LETTRE XIV
ttOMFLIMBlIT ▲ H. HDBT, ANCIEN BV^QUE u'àVBAHCHEB, Blf LUI BHTOTART BBUX OBAMOITS BUNBBBBS.
Je reviens de la campagne , monseigneur , et je retrouve ici le paquet que j'y avois laissé pour vous; ce sont les deux oraisons funèbres que j'ai faites pour madame la dauphine et pour M. le duc de Montausier. Dans le temps de votre départ , comme je ne me trouvois pas à Paris ^ j'avois donné ordre qu'on vous portât la première , et je ne sais pas précisément si l'on s'est acquitté de ma commission. Pour la seconde , elle est plus faite pour vous , monseigneur , que pour un autre , puisqu'elle contient L'éloge d'un homme que vous avez honoré , et qui a coQnu et estimé plus que personne votre savoir et votre vertu. Le commerce d'amitié que vous avez eu avec lui vous avoit fait voir de plus près la bonté, la droiture et la fidélité de son cœur , et sa mémoire vous en est d'autant plus chère. Recevez donc , monseigneur, le portrait que j'ai essayé d'en faire, et suppléez, par les connoissances que vous avez de mon sujet, à la foiblesse de mes expressions et de mies idées. Les vôtres sont toujours nobles et sublimer*
DE flAghier. a5
J'ai lu avec admiration votre dernier livre. Quelle profonde érudition! quelle politesse de langage! quelle force de raisonnement ! Je n'entreprends pas de vous donner les louanges que vous méritez. Qui est-ce qui le pourroit faire ? Je me contente de vous assurer que personne ne vous honore plus, et n*est, avec plus de respect et d'attachement que moi , mon^ seigneur , votre , etc.
A Paris ^ ce a3 Mpteoibre i6^
OOMPUMEHT ▲ M. SARTBDIL , CnAROUTB DS «AIHT-TICTOR, SDR QUBLQUia-Ulia DB .8B8 TBBfl QD^JL LUI ATOIT BHYOTM.
Monsieur le Pelletier m'envoya , il y a quelque * temps, votre plainte de sainte Hunëgonde, monsieur, et je la reçus avec d'autant plus de joie que je Tavois attendue avec impatience. Tout ce qu'il y a de savans et de polis soupirent après vos poésies , et les ministres d'État même se font un plaisir et un honneur de les distribuer. Je vous avoue que votre sainte est une jolie personne \ elle a de l'esprit , de la délicatesse, de la sensibilité plus que sainte du paradis.. Que je la trouve aimable dans tout ce qu'elle dit d'elle et de vous ! Je lui sais bon gré surtout de connoitre ce que vous valez , et de vous représenter tel que vous êtes, quand vous touches et retouchez vos nobles ouvrages. Qu'elle me plaît quand elle gronde son abbé ^ quand elle se moque des vieilles hymnes qu'on lui chante, et quand elle pleure le tort qu'on lui
fait de Ja priver de Thonneur qu'elle doit recevoir des vôtres. Vous seul pouvez donner de Tinquiëtude aux bienheureux qui n^en ont point. Continuez à leur faire ouïr agréablement leurs louanges, ou plutôt celles de Dieu , et ne manquez pas de m'envoyer ici tout ce que vous composerez en leur honneur. J'en aurai autant de plaisir qu'eux , et je ferai autant d'ëloges de vo^poësies que vous en aurez fait de leur sainteté. Adieu, monsieur, je suis, avec toute l'estime et la considération possible, votre, etc.
A Montpellier, ce i6 décembre 1690.