A EDMOND DE GUERLE
Quand son enseignement eut consolé le monde.
Le Bouddha, retiré dans la djongle profonde Et du seul Nirvana désormais soucieux, S'assit pour méditer, les bras levés aux cieux; £t gardant pour toujours cette sainte attitude. Il vécut dans Textase et dans la solitude.
Concentrant son esprit sur un rêve sans fin Avant d'être absorbé par le Néant divin. Le temps avait rendu tout maigre et tout débile
I/IllRONDELLE DU BOUDDHA. 193
Le corps ossifié de l'ascète immobile;
Les lianes grimpaient sur son torse engourdi
(jue ne réchauffait plus le soleil de midi;
Et ses yeux sans regard, dans leurs mornes paupières,
Semblaient avoir acquis la dureté des pierres.
Il aurait dû mourir, par la faim consumé;
Mais les petits oiseaux, dont il était aimé,
Les oiseaux qui chantaient dans les branches fleuries,
Venaient poser des fruits sur ses lèvres flétries.
Et, depuis très longtemps, c'est ainsi que vivait
Le Bouddha vénérable, absolument parfait.
Donc mille et mille fois, et mille fois encore, La lune qui blanchit et le soleil qui dore Les forëU, sur son front tour à tour avaient lui, Sans que se fût distraite un seul instant en lui Sa pensée, en un songe immuable perdue, LorM{ue dans sa main droite, au ciel toujours tendue. Dans sa main sèche et grise ainsi que du granit, Une hirondelle vint, un jour, et fit son nid.
L'extase du Bouddha ne parut point troublée Par cette confiante et fidèle exilée ijnij franchissant du vol la montagne et la mer, D*/> froids climats du Nord revenait, chaque hiver,
Mis». — II. 13
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É^ti^nt* el f^U^'u»^ d»* cont*>mpIer l»ets eieux, i^^A j^MX hiïx 'riU brùU^^, aox paupières sanglante, SVmpIîr^nl loul à côup de deux larmes brûlantes; El celui dont Tespril étail resté béant Devant Tamour du ride et Fespoir du néant, Kt qui fuyait la vie et ne voulait rien d*elle, Pleura, comme un enfant, la mort d'une hirondelle.