‹ Œuvres complètes de Fléchier, avec une notice du discours préliminaire sur la vie et les ouvrages de ce célèbre orateurChapitre 67 sur 292 · DESSEINS DE X. LE PRÉSIDENT DE PÉRIGNY · texte numérisé non relu

DESSEINS DE X. LE PRÉSIDENT DE PÉRIGNY

faite trois cabinets composes de tables chronologiques, géographiques et généalogiques, propres à chacune de ces histoires, avec un indice général pour chaque cabinet , où seroient rangés par ordre alphabétique les noms propres des personnes et des lieux contenus dans ces tables, afin que Ton pût trouver à point nonuné' les endroits dont il étoit parlé de chaque chose.

Il vouloit accompagner ces tables des portraits et représentations, tant des grands princes et autres hommes les plus illustres de chaque siècle et de chaque nation , que des grandes batailles, sièges , et autres événemens les plus mémorables."

Cette méthode serviroit à faire mieux comprendre et beaucoup mieux retenir les chdses remarquables par la répétition des mêmes noms des personnes illustres , rapportées au temps qu'elles avoient vécu , au lieu où s'étoient passées leurs grandes actions , et à leurs parentés ou alliances. Il avoit déjà fait la première partie, rédigée en quatorze tables, trois chronologiques , trois géographiques , et huit généalogiques. Des tables ou cartes chronologiques, la première contenoit , avec un abrégé de THistoire sainte et de THistoire fabuleuse , ce qui s'étoit passé de considérable dans la Gtèce et dans TOrient , du temps de la monarchie des Assyriens ; la seconde comprenoit la monarchie des Mèdes avec celle des Perses; la troisième, celle des Grecs, sans oublier les grandes afiaires de Rome sous les rois, et durant la république.

Par ce commencement , il est aisé de juger de la

POUR l'instruction de m. le dauphin. '4^7

beauté et de Tutilitë de ce travail. II avoit conyoïencé de travailler sur l'Histoire romaine, où il vouloit remarquer distinctement le temps des conquêtes de chaque province , et de tous les pouveaux établissemens qui regardoient le gouvernement, la guerre^ la religion et les finances ^ ce qu'il avoit dessein de faire encore plus exactement dans l'Histoire deFrance, oii dévoient être aussi marqués les principaux événemens des pays voisins.

Mais parce qu'il voyoit bien que les tables qu'il dressoit n'étant pas aisées à transporter ne pouvoieot servir que dans le. cabinet qui leur seroit destiné , et que d'ailleurs la brièveté qu'il faut observer nécessairement dans ces sortes d'ouvrages ne permettoit point , qu'on en tirât une instruction suflisante ^ et qu'ainsi cqs tables servoieut plutôt à donner un ordre aux choses pour les ranger méthodiquement, et, les faisant plus facilement comprendre , rafraîchir et affermir la mémoire de ce qu'on avoit lu , qu'à donner une entière connoissance des choses, il faisoit réduire en discours un peu plus étendus, tant en latin qu'en f rançois , ce qui étoit contenu dans ces tables , en suivant son ordre , et employant des termes dçs meilleurs auteurs et des plus anciens écrivains latins qui auroient traité chaque chose ^ à quoi on avoit déjà commencé de travailler avant sa mort.

On avoit jugé à propos d'user des propres mots des auteurs pour deux raisons principales : l'nne étoit de faire voir dans le texte le style différent de ceux qui avoient le mieux écrit, afin qu'on acquit l'intelligence

4^ D&flSElMS DB M. LE PRÉSIDENT DE PÂJlIGlïY,

de toutes portes de styles; Tautre raison ^toit de donner au lecteur, par le moyen du texte de ce recueil historique , Tavantage de pouvoir alli^guer le» autorités des anciens et bons écrivains; et, parles citations marginales, celui de connoitre les originaux de Thistoire et de la géographie de chaque temps*

La philosophie étant composée de quatre parties, logique, morale, physique et métaphysique, M. de Férigny ne prétendoit donner dans la logique que les préceptes du raisonnement, et cela le plus succinctement qu^il se pourroit. Il a voit dessein de traiter historiquement les plus belles questions de la physique et de la métaphysique , rapportant brièvemept sur chacune les diverses opinions des sectes les plus connues des philosophes anciens, av«c leurs principaux fondemens ; à quoi il eut ajouté quelquesunes des opinions des modernes. Il prétendoit s'étendre un peu davantage sur la morale, tant sur la particulière qu^on appelle monastique, et qui regarde la conduite de chacun, que sur celle qui regarde la conduite d'une famille , ou d un État qu'on noqime économique et politique, dont il vouloit traiter les questions par des sentences et des exemples choisis des meilleurs auteurs.

Dans la rhétorique , sa pensée étoit de marquer succinctement les préceptes les plus importans des trois genres de discours, de même qu^ dans la poétique ceux des trois genres de poëmes, et de chaque sorte de versification , tant en latin qu'en françois.

SI croyoit que c'étoit assez pour môns^'gffieur k.

Dauphin d'apprendre des mathématiques ce qui eai: nécessaire pour rînteUigence de Ja gëogr«|>hie , p^iir les fonifioatiaiis , et pour Fart déranger une armëë «D 4)tl|ille , et disposer les troapes en hon ordre, que l'on entend sons le nom d'éuolutions.

Il étoit d'avis d'ajonter à cela quelque teinture y tant de la Jurisprudence commune, par un abrëgë des Institutes de Justinien et de THistoire dû Droit civil, que de la jurisprudence canonique et françoise par une histoire succincte du droit canon , et de Tëta-blissement des coutumes , dont on pourroit indiquer quelques fondemens et maximes générales.

Toutes ces connoissances semblent nécessaires à un gentilhomme qui se veut rendre recommandable entre les personnes de qualité.

Itfais, quant au prince, il faut sans doute qu'il soit, outre cela, parfaitement instruit du fort et du foible de TËlat qu'il doit gouverner, des défauts qui se trouvent dans son pays , dans sa nation et dans chacun des ordres dont TÉtat est composé , comme dans le clergé , la noblesse et les gens de guerre , et même les moyens de corriger ces défauts , et de gouverner doucement tous ces divers ordres par les intérêts de chacun.

Il est encore à propos qu'il sache ses véritables, droits, tant à l'égard de son peuple qu'à Tégard des autres Etats; les justes prétentions qu'il peut avoir sur ses voisins ; et celles que les autres peuvent avoir sur lui avec les raisons contraires.

Qu'il ait , de plus , connoissance des alliances et

44o I>BMBI1I5 BB X. LE PRlftsiDENT DE PÉRIGVY, ETC.

des intérêts des autres princes, et.ménoe des grandes maisons de son État ; et' de toutes ces chosQs M*. de Périgny espëroit dresser des mëmeires , tirés princi* paiement d^8 réflexions sur THistoire , de ce qui s*esl passé en France et dans le reste de TËurope depuis Charles VIII.

Nof A. Le reste manque ànns le manuscrit original qui a scnri à Vimpresaîon.

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