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J'ai reçu , avec toute la reconnoissance que je dois^ la grâce que votre majesté m'a faite de me nommer à l'évéché de JNismes *, et cette marque précieuse de son souvenir a renouvelé dans mon cœur tous les sentimens de respect et de vénération pour son auguste personne , et toute l'ardeur du zèle que j'ai toujours eu pour son service. Mais , sire , votre majesté me permettra de lui représente^ , avec toute la conlSance que me donnent ses bontés , que j'ai regardé le premier choix qu'elle a bien voulu faire de moi pour l'évéché de Lavaur comme ma première vocation ] que j'y ni travaillé comme n'en devant
pokil sortir, et qu'tioe marque que Dieu me vouloit en ce lieu , c^est qu'il y bénissoit mes travaux, et que les peuples m'ëcoutoient avec plaisir quand je leur préchois robëissance qu^ils doivent à Dieu , et la fidélité qu'ils doivent à votre majesté. J'avoue , sire , que j'ai une grande passion d'achever l'ouvrage que j'ai commencé , et que ce seroit une grande grâce de me laisser entretenir et augmenter les bonnes dispositions où je vois les nouveaux convertis de mon diocèse. Je ne doute pas que le successeur que votre majesté m'a destiné n'ait plus de talens et de capacité que moi ; mais l'application que j'ai eue à les instruire , et la confiance qu'ils ont prise en moi , me donnent des facilités qu'on n'a pas dans les commencèmens d'un épiscopat. L'évéché de Nismes, sire , est vaste et difficile à gouverner, et je ne me sens ni assez de force ni asse2 d'adresse pour cela. Je sais qu'il est plus riche et plus honorable que le mien ^ mais votre majesté m'a déjà donné tant de biens que je n'en souhaite pas davantage , et l'honneur quVUe m'a fait de me croire capable et digne d'être dans cette place là me vaut mieux que la place même. Jy serois plus proche de mon pays et de ma famille , mais je ne dois point avoir de plus forte affection que celle de servir Dieu et votre majesté. Je crois que je ne lui serai pas inutile en ce pays-ci. Je me jette donc aux pieds de votre majesté pour la supplier de me laisser dans ce diocèse où elle m'a envoyé , et où je puis plus tranquillement prier Dieu qu'il continue à répandre abondamment ses bénédictions sur elle. Je ne l'ai
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jamais importunée pour lui cUmander du bien ; je crains que je Timportune en lui disant qu elle m'en fait. C'est une grande preuve de votre bonté , sire , que vous me réduisiez à ne vous demander que la diminution de vos bienfaits et de vos grâces. J'attendrai les ordres de votre majesté quoi qu'elle ordonne, et je les exécuterai avec toute la soumission et la fidélité que lui doit , sire , son très-humble, etc.
A LaTaur, ce 27 aoiU 1687.
t OOHVLTinSlf A H0ff8kl6ltB1I& Ll DAUPHIN SUR BE» TICTOIRM.
Jl|ONSEI69EUR,
Nous avons appris avec une extrême joie les glorieux succès dont Dieu vient de bénir vos premières armes. Personne n'en a été plus touché que moi , et n'en a rendu grâce au ciel de meilleur cœur. La paix depuis long-temps étoit à charge à votre courage , et vous reteniez à regret des vertus qui dévoient éclater et vous attirer Tamour et l'admiration de tout le monde. Vous avez commencé , monseigneur, comme les autres finissent. Votre propre génie vous a conduit et votre application Vous a tenu lieu d'expérience. Les places que vous avez forcées parbissent imprenables ^ les ennemis qui les défendoient se croyoient invincibles ; et vous avez fait voir que rien ne peut vous résister, et^que vous êtes né pour vaincre. C'est le destin du roi et le vôtre, monseigneur^ mais,
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quelque gloire qne vous ayez acquise par vos exploits militaires, votre vigilance, votre libéralité, votre douceur , votre bonté , votre modestie , ne vous ont pas moins fait d'honneur qœ votre intrépidité et votre valeur, et nous estimons vos vertus du moins autant que vos victoires. Vous avez pris des villes , et vous avez gagné des cœurs ^ et vous ne voyez audessus de vous que celui qui vous a donné le pouvoir et l'exemple de vous faire aimer et craindre de toute la terre. Agréez , monseigneur, qu'ayant eu llionneur de voir croître, dès votre enfance, tant et de si grandes qualités , je m'y intéresse plus qu'un antre -, et qu'après avoir fait des vœox pour votre conservation et pour l'accroissement de votre gloire je me dise , avec un très-profond respect et une soumission entière , monseigneur, votre , etc.
A ^isnes-, ce 19 d^embre 168B.
Dft VIBTB,' A MÀDAXB DE BKHBHONT , SCB LA «ALADIB DB MOnSlBOB son BPOCX.
Je comprends , madame , par la lettre de M. de Richemont , et par votre silence, que vous n'aVcz pas reçu deux lettres que je vous ai écrites depuis mon séjour en ce pays- ci. Il m'auroit fait savoir de vos nouvdles, et vous m'en auriez donné vous - même de celles de vos chers enfans , à qui je souhaite tons les jours mille prospérités spirituelles et temporelles. PeoV-étre que l'adresse que j'avois faite à Orléans les
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a fait égarer , et que je serai plos faeareux depuis qoe je sais le iiea fixe de votre demeure. Vous ne sauriez croire combien je suis touché de la maladie de M. de Richemont ^ et combien je suis édifié des sentimens chrétiens qu^il me témoigne dans sa lettre. Je connois votre cœur, je m^magine aisément la douleur que vous ressentez à le voir souffrir si long-temps , et les soins empressés que vous prenez pour le soulager. Il me fait assez connoître que les peines et les inquiétudes qu'il vous donne sont la plus sensible partie de son mal , et que rien ne Tafilige tant que de vous voir affligée comme vous êtes. Il faut que vous vous donniez mutuellement des exemples de force et de patience , et qu*il souffre patiemment , et que vous l'assistiez avec constance. Je souhaite de tout mon cœur que le Seigneur qui mortifie et qui vivifie, après nous avoir éprouvés par les tribulations qu il vous a envoyées , vous console par une parfaite santé dans votre famille. Vous saurez faire un bon usage de Tun et de l'autre état ; car vous savez que tout doit se réduire au salutet à la sanctification de Tâme. Je vous prie de me faire souvent savoir des nouvelles de M. de ^ich^mont , dont je serai extrêmement en peine , et de me mander les progrès que font monsieur votre fils et mesdemoiselles vos filles dan^ la vertu et dans les lettres. Si je puis quitter pour quelque temps ce pays, c'est-à-dire, si la nécessité m'oblige d'aller faire un voyage à Paris , je tâcherai de vous aller voir et de vous témoigner, madame,
DE FLiCUlBR. !»l
que personne ne peut âlre plus Yëritablement , ni plus cordialement que je suis^ voUe, etCv
A Niunes, ce i5 oci(^rey 1689.