I.K SORTI LÈfiK
Il tira son épée pour en percer l'ermite. (Page 42.)
loureux, très douloureux de quitter un château où j'ai reçu la plus généreuse hospitalité. Maintenant, pourchassé par le sort inexorable, il faut que je recommence à errer à travers le monde, à souffrir, à endurer des humiliations, loin de ma patrie, de mes parents, de tout ce qui m'est cher ici-bas. L'idée que je vous ai sauvé la vie par reconnaissance, par pur dévouement, serait pour moi une source de courage et de consolation... et vous voulez me payer! Oh! laissez-moi garder pure et entière la mémoire de mon action! Avec trois ou quatre de ces pièces d'or je suis assuré pour longtemps contre le besoin. Gardez le surplus, je vous en prie, seigneur.
— Que je reprenne mon argent? Impossible. Ce serait comme si je recevais un cadeau de vos mains, murmura sir Gonthier avec une nuance de dépit.
— Eh bien, seigneur, croyez-moi : je ne touche plus à cet argent! dit Wilfried dont les yeux
brillaient d'une fière résolution. Toute ma vie je penserai avec reconnaissance à votre générosité; mais mon âme a besoin de savoir qu'à Rotsburg aussi on garde un souvenir reconnaissant du pauvre troubadour.
— Vous voulez donc me forcer à la reconnaissance? balbutia sir Gonthier surpris du regard dominateur du jeune homme.
— Vous forcer, non, seigneur; mais vous êtes trop magnanime pour oublier un service impayé, vous fùt-il rendu par un vilain.
— L'argent vous est donné; il vous appartient.
— Disposons-en donc ensemble, seigneur, dit le jeune homme. Que mademoiselle Basilissa, qui aime tant à secourir les malheureux, le distribue en aumônes. Ce sera un bonheur pour elle de pouvoir semer tant de bienfaits, et les bénédictions des pauvres me vaudront, dans ma vie amère, les bénédictions du ciel.