‹ [Œuvres complètes de Henri Conscience (volume 2)Chapitre 56 sur 115 · I-E MAnCHANI) D'ANVERS · texte numérisé non relu

I-E MAnCHANI) D'ANVERS

Demain, je le saurai. (Page 08.)

Quelques-uns des passagers, qui viennent irAmérique ou des Indes orientales et revoient peut-être leur ville natale après une longue absence, brandissent leurs chapeaux et lèvent les mains.

Ce jour-là, le steamer avaient beaucoup de passagers à bord, et il y avait sur son pont une foule de messieurs et de dames, qui essayaient d'avancfr leurs bagages pour être visités avant les autres par les douaniers.

Il y avait un voyageur avec des favoris noirs, qui montrait plus d'impatience que les autres et empêchait chacun de mettre ses malles devant les siennes. Il calmait les uns par sa politesse, aux autres il inspirait du respect par son regard hardi et son air décidé.

Il avait évidemment l'habitude de vivre dans une foule sauvage, car, au milieu des cris de ses compagnons, il restait indifférent et regardait la foule avec un tranquille sourire. Ce passager parais-

sait encore jeune. Sa figure était brûlée par un long séjour dans les pays chauds, et on voyait au premier coup d'œil qu'il avait traversé l'Océan.

Son costume était riche, et il le portait avec une élégance particulière; cette distinction, jointe à la noblesse de ses traits, à la dignité de son langage et de son maintien, le lit prendre pour un personnage important. Aussi ses bagages furent-ils visités d'abord, et on lui accorda immédiatement la permission de quitter le bateau à vapeur.

Il entra dans une voiture et cria au cocher :

— Place Verte, hôtel Saint-Anloine !

A la porte de l'hôtel, on lui annonça qu'il n'y avait de libres que quelques petites chambres au dernier étage et un appartement somptueux au premier, sur la rue. Le prix en était très élevé; mais l'étranger, sans autre remarque, répondit d'un ton indifférent :

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