‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 3)Chapitre 88 sur 125 · INVOCATION · texte numérisé non relu

INVOCATION

Enfant blonde aux doux yeux, ô rose de Norvège, Qu'un jour j*ai rencontrée aux bords du bleu Léman, Cygne pur émigré de ton climat de neige !

Je t*ai Tue et je t'aime ainsi qu'en un roman, Je t'aime et suis heureux comme si quelque fée Venait de me toucher avec un talisman.

Quand tu parus, naïve et d'or vivant coiffée, J'ai senti qu'un espoir sublime et surhumain Soudain m'enveloppait de sa chaude bouffée.

Voyageur, je devais partir le lendemain ;

Hais tu m'as pris mon cœur sans pouvoir me te rendre,

Alors que pour l'adieu je t'ai touché la main.

 ce dernier bonheur j'étais loin de m'attendre, Et je me croyais mort à toutes les amours; Mais j'ai vu ton regard spirituel et tendre.

Et tout m'a bien prouvé, dans les instants trop courls Passés auprès de toi, blonde sœur d'Ophélie, Que je pouvais aimer encore, et pour toujours.

Et je ne me dis pas que c'est une folie, Que j'avais dix-sept ans le jour où tu naquis; Car le triste passé, je l'efTace et l'oublie.

Et tu ne peux savoir à quel point c'est exquis !

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