‹ Œuvres complètes de Fléchier, avec une notice du discours préliminaire sur la vie et les ouvrages de ce célèbre orateurChapitre 66 sur 292 · DE M. LE PRÉSIDENT DE PÉRIGNY · texte numérisé non relu

DE M. LE PRÉSIDENT DE PÉRIGNY

TOUR L^INSTKUGTION D£ M. Lfi DA€PHIÎI.

MoirsiBURle président de Përigay estimmi que moa^ seigneur le Dauphin déçoit avoir deux sortes de connoissances : celles qui appartieniiait à un gentil^» homme, et celles qui appartiennent à un prince destine au gouvernement d'un graiuLÉtat.

Il rëduisoit les connoissances propres à un gentilhomme chrétien 4 trois sortes : celles qui regardent les mystères de la religion et le cukè de Dieu ; celles des langues , et celles des principaux arts et sciences.

Pour ce qui concerne la religion , il avilit dresse un catéchisme proportionné à la portée d*un jeune esprit, sans rien omettre dé ce qui ëtoit nécessaire } à quoi il avoit ajouté une teinture de Tbistoire dn vieux et du nouveau Testament. Je crois que mon«seigneur le Dauphin sait le catéchisme par cœjir, et a retenu quelque idée des principales choses qui sont racontées dans la Bible.

Pour les langues , il désiroit joindre à une parfaite connoissance du latin quelque notion du grec, avec un peu d'italien et d'espagnol. ^

Q s'étoit proposé trois moyens pour bien faire en-

o. aS

434 DESSEINS DE M. LE PRéSIDENT DE PÉRIGNY,

tendre le latin : i^ de faire apprendre par cœar tous les mots qui sont dé quelque usage j 2* de bien faire entendre les préceptes de lâ-grairtiAJlire; 3^ d'exercer parla version.

Il avoit rang^ les mots usités, en sorte que les dérivés et les composés étoient rapportés à leurs simples ou primitifs, ajoutant les marques du genre et de la déclinaison aux noms, et de la conjugaison ou formation de temps aux verbes.

' Il a^oit composé une grammaire de la langue latine en françois , qui étoît fort claire et fort courte , et iiéanmeins conteûtnt tduteei lesi règlw «vonsidérabla du Despautère et &» autres bcns grammairiens réduites en bel ordre^ et, afin de former ea aiéfllie tet|ips le jugement, en. cultivant la. mëeapire, il avoit ramassé quantité de belles sentenceà morales et f oU-* tiques dont il se servoit pour donner des exemples de chaque règle.

En faisant lire les bons auteon latins ^ il faiioit traduire leur latin en françois., et puis il 4i^t 1m mêmes choses en françois pou? les. faire Uaduire en latin. Monseigneur le Dauphin est maio^naat fort avancé 4ans Tétùde de. cette .langue ^ dans lequelk dn sntt À pea près la même méthode. .

Pour le grée, il croyoit que o'é^lt asa^ pour monseigneur le Dauphin de . savoir les no^is et les Verbes les plus communs, et qui servent à ia composition des:nMs que les Latins et les François oqt empruntés de la langue grecque; et ce» principfiwc mot^ -primitifs^ il les Tonloîl canger «itvant rord/j^.^es

POUR t'iNSTRUGTIOM DE M. LE DAUPHIU. 4^^

ilédioâisons et des conjugaisons , afin de donner, ea aéme temps quelque teiature de la graqiiaiaire jfrecqoe.

A r^gat'd de Pespagnol el de ritsjien , il croyoit ffm ces hiBgues , ayant beaucoup de rapport avec te latin y se poavoîent facilement apprendre ^ enjoignant arec une comioissance socctncÈe de la grammaire de chacune de ces langues les observations dont chacune diasige les lettres et les syllabes latroe»; de quoi Ton a d^à donne un essai à Fégard de TespagnoL On y pourroit encore ajouter , pour ne rien omettre, un petit dictionnaire des tnots primitifs ou racines qui n^ont aucun rapport «ivec le latin ni avec le François, dans cdiacune de ces langues.

Il croyoit qu'il falloit joindre à la connoissance des langues celle de rhistoîve et de la fable; ceUq de la philosophie et celle de quelques parties des maihématiqnes , et même de la jurisprudence , sans omettre celle de la rhétorique et dé la poétique ; mais cela en diffërens degrés , en sorte que Ton fit capital de œ qui regarde l'histoire , la politique et Fart milîtaîfé.

Pour une parfaite «onnoissance • de Thistoire, il avoit rësolo de la réduire p9T méthode en trois par* tiea 5 doDt la première comprendroit l'ancienne his* toîre grecque et orientale, jusqu'à l'étaUissement de VcfBipire romain ; la ^^conde^ l'histoire romaine; et la troisième, l'histoire de f*rance âvéc l'étrangèTe^ depuis ia dissipation de l'empire.

Pour les distinguer et éâlaircir mieux , il vonloit

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