‹ [Œuvres complètes de Henri Conscience (volume 2)Chapitre 9 sur 115 · I.A SORClÈliE FLAMANDE · texte numérisé non relu

I.A SORClÈliE FLAMANDE

Confessez votre fausseté... (Page 44.)

lention. Il avait de grands yeux noirs, où brillait une étincelle de force et de résolution ; et en même temps la douceur de son sourire indiquait un cœur aimant et un bon naturel. Les boucles de ses longs cheveux bi'uns flottaient sur ses épaules; son front était large, ses membres robustes, et sur tout son visage rayonnait quelque chose de noble qui disposait à la sympathie.

Hélie ne disait plus rien non plus; il examinait le chevalier et sa monture de la tête aux pieds, avec une stupéfaction croissante. Tout ce (lu'il voyait était absolument nouveau pour lui; souvent, à la vérité, il avait entendu son père lui parler, dans ses récits, d'épées, de casques, d'armures et de boucliers; mais combien ces descriptions étaient pâles auprès de ce qu'il voyait maintenant, car le chevalier était éblouissant d'or, d'argent et d'acier.

Le sang royal parlait chez l'enfant, car tandis

qu'il marchait à côté de l'inconnu, il se disait qu'une fois devenu homme il chevaucherait aussi sur un grand cheval, casque en tête, et lance au poing, et irait lutter dans les tournois.

Lorsqu'ils arrivèrent au sommet de la montagne, le chevalier demanda :

— Cette maisonnette qu'on voit là-bas et qui ressemble à une église, c'est la maison de ton père?

— Oui, seigneur.

— Je vois là une prairie close avec des épines. Avez-vous donc du bétail?

— Nous avons deux chèvres.

— Votre père est aussi laboureur? Je vois, derrière son ermitage, ondoyer les épis d'un champ de blé.

— Oui, seigneur, répondit Ilélie. Il y a aujourd'hui deux étés, mon père resta trois nuits absent et revint avec une deuxième chèvre et un sac de

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