‹ Œuvres complètes de Fléchier, avec une notice du discours préliminaire sur la vie et les ouvrages de ce célèbre orateurChapitre 99 sur 292 · DB LA 80PBB1EURE · texte numérisé non relu

DB LA 80PBB1EURE

On ne peut être plus toftcbé que je le ^s, mes chères sœurs , des afflictions que Dieu vous envoie. Il oe peut vous frapper plus sensiblement, ni mettre votre vertu à de plus rudes épreuves. La perte que vous avez faite d*une de vos religieuses , Textrëmitë où d'autres se sont trouvées , et Tétat déplorable où vou^ voyez votre supérieure, les soins même et les fatigues qui se joignent à votre douleur exercent depuis loqg-teraps votre patience ^ mais vous savez qu'il faut bénir Dieu en tout temps, qu'il faut mettre à profit la tribulation , et que les épouses de Jésus- Christ ne peuvent mieux lui marquer leur fidélitë que par leur résignation ontiëre à sas volontés. Je ne doute pas que vous ne com]]renie9ia perte que vous ferez, si Dieu vous ôte une mère si zélée pour le bien spirituel et temporel de votre monastère, si douce et si charitable dans toute sa conduite à votre égard , et si attentive aux devoirs de sa vocation ; mais vous devez la remettre entre les mains du Seigneur, le remercier s'il vous la rend par miracle, et vous soumettre s'il en dispose. Je ressens vos

peines comme je dois et comme il conYient à nit pasteur et à an père qui sait compatir aux infirmités de ses filles ; et je n'oublierai aucun moyen de les adoucir. Cependailt je vous prie, mes diètes sœurs, et je vous ordonne même de modérer vos aflSictions et de vous soulager les unes les autres dans vos veilles et vos fatigues. Cherchez au dehors tous Içs secours que vous jugerez nécessaires^ donnez à la malade les soins que la charité et Tamitié demandent; mais que ce soit a!Vec la discrétion et la résignation qu'il faut observer en toutes choses. Ménagez-vous enfin pour entretenir le service de Dieu dans votre monastère, sans vous consumer vousmêmes par des fatigues qui ne sont pas nécessaires. Je plains bien madame de B.... et je sais ce que souffre en cette occasion un oœnr aussi bon que le sien. Il faut que vous ayez soin d'elle , et que vous l'obligiez à se conserver» Madame de L.... vous doit être d'un grand secours, il est juste aussi qu'elle se ménage -, enfin, employez tous vos vœux et vos prières pour votre supérieure. Possédez votre âme en votre patience, et cro(J^ez qu'on ne peut être avec une affection plus sincère et pllis patemrile que je le suis, mes chères sœurs , votre , c^c.

A rfîsmef , ce iko fëyrier i6g8.

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