‹ OEuvres complètes de H. Rigault. Précédées d'une notice biographique et littéraireChapitre 150 sur 183 · Lettre à Brossette, 171.'), t. V, p. i:50. £cl. Lefcvre · texte numérisé non relu

Lettre à Brossette, 171.'), t. V, p. i:50. £cl. Lefcvre

3. Mmo Dacier et La Motte s'étaient iéconcilié.s depuis longtemps, et la guerre était finie, ([uand l'abbé Cartaud, avec une acrimonie rétrospective qui ne s'explique pas, vint rei)rûclicr à Mine Dacier d'ûtre laide, de jûinilrc aux faiblesses de .son sexe la férocité des savants du Nord, etc.

(Kssdis historiques , j). 1.''>H.)

DKS ANCIENS ET DES MODERNES. k3\

dans les bas-l'oiids de ki lilléiLilure le inélier d'iiisulteur luildic ; c'était Gacon, \e poète sans fard, un de ces polémistes qui manient assez bien la partie vitupérative de la lanjj^ue française, et dont le pugilat charme le carrefour. Gacon eut des admirateurs : les Gacons en auront toujours. On leur croit de l'esprit, parce qu'ils osent tout dire ; de la verve, parce qu'ils dédaignent toute mesure; de l'imagination, parce qu'ils savent mentir. On les craint, on recule devant eux, comme on reculerait devant un homme ivre qui se jetterait dans la boue pour éclabousser les passants, et ils se composent, moitié de leur audace et moitié du mépris qu'ils inspirent, une sorte de réputation de bas étage qui en impose aux badauds et aux poltrons. Ce sont presque toujours des renégats qui insultent de préférence les hommes qu'ils ont adulés, et, comme ils ont été plats dans la louange, ils deviennent insolents dans l'injure. Gacon, avant d'attaquer La Motte, avait célébré en lui l'orateur parfait et le parangon de l'Académie française. Eiilin, pour dernier trait de caractère, ces spadassins de la littérature sont les valets du pouvoir, et, bassement agenouillés derrière lui, ils le poussent entre eux et leurs adversaires, et se font dénonciateurs pour être secourus. « M. de La Motte, osait écrire Gacon, devait considérer qu'en méprisant les anciens il contredit en quelque sorte les sentiments d'un prince qui, pour faire régner les arts dans son royaume, a cru devoir faire refleurir les monuments du bon goût des siècles les plus reculés.... C'est pour soutenir cette gloire dont Sa Majesté est en possession que j'ose combattre les sentiments d'un auteur qui tend à l'en dépouiller'. » Ainsi le bon citoyen Gacon défend la gloire du roi contre le séditieux La Motte qui l'outrage! Le Discours sur Homère est un crime de lèse-majesté ! Voilà comme les Gacons entendent

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