‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 5)Chapitre 13 sur 79 · COSTE DE FEE · texte numérisé non relu

COSTE DE FEE

Il était une fois, le fait n'est pas récent,

Dans un manoir du Rhin, un baron très puissant

De qui tous les vassaux maudissaient l'avarice.

Sa femme avait été jadis la bienfaitrice

Du pays, et son cœur n'était que charité.

Mais pour longtemps jamais un ange n'e^l jm^i/- !

Pendant quelques beaux jours, la terre h Dieu roiii|ininlc,

Puis il remonte au ciel. La baronne défunlc

Avait laissé pourtant derrière elle une eiilaiii,

De ses vertus témoin et souvenir vivant.

Quinze ans, blonde, chétive, on la nommait Bleuette. Ainsi qu'un colibri dans un nid de chouette.

Sa jeunesse égayait le château triste et nu.

Le baron, qui s'était quelque peu contenu.

Devint encor plus dur quand sa femme fut morte. Dès Taube, ayant son seul écuyer pour escorte. Il s'en allait au bois, Tépervier sur le poing. Bleuette aimait son père et ne l'accusait point. Mais trouvait cependant bien tristes les journées Qu'elle passait, parmi les tentures fanées.

Dans ce manoir glacé, désert et solennel.

Où l'on ne faisait pas de feu, môme à Noël.

Comme le temps paraît moins long quand on l'occupe, La mignonne parfois se taillait une jupe Dans les draps ramages et dans les vieux lampas Dont sa mère jadis rehaussait ses appas.

Car jamais le baron à la pauvre fillette N'avait donné le moindre écu pour sa toilette ; Le vilain homme était bien trop ladre pour ça. Bien plus, après la mort de sa femme, il cessa, Quoiqu'à la sainte dame il en eût fait promesse, De fréquenter l'église et d'entendre la messe. Certain de trouver là, terrible épouvantail.

Quatre ou cinq mendiants assis sous le portail ;

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