LETTRE XVI
A LA BEIITE D^SGLETBRRB , POUR RKPOlfDRB A CBLLB QUB SA MAJBSTB BRITAKSIQUB LDI Flf L^IIORRBUR DB LUI BCRIRË LB a8 AOUT iGgS.
Madamis,
L^houneur que votre majesté nous fait d'agréer le petit secours que nous avons résolu , mon clergé et moi, de donner à quelqxies-uus de ^os Sujets, pourroit nous faire perdre le mérite de notre présent par le plaisir que nous avons de le faire. Mais, madame, nous nous sentons obligés d'offrir à Dieu un peu de nos biens, quand nous voyons que votre raajesfté lui sacrifie des royaumes 5 et, par les grandes choses que vous faites pour la religion , nous apprenons du moins à en faire de petites. Ce n'est pas tant la charité que la justice qui nous oblige à contribuer au aouJagement de ces hommes fidèles et généreux, qui u ont point fléchi le genou devant le&dieux étrangers,
qui ont suivi leur devoir et leur conscience aux dépens de lear repos et de leurs richesses, et qui ont mieux aimé vivre irréprochables parmi nous que de vivre heureux avec des rebelles. Ils n'ont pu trouver leur patrie dans un pays où vos majestés n'étoient plus^ et ils ont eu raison d'espérer qu'étant inviolablement attachés à leur Dieu et à leur roi ils auroient pour eux les gens de bien et le secours de la Providence. Us portent avec eux leur fidélité qui est leur trésor ^ et leur pauvreté est une marque de leur piété et non pas une disgrâce de la fortune. 11 est donc juste, madame, que nous les assistions en attendant que votre majesté les récompense. Tout le regret que nous avons, c'est que nos forces ne puissent répondre à nos intentions. En mon particulier, je n'oublierai rien de ce qui pourra faire connoîlre le zèle ardent que j'ai pour les personnes qui sont constantes dans le service de votre majesté et dans celui de Dieu qui sont deux choses inséparables , et la profonde révérence avec laquelle je suis, etc.