‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 201 sur 202 · LE PÈRE ET LA MÈRE THOMAS · texte numérisé non relu

LE PÈRE ET LA MÈRE THOMAS

LA FOULE, criant.

Vive monsieur Kloekher ! Vive monsieur Kloekher!

KLOEKHER, à part.

Mon cœur déborde I

MACARET, dans ion coin, sanglotant.

Âhl ah! bien touchant! bien touchant!

DOMINIQUE, tapant sur la caisse.

Dépêchez-vous ! Suivez la foule ! Enlevez le reste !

La multitude tourbillonne autour de Paul et de Dominique. — Trois valets on grande livrée apportent des paniers pleins de vin de Champagne. — Kloekher en fait sauter le bouchon, et, suivi par un domestique, il se précipite de groupe en groupe et verse à boire.

KLOEKHER.

Sablez I sablez! sablez!

Le décor, tout rose maintenant, s'éclaire do plus en plus, jusqu'à la fin du tableau. Des fleurs lumineuses, pareilles à de grandes tulipes et i des tournesols, s'épanouissent dans les arbres. Les raisins dune vigne, serpentant autour d'un chêne, deviennent des grenats; les feuilles d'un tremble se changent en argent; et tous les arbres et tous les arbustes, selon leur essence particulière, prennent différents feuillages en pierres précieuses. — Tout le monde s'embrasse, saute de joie, applaudit. Le père et la mère Thomas envoient^es baisers à leur fils.

DIXIÈME TABLEAU. — SCÈNE lY. 349

DOMINIQUE, à ^aul.

Eh bien I Tout est fini, mon bon maître, plus rien dans le sac I Amusons-nous, comme les autres.

PAUL, lentement et bas, en prenant sur le pliant un cœur et le tenant

entre tes doigts.

Mais il y en a encore un, Dominique!

DOMINIQUE, le lui prenant vivement.

Ah! ce ne sera pas long! ça me connaît! (a un monsieur.) Vous, là-bas, monsieur?

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