussi malheureux que vous êtes ingrats I