LETTRE XVII
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Les fonctions des Pâques et du jubilé, monsieur, qui m'ont occupé jusqu'ici, m'ont empêché de vous remercier plus tôt du soin que vous avez pris de m'écrire et de m'envoyer quelques ouvrages qui parais-
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sent depuis peu sur la scène. Le manifeste du prince d'Orange est assez bien ëcrit. Il y a des endroits qui sont assez spécieux , d'autres foibles , et qudques^ns qui ne conviennent pas h la personne qui parle. Aus» je suis persuadé que c'est une composition de quelque bel -esprit aventurier, et non pas un écrit du prince d'Orange. Je l'ai reçu de Lyon imprimé. J'ai été pourtant bien aise de le recevoir de vous quelques jours auparavant J'ai lu aussi la lettre du père CaOaro. Je ne regarde point le langage qui est assez bon et meilleur qu'il a'appartient à un étranger. Mais son opimon est bien expliquée et bien soutenue ; il n'oublie rien de ce qui peut servir à sa cause , et , à quelques endroits près , cette dissertation est fort raisonnable ; mais je ue sais s'il étoit expédient de la faire imprimer. Ces sortes de doctrines , quoique appuyées sur les principes des théologiens, peuvent ôter à des âmes tirqorées la retenue et les scrupules qu'elles ont, et favoriser le relâchement , le libertinage , ou du moins l'oisiveté des gens du monde. Il faut laisser à décider ces sortes d'affaires dans le confessionnal , et ne pas les abandonner au jugement d'une infinité de personnes qui se prévalent de tout , et qui ne sont pas assez sages pour s'arrêter à ce qu'il y a de juste et de permis dans une opinion indulgentef, et pour observer toute la modération que l'auteur demande^ Je ne m'érige point en juge de la querelle des deux religieux. Il ne convient point à deux personnes d'un même ordre de se quereller en public. J'ai vu kl satire de M. Boileau , et je l'ai trouvée comme vou&
DE FLÉGHIER. ^g
me rayiez écrit. M. Perault m'a envoyé son Apologie du Mariage , et je sais qu'il y a beaucoup d'autres antisatires. Je vous serai obligé si vous m'envoyez ce qui Je méritera de ces petits ouvrages qui courent. J'ai été fort aise que l'académie ait enfin déterminé de faire une épître dédicatoire. Croyez-moi entièrement, monsieur, votre, etc.
A NîsDMS , ce ao avril 1694*